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    Nouvelle Calédonie
  • Jean-Tenahe Faatau / Outremers360 | Crée le 03.09.2026 à 07h34 | Mis à jour le 03.09.2026 à 07h35
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    À Paris, Virginie Ruffenach, Milakulo Tukumuli, Nicolas Metzdorf et Sonia Backès ont dressé un premier bilan des échanges menés par la délégation calédonienne, toujours dans l’attente d’un engagement officiel de l’État. Photos Outremers360
    Après leurs premiers entretiens à Paris, notamment avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu, ce mercredi 2 septembre, les membres de la délégation transpartisane se sont dits "raisonnablement optimistes". Ils attendent désormais un engagement officiel du gouvernement sur le soutien financier de l’État à la Nouvelle-Calédonie. Explications avec notre partenaire Outremers360.

    Après le Sénat et le ministère de l’Action et des Comptes publics mardi, la mission transpartisane a été reçue, pendant près de trois heures ce mercredi 2 septembre, par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, puis par la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. Des entretiens satisfaisants pour la mission transpartisane, qui attend toutefois une communication officielle de Matignon sur les engagements du gouvernement.

    "Le Parlement est clairement en soutien", a confié le député Renaissance Nicolas Metzdorf, à l’issue de l’entretien avec Yaël Braun-Pivet et les présidents des groupes politiques de l’Assemblée nationale. Un soutien que la mission transpartisane de l’archipel a également reçu la veille du Sénat.

    "Il y a une unanimité sur le fait de ne pas faire des prêts, mais de faire des subventions, de mettre les montants qu’il faut, de relancer l’industrie du nickel", a-t-il ajouté, reconnaissant des "discussions plus tendues avec le gouvernement". "C’est Bercy avec qui on a le plus de difficultés", a concédé le député, qui reconnaît aussi "un ministère des Finances dans son rôle".

    "On a fait plus d’efforts que la Métropole en termes de réformes"

    La Nouvelle-Calédonie "a besoin d’une petite rallonge, à la fois pour finir 2026 et débuter 2027 " avait rappelé le président du gouvernement, Milakulo Tukumuli, lundi. "On a un prêt garanti par l’État qui court en 2026, dans lequel il reste un tirage intermédiaire de 115 millions d’euros [64,4 milliards de francs], auquel on ajoute une subvention de 60 millions d’euros [7,16 milliards de francs] qui a été discutée et négociée dans le cadre de l’accord Élysée-Oudinot au mois de janvier", avait-il ajouté, précisant aussi un besoin de l’aide de l’État pour le budget 2027 de la Nouvelle-Calédonie.

    "On a fait plus d’efforts que la Métropole sur bien des domaines en termes de réforme", a estimé, pour sa part, la présidente du Congrès, Virginie Ruffenach, alors que l’aide de l’État est conditionnée à des réformes en Nouvelle-Calédonie. Il reste toutefois, a-t-elle rappelé, à réformer le régime des retraites du privé et du Ruamm. Milakulo Tukumuli évoquait aussi une réforme de la fiscalité et une réduction des dépenses du gouvernement.

    "Nous avons fait beaucoup de réformes," a insisté la présidente du Congrès. "Ce sont 365 millions d’euros [43,56 milliards de francs] d’économie chaque année qu’on a faits par les vingt-sept textes de réforme que nous avons votés en Nouvelle-Calédonie. C’est beaucoup, mais ça ne suffit pas. Nous commençons à remonter la pente. Nos recettes fiscales commencent à augmenter très légèrement", assure encore Virginie Ruffenach, qui évoque "un frémissement" qui doit "être accompagné par l’État" pendant "au moins deux ans".

    "Nous ne sommes pas des citoyens français de seconde zone"

    "Les gens qui sont partis génèrent des emplois en moins, donc des cotisations en moins sur nos régimes de retraite, de sécurité sociale, donc des consommateurs en moins. Globalement, si on avait 20 000 personnes de plus, ne serait-ce que ça, en Nouvelle-Calédonie, on arriverait à rééquilibrer structurellement notre système", a estimé la présidente de la province Sud, Sonia Backès. "On sera accompagnés également sur ce sujet-là", a-t-elle assuré.

    Sur les prêts contractés par la Nouvelle-Calédonie depuis la Covid et la dette qui s’accumule depuis, "l’État fait ce choix, considérant que la Nouvelle-Calédonie produit sa propre fiscalité et donc ne participe pas au budget national, là où il a aidé les collectivités métropolitaines sous forme de subventions. C’est inacceptable", estime Sonia Backès. "Nous ne sommes pas des citoyens français de seconde zone. La Nouvelle-Calédonie doit être traitée comme toutes les autres collectivités de la République et donc être accompagnée pour sa relance."

    D’autant que, rappelle la présidente de la province Sud, "les Calédoniens ont payé". "Nous, on est à 39 heures là où l’État est à 35. On a mis un jour de carence pour les fonctionnaires là où en Métropole, ils sont incapables de le faire. On a reculé l’âge de la retraite pour les fonctionnaires là où en Métropole, ils sont incapables de le faire. On a baissé les retraites là où ici, ils sont capables de le faire. On a augmenté le prix de l’électricité."

    "On ne peut plus nous prêter de l’argent"

    "Ce n’est pas nous qui devons annoncer le soutien de l’État. C’est à l’État lui-même de le faire", résume le président du gouvernement, Milakulo Tukumuli. Une annonce qui devrait arriver ce jeudi, et qui devrait contenir, espère-t-il, le soutien de l’État pour clore 2026, couvrir 2027 et le contrat de responsabilité "dans lequel la Nouvelle-Calédonie s’engage à faire des réformes et, en contrepartie, le gouvernement de la République nous accompagne en responsabilité, en confiance vers une trajectoire vertueuse".

    Seule certitude en attendant les annonces du Premier ministre, "c’est qu’on ne peut plus nous prêter de l’argent ". "On a emprunté, entre 2020 et 2026, 1,5 milliard d’euros [179 milliards de francs], alors qu’annuellement, on emprunte 40 millions d’euros [4,77 milliards de francs]. Tout ça, c’est lié aux crises Covid mais aussi aux émeutes de mai 2024. Ce qui fait qu’on arrive à un truc totalement vicieux, c’est-à-dire qu’on a emprunté en 2026 pour rembourser le PGE de 2025", a-t-il souligné.

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