
Plus de 5 000 participants, des danses, des concerts et toutes les cultures du pays réunies au centre culturel Tjibaou. Le Festival Caledonia a retrouvé, les 23 et 24 septembre [1], sa dimension populaire, après deux années d’interruption.
Cette édition comportait un chantier moins visible que les prestations des artistes, la "Fabrique de la politique culturelle", destinée à réunir les agents de la Nouvelle-Calédonie et des établissements publics pour dresser un état des lieux du secteur. "On a fait des diagnostics, il faut peut-être passer à la décision", résume Ernest Déméné, membre du gouvernement chargé de la culture. Les travaux doivent encore être consolidés, mais plusieurs pistes ressortent déjà des ateliers.
Les participants ont notamment évoqué la création d’un "code du patrimoine calédonien" et d’un portail numérique commun. Pour les artistes, ont été remises sur le plan de travail la simplification des démarches, la protection sociale, la diffusion des œuvres et la sécurisation des parcours professionnels. Un parcours culturel allant de la petite enfance à la jeunesse fait également partie des pistes avancées.
Pour Ernest Déméné, l’enjeu consiste désormais à "relier, simplifier et stabiliser" un secteur riche en initiatives, mais aux acteurs et aux dispositifs encore trop dispersés.
Un constat qui n’est pas nouveau. En mars 2019, les premières Assises de la culture avaient déjà réuni une centaine de participants pour tenter de bâtir un plan stratégique à l’échelle du pays. Les participants estimaient même, à l’époque, en être sortis avec une feuille de route [2].
Meilleure coordination des politiques publiques, guichet unique pour les artistes, fonds de soutien à la création, professionnalisation ou encore mesure du poids économique de la culture figuraient déjà parmi les sujets posés. "Il faut que quelqu’un donne le La", résumait d’ailleurs le directeur de l’Agence de développement de la culture kanak (ADCK) de l’époque, Emmanuel Tjibaou.
La démarche n’est pas restée entièrement stérile. En 2020, le gouvernement prévoyait de mettre en œuvre les recommandations des Assises et d’élaborer un schéma directeur de la culture pour cinq ans. Un bilan a bien été produit et une première restitution organisée avec les professionnels en 2020. Mais en 2021, ce rapport devait encore être finalisé et validé par le Congrès, tandis que l’exécutif évoquait des travaux "vers un schéma concerté de politique culturelle". Certaines préconisations ont, depuis, avancé, comme la carte professionnelle d’artiste et le 1 % culturel et patrimonial [3], adoptés en 2025.
Sept ans après ces assises, Ernest Déméné fixe cette fois une échéance. "Au mois de février, il faut que l’on pose quelque chose sur la table." Cette feuille de route devra ensuite être soumise aux acteurs du secteur avant d’être traduite en textes réglementaires ou législatifs. Sur l’épineuse question des moyens dédiés à la culture, en revanche, aucun engagement nouveau n’est pris à ce stade. Ernest Déméné renvoie aux arbitrages budgétaires en cours.
Il faudra donc attendre février 2027 pour dire si la Fabrique de 2026 aura permis de franchir une nouvelle étape dans ce chantier engagé depuis plusieurs années.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/le-festival-caledonia-ou-comment-avancer-vers-cette-communaute-de-destins
[2] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/culture/liberee-de-sa-frustration-la-culture-sort-des-assises-avec-une-feuille-de-route-0
[3] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/culture/la-carte-professionnelle-pour-les-artistes-se-precise
[4] https://www.lnc.nc/user/password
[5] https://www.lnc.nc/user/register
[6] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements