
"Tontouta, une opportunité ; Magenta, une nécessité." La mairie de l’île des Pins refuse de choisir entre les deux aéroports. "Ce sont deux dessertes complètement différentes, qui ne captent pas le même public, mais qui sont complémentaires", résume Lilian Morer. Sollicité à la suite d’un post sur la page Facebook de la commune, Régis Vendegou, le maire, a renvoyé vers son troisième adjoint, chargé du tourisme, de l’emploi et de l’économie, pour préciser la position municipale.
Pour les visiteurs internationaux qui atterrissent à La Tontouta, la desserte de Kunié depuis l’aéroport international leur permet de poursuivre directement vers l’île sans transfert par Magenta. Mais certains problèmes subsistent, selon Lilian Morer. Par exemple, les passagers souhaitant expédier du fret vers Kunié doivent encore le déposer à Magenta avant de rejoindre La Tontouta. L’élu pointe également l’absence de consigne pour les bagages dépassant la franchise admise sur le vol domestique.
Quant à Magenta, il répondrait à un autre usage. Les déplacements des Kunié et le tourisme local. Sa situation dans Nouméa permettrait un aller-retour dans la journée, avec "un avion tôt le matin et un avion tard le soir". La mairie demande donc l’étude d’une desserte avec de plus petits appareils, quel que soit l’opérateur. "Il faut arrêter d’imposer un modèle et partir du besoin des habitants", défend Lilian Morer.
Une demande qui impliquerait de revenir, au moins en partie, sur le transfert de l’activité domestique aérienne de Magenta à La Tontouta [1]. Le gouvernement et Air Calédonie avaient estimé que ce déménagement pourrait générer 2 milliards de francs d’économie par an, dont 500 millions pour la compagnie.
Mais la vision de la mairie ne s’arrête pas là. Elle souhaite également des liaisons entre les îles, à l’image de ce qui se fait en Polynésie, et imagine des circuits associant l’île des Pins à Déva par exemple. Des liaisons interîles qui faciliteraient notamment les déplacements des clubs et des associations et permettraient aux professionnels de vendre des séjours combinés. Et si l’imagination de Lilian Morer est si fertile sur le sujet, c’est que l’homme, outre sa délégation municipale au tourisme, dirige le Village club Igesa de Kuto et préside la Fédération île des Pins tourisme et acteurs économiques, qui représente les professionnels de l’île auprès des institutions.
L’ambitieuse perspective de l’adjoint au maire lui fait même regarder du côté de Fidji. Le retour de Fiji Airways entre Nadi et La Tontouta [2], annoncé à partir du 22 septembre, nourrit l’idée d’utiliser l’archipel voisin comme porte d’entrée vers les marchés nord-américains. Lilian Morer prend pour hypothèse de capter 1 % des touristes accueillis à Fidji. Un scénario qui repose sur ses calculs personnels, puisqu’aucune étude de marché n’a été menée.
D’autant qu’une liaison entre Fidji reste hypothétique. La mairie l’associe à un agrandissement de la piste de Moué, qu’elle juge désormais "à prévoir". Mais pour l’heure, aucun document n’atteste qu’un tel chantier soit programmé. Les documents consultables publiquement ne mentionnent qu’une réfection de la piste [3], inscrite au contrat de développement 2024-2027 pour un montant de 210 millions de francs.
Le gouvernement, sollicité, n’a pas répondu à nos questions.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/transports/transfert-d-aircal-a-la-tontouta-les-economies-pourraient-atteindre-deux-milliards-de-francs-par-an
[2] https://www.lnc.nc/article/fiji-airways-de-retour-en-nouvelle-caledonie-a-partir-du-22-septembre
[3] https://www.province-sud.nc/amenagement-des-territoires/travaux-chantiers-et-equipements-publics/chantiers-en-province-sud/etat-soutient-investissement-en-province-sud/
[4] https://www.lnc.nc/user/password
[5] https://www.lnc.nc/user/register
[6] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements