
C’est avec un objectif résolument "pratique" que Nita Green, ministre australienne déléguée aux Affaires des îles du Pacifique et au Tourisme, a décidé de se rendre pour la première fois sur le Caillou, ce lundi 28 septembre. Une visite express de 24 heures, afin d'"explorer la façon dont nous pouvons renforcer les liens avec la Nouvelle-Calédonie. Et ce, y compris en matière d’éducation, de développement des compétences, de mobilité des travailleurs."
Dans le viseur de la ministre : le dispositif australien de mobilité des travailleurs du Pacifique (Palm), en passe de s’étendre à la Nouvelle-Calédonie. Approuvé par Canberra en décembre 2025, ce visa temporaire délivré par les autorités australiennes s’adresse aux habitants de la région Pacifique. Ce dispositif a pour objectif de recruter des Océanien. ne.s dans les emplois en tension de l’île Continent, notamment en vue de combler les pénuries de main-d’œuvre dans les fermes.
Cinq choses à savoir sur Palm, le nouveau programme de mobilité vers l’Australie [1]
Jusqu’à présent, ce programme de mobilité régionale était ouvert à neuf territoires insulaires océaniens ainsi qu’aux habitants du Timor oriental. La Nouvelle-Calédonie est donc le onzième territoire à officiellement intégrer ce Palm. Un dispositif qui "offrira de nouvelles opportunités aux Calédoniens d’acquérir des compétences, de générer des revenus et de gagner de l’expérience en Australie, tout en répondant aux besoins en matière de main-d’œuvre dans notre pays, martèle Nita Green, qui insiste : Notre région est plus forte lorsque nous travaillons ensemble, et je suis très heureuse d’être là pour poursuivre un dialogue étroit avec l’État français et les autorités en Nouvelle-Calédonie sur des coopérations pratiques qui soutiendront la résilience, la prospérité et la stabilité en général et du Pacifique".
Dans le détail, la ministre déléguée tient à préciser que l’intégration de la Nouvelle-Calédonie à Palm, pour laquelle "les travaux sont déjà en cours", se fera "progressivement". "Cela commencera de manière effective par une centaine de personnes. Mais il faut d’abord que le processus qui sera mis en place soit le bon et soit adapté au contexte local. C’est pourquoi un travail est effectué entre la Nouvelle-Calédonie et l’État français, avec une assistance de l’Australie, afin que le dispositif fonctionne parfaitement."
Quant aux critères de sélection pour les volontaires du Caillou ? C’est avant tout aux autorités locales de les définir, assure Nita Green : "Les pays qui font déjà partie du dispositif Palm ont des critères différents et ont ciblé des industries différentes. Donc cela appartient vraiment à la Nouvelle-Calédonie et à l’État français d’arrêter ces critères et ces secteurs. L’Australie est ouverte à tous les conseils que pourront apporter ces autorités pour mener à bien le projet et qu’il soit couronné de succès."
Alors que certains médias anglo-saxons ont pointé des dérives de ce programme, avançant parfois le terme "d’esclavage moderne", la ministre déléguée, par ailleurs sénatrice du Queensland, rejette d’un revers de main de telles accusations : "Les travailleurs qui participent au dispositif Palm ont les mêmes droits. Ils sont protégés de la même façon que tous les autres travailleurs. Aucune forme d’exploitation ne sera acceptée", martèle Nita Green, par ailleurs sénatrice du Queensland, qui juge bon de préciser se rendre ponctuellement en personne sur des sites et exploitations partenaires du programme Palm pour constater les conditions de travail et recueillir les témoignages de travailleurs volontaires.
Toujours est-il, si cette venue semble marquer un coup d’accélérateur pour la concrétisation de ce nouveau partenariat, aucune date de lancement, un temps annoncé par le gouvernement calédonien en mars 2026, n’a été dévoilée par la ministre déléguée australienne.