
Le gouvernement a annoncé jeudi 3 septembre le renouvellement de l’aide financière de l’État à la Nouvelle-Calédonie, à hauteur de 460 millions d’euros (55 milliards de francs) au maximum pour 2027. Une "très bonne nouvelle" pour la présidente du Congrès, Virginie Ruffenach.
Dans un communiqué, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, détaille une aide de 11 millions d’euros (1,31 milliard de francs) pour la fin 2026 et de 50 millions d’euros (6 milliards de francs) pour commencer 2027. Ces sommes doivent être inscrites dans un projet de loi de finances de fin de gestion, un texte destiné à ajuster le budget de l’année en cours.
Le gouvernement propose ensuite entre 400 et 460 millions d’euros (entre 47,7 et 55 milliards de francs) dans le projet de budget 2027, dont "une majorité de subventions". Ce soutien, "conditionné à des réformes", est présenté comme "en hausse" par rapport à la trajectoire initiale.
La proposition correspond "grosso modo à 90 % de nos demandes", a réagi Virginie Ruffenach (Rassemblement), venue à Paris au sein de la délégation transpartisane [1].
Après leur entretien de mercredi à Matignon [2], les élus doivent être reçus ce vendredi à 16 heures par Emmanuel Macron à l’Élysée. Le chef de l’État entend marquer la "poursuite de son engagement pour ce territoire" et faire le point sur l’économie, la vie quotidienne et la situation financière, a indiqué son entourage.
Pour la fin 2026, l’annonce correspond à "la totalité de nos demandes", avec "les 61 millions d’euros supplémentaires (7,28 milliards de francs) pour tenir jusqu’à l’année prochaine", a expliqué Virginie Ruffenach. Pour 2027, "on était partis sur 500 millions d’euros (60 milliards de francs)", contre 460 millions d’euros (55 milliards de francs) proposés au maximum par l’État. "Donc on est un peu en dessous de ce que l’on avait envisagé, mais c’est une très bonne nouvelle", a-t-elle poursuivi, avant d’appeler à "consolider tout ça dans les jours à venir avec le Premier ministre".
Les membres de la délégation ont également reçu le soutien du groupe de contact de l’Assemblée nationale sur la Nouvelle-Calédonie. Dans un courrier adressé jeudi à Emmanuel Macron, ce groupe transpartisan réclame une aide "d’au moins 500 millions d’euros, sous forme de subvention, en 2027" (60 milliards de francs), "une accélération des procédures de reprise des usines de nickel" et "un contrat de désendettement permettant d’apurer la dette liée aux prêts garantis par l’État". Parmi les douze signataires figurent Bastien Lachaud (LFI) et Philippe Gosselin (LR).
Mais "il y a des clarifications nécessaires", a prévenu la présidente du Congrès. Les 7,28 milliards de francs constituent "une avance de trésorerie" qui devra être remboursée. "Nous avions convenu avec le Premier ministre que ça soit une forme de subvention l’année qui suit pour qu’on puisse rembourser", a-t-elle rappelé.
Autre point à éclaircir : la répartition de 55 milliards de francs entre "la part de subvention et la part de prêt". "Nous ne voulons plus endetter la Nouvelle-Calédonie. Donc nous avons sollicité une part de subvention importante", a-t-elle insisté, le pays ayant jusqu’à présent reçu "très majoritairement des prêts".
Emmenée par le président du gouvernement, Milakulo Tukumuli (Éveil océanien), la délégation est venue peser sur le montant et la nature du soutien de l’État. "On ne peut plus nous prêter de l’argent, avait-il martelé mercredi. C’est intenable pour une petite collectivité."
Depuis la crise de la Covid-19 puis les émeutes de 2024, la Nouvelle-Calédonie a emprunté environ 188,5 milliards de francs sous la forme de prêts garantis par l’État, auxquels s’ajoutent près de 130 milliards de francs sur toute la durée des prêts, selon le gouvernement. Un nouveau prêt garanti de 44 milliards de francs avait encore été signé fin mai. Rien qu’en 2027, environ 9,43 milliards de francs devront être remboursés, d’où la volonté des élus de remplacer les prêts par des subventions.
Le besoin de financement pour 2027 atteint environ 69,2 milliards de francs, dont 15,16 milliards de francs pour équilibrer le régime de retraite du secteur privé et 22,67 milliards de francs pour combler le déficit du Ruamm, deux régimes fragilisés par la destruction de plusieurs milliers d’emplois et la baisse des cotisations sociales.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/delegation-transpartisane-neuf-elus-en-quete-de-milliards
[2] https://www.lnc.nc/article/apres-matignon-la-delegation-transpartisane-raisonnablement-optimiste
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