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Aérien : l’A350-900 "ouvre des possibilités d’expansion" pour Aircalin
Propos recueillis par la rédaction d'Outremers360 | Crée le 31.08.2026 à 10h00 | Mis à jour le 31.08.2026 à 10h28

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Emmanuel Oswald, directeur régional France-Europe-Amériques de la compagnie, était présent lors des Rencontres des entrepreneurs de France, organisées par le Medef les 26 et 27 août à Roland-Garros, Paris. Photo Outremers360
Lancée en décembre 2024, la ligne Nouméa-Paris via Bangkok a augmenté de 12 % la capacité passagers globale d’Aircalin. D’où la décision de la compagnie d’investir dans un outil jugé mieux adapté à son développement : l’A350-900. Quelques mois avant l’entrée du premier appareil dans la flotte, notre partenaire Outremers360 s’est entretenu avec Emmanuel Oswald, nouveau directeur régional France-Europe-Amériques de la compagnie, présent aux Rencontres des entrepreneurs de France (La REF), à Paris.

Vous êtes le directeur régional d’Aircalin en France, en Europe et en Amérique. Une première question avant de parler de votre actualité : qu’est-ce qui vous a poussé à participer à cette grande messe du Medef qui marque la rentrée des entrepreneurs en France ?

On est toujours très heureux d’accompagner le territoire calédonien dans ses efforts d’expansion, de développement économique. La REF, évidemment, est un événement central dans cette actualité économique.

On est toujours très proche de nos partenaires calédoniens (le Medef-NC, NDLR), parce qu’évidemment, Aircalin, de par son histoire, a un rôle majeur central dans le développement économique du territoire calédonien. C’est logique pour nous d’être présents, main dans la main avec eux.

Est-ce que vous avez des messages précis à faire passer ici à Paris ?

Nous sommes dans une phase d’expansion. Ça ne fait qu’un peu plus d’un an et demi que nous desservons Paris-CDG, dans une histoire longue, déjà, de 45 ans d’Aircalin. On affiche une ambition forte de dessert du territoire calédonien depuis la métropole et depuis l’Europe.

On essaie vraiment d’être précurseur, d’être acteur en première ligne pour participer à ce développement économique qui est nécessaire pour la Nouvelle-Calédonie, qui a besoin d’attirer des talents, d’attirer des investisseurs. Nous étions à VivaTech au mois de juin dans cette même logique, main dans la main avec les partenaires locaux.

On vise le mois d’avril parce qu’il faut que les équipages s’entraînent sur l’avion.

La compagnie va recevoir son premier A350-900 en décembre. C’est la suite logique de l’ouverture du Nouméa-Paris via Bangkok, qui a été aussi un tournant majeur pour la compagnie. Comment est-ce que ça se passe localement, la préparation de l’arrivée de cet avion ?

Ça se passe très bien. Pour l’instant, nous sommes dans les temps. Comme vous le savez, le week-end dernier, on a pu voir la magnifique livrée, parce que l’avion est sorti des ateliers d’Airbus à Toulouse. On n’attend plus maintenant que l’inspection des cabines, la pose des moteurs, les essais en vol et donc la sortie officielle de l’avion.

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Le premier A350-900 d’Aircalin est sorti des ateliers d’Airbus [1]
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On n’a pas encore la date précise, mais ce sera pour le mois de décembre, juste avant les fêtes. On attend ensuite une mise en ligne régulière entre Paris et Nouméa à partir du printemps 2027. On vise le mois d’avril, parce qu’il faut que les équipages s’entraînent sur l’avion : il y a des qualifications à faire.

Après le vol inaugural entre Paris et Nouméa, on va d’abord opérer cet avion entre Nouméa et les territoires proches, australiens et néo-zélandais notamment.

Que va apporter cet avion, qui est plus grand que les actuels longs courriers de la compagnie, à Aircalin ?

D’abord, de la capacité supplémentaire. Le lancement du Paris-Nouméa via Bangkok a été un succès commercial fabuleux, au-delà même des espérances de notre direction.

Pour vous donner quelques chiffres, c’est 12 % de capacités en plus en termes de passagers et c’est 15 % en plus en termes de cargos. Il ne faut pas oublier que le cargo, le fret, a aussi un poids important pour nous et un intérêt commercial majeur entre l’Asie du Sud-Est, la métropole et la Nouvelle-Calédonie.


Emmanuel Oswald a rejoint Aircalin il y a à peine quatre mois. Photo Outremers360

L’autre apport, c’est la fiabilité opérationnelle, parce qu’on passe de deux gros-porteurs à trois. Ça permet d’avoir une flexibilité plus grande. Si jamais on a un aléa mécanique quelque part, on est beaucoup plus souple immédiatement.

Et puis enfin, en termes de qualité, l’A350-900 fait partie des meilleurs appareils produits de nos jours. Ce sont les nouvelles générations en termes de climatisation à bord, de silence moteur et puis d’empreinte carbone, parce que ce sont des moteurs qui sont beaucoup plus efficaces, qui consomment moins. Donc c’est meilleur pour nous en termes d’opérations à tout point de vue et c’est aussi meilleur pour l’environnement et pour nos clients.

Les deux A330-900neo dont vous disposez seront-ils maintenus la flotte ?

Absolument. Ils restent partie intégrante de la flotte. Ils vont continuer à opérer du long courrier. On dessert Singapour qui est une destination importante. On pense bien sûr à l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Il y a des options et ça nous ouvre aussi des possibilités d’expansion qu’on étudie pour les années à venir.

Pour l’instant, vous restez discret sur ces possibilités d’extension…

On reste discret, parce que ce sont des choses qui sont en réflexion. Mais c’est clair que ça nous ouvre maintenant la possibilité de développements plus importants. Et ça, c’est super excitant. D’abord, pour tous les employés d’Aircalin, et puis pour nos clients.

Au départ d’Europe, Bangkok et la Thaïlande, c’est une destination absolument majeure.

Pour vous donner un exemple, si je pense à nos clients calédoniens, la connexion avec l’Asie du Sud-Est est importante. Aujourd’hui, il y a un lien beaucoup plus facile avec cette région du monde qui est en plein développement. Et bien entendu, le lien avec la Métropole qui est largement facilité.

On parle beaucoup de Paris, mais il y a aussi, effectivement, Bangkok. Est-ce que Bangkok, aujourd’hui, représente une destination forte pour la compagnie ?

Oui, c’est une destination forte. C’est intéressant de voir à quel point, quand vous mettez en place une offre, elle peut générer une demande. Et c’est vrai que le lien, l’intérêt, l’attraction de la Thaïlande pour les Calédoniens, est maintenant établi.

Mais au départ d’Europe, Bangkok et la Thaïlande, c’est une destination absolument majeure. C’est une destination de masse en termes de demandes et qui est aujourd’hui tout à fait mûre.

L’objectif avec Aircalin, c’est de faire notre place, modestement. Il y a beaucoup de concurrence sur cette ligne (Paris-Bangkok, NDLR), mais on a des ambitions, on a les talents, on a l’expérience pour faire notre place sur le marché métropolitain. Ça fait partie de mes objectifs pour faire exister la marque Aircalin, y compris sur le marché du Sud-Est asiatique, et de montrer qu’avec la qualité de nos produits à bord, on offre une expérience particulière et une marque calédonienne qui est tout à fait harmonieuse avec l’esprit de service de l’Asie du Sud-Est.

Y a-t-il des passagers qui prennent Aircalin pour aller juste à Bangkok sans aller jusqu’à Nouméa ?

Absolument. C’est ce qu’on appelle la cinquième liberté. On vend en fait principalement deux marchés : le marché Asie du Sud-Est, la Thaïlande, et bien sûr, la Nouvelle-Calédonie, qui reste notre marché numéro un. Commercialement, c’est très intéressant, parce qu’il y a une bonne complémentarité.

Les hautes saisons ne sont pas forcément les mêmes entre les deux marchés. Les clients ne sont pas forcément les mêmes non plus, vu de Métropole. Ça nous offre une diversité de clientèle toute l’année sur laquelle on peut compter.

Il y a des connexions aussi à Bangkok, parce que c’est un grand hub, donc il faut aussi des partenaires sur place…

Oui. Historiquement, je vous disais qu’on a 45 ans d’existence et ça ne fait qu’un peu plus de 18 mois qu’on est à Paris. Comme vous pouvez l’imaginer, pendant des années, nous avons développé des partenariats avec de multiples acteurs aériens, y compris justement en Asie du Sud-Est, pour nous ouvrir les marchés et nourrir le réseau qui était essentiellement régional.

Il y a notamment un partenariat annoncé avec Bangkok Airways au départ de Bangkok. On voit une demande vers le Vietnam, par exemple, via Bangkok. Il y a des choses très intéressantes qu’on doit continuer d’explorer et de consolider.

Vous avez rejoint Aircalin il n’y a pas très longtemps…

Oui, presque quatre mois.

Est-ce que vous pouvez nous raconter un peu votre parcours, et ce qui vous a amené à rejoindre la compagnie calédonienne ?

C’est quelque chose de très personnel d’abord parce qu’il se trouve que j’ai de la famille en Nouvelle-Calédonie. J’ai une grand-mère qui est enterrée là-bas. J’ai toujours vécu en Métropole, mais j’ai découvert ce territoire alors que j’étais adolescent. J’ai toujours gardé un lien parce que j’ai des cousins là-bas qui sont moitié wallisien, moitié métropolitain. C’est un territoire qui m’a toujours énormément marqué culturellement, affectueusement. C’est vrai qu’à ce stade de ma carrière, c’était comme une évidence de pouvoir me rapprocher de cette aventure aussi qui est assez personnelle et familiale.

Quant à ma carrière, plus de 25 ans maintenant, j’ai passé huit ans dans une grande compagnie mexicaine (Aeromexico, NDLR). J’ai passé aussi presque une dizaine d’années dans une grande compagnie Moyenne-Orientale (Qatar Airways, NDLR) et j’avais débuté dans une compagnie américaine (American Airlines). J’ai été amené à beaucoup voyager, à travailler au Moyen-Orient, dans les pays du Golfe. J’ai été amené à travailler en Asie, en Asie du Sud-Est, justement. Ce sont des régions que je connais assez bien.

Rejoindre Aircalin, c’est pour moi une boucle, à titre personnel, et la possibilité de […] contribuer au développement de l’Océanie, de la Nouvelle-Calédonie et d’Aircalin.

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