
D’ici quelques mois, attendre son bus devrait être moins pénible pour une partie des usagers du Raï. Le Syndicat mixte des transports interurbains (SMTI), en charge du réseau d’autocars, a officiellement lancé le projet d’aménagements de quatre nouvelles gares routières à Bourail, Koumac, Koné et Poindimié.
Les trois premières ont fait l’objet d’une délibération, adoptée par le gouvernement le 30 septembre, approuvant l’attribution des marchés publics à plusieurs entreprises. "Les travaux devraient débuter d’ici la fin de l’année", annonce Loïc Martin-Cocher, directeur adjoint du SMTI.
Celle de Bourail sera "la plus importante", la commune étant "le nœud de notre réseau", avance-t-il. Elle viendra remplacer les installations sommaires situées à proximité de la halle des sports et sera dotée d’un hall d’accueil, d’emplacements de parking ainsi que de blocs sanitaires. Le coût de l’opération va s’élever à plus de 150 millions de francs.
À Koumac, le projet est également bien avancé, avec trois lots de construction déjà attribués. "On a informé les entreprises pour un démarrage des travaux dans les prochaines semaines", souligne Loïc Martin-Cocher. À la différence de Bourail, elle ne sera pas située sur l’emplacement où les usagers patientent actuellement, mais à l’entrée du village, en face du magasin K-Gou. Le montant du chantier est estimé à 83 millions de francs.
À Koné, si le premier lot a été attribué, les deux autres font l’objet d’une nouvelle consultation de gré à gré lancée le 30 septembre en raison "d’offres irrecevables", indique le directeur adjoint du SMTI. La gare routière de la capitale du Nord, dont le coût va s’élever à 48 millions de francs, sera aménagée en face de celle qu’elle doit remplacer, sur un terrain communal inoccupé.
Le projet à Poindimié affiche, quant à lui, déjà un peu de retard. "Nous sommes toujours en discussion avec la mairie afin d’identifier un lieu et définir le style d’aménagement souhaité." Les gares de Bourail et de Koumac devraient être inaugurées "en juin ou juillet 2027" et celle de Koné "vers la fin du troisième trimestre" de la même année. "Il n’y a en revanche pas de certitude concernant Poindimié", précise Loïc Martin-Cocher.
Ces nouveaux équipements vont offrir un "confort supplémentaire" aux usagers des autocars orange, deux ans après le renouvellement de la flotte [1]. "Ils profiteront également d’une meilleure visibilité sur les horaires." Le SMTI réfléchit ainsi à l’installation de "totems" aux abords des gares, des panneaux d’affichage permettant de consulter les heures de passage, comme il en existe déjà à la gare routière de Nouméa. À cela s’ajoutera l’aménagement de 220 nouveaux arrêts un peu partout sur la Grande Terre.
Pour le syndicat, la modernisation de ses équipements poursuit également un objectif économique. "Ça va nous permettre d’aller chercher des nouvelles parts de marché en étant doté d’infrastructures dignes de ce nom", pense Loïc Martin-Cocher. L’occasion également de regagner les clients perdus à la suite des émeutes, qui avaient entraîné la suspension totale du réseau Raï pendant deux mois. En 2025, environ 240 000 passagers ont emprunté les bus du SMTI, soit près de deux fois moins qu’en 2019. Une situation qui a obligé la direction du syndicat a procédé à la suppression de plusieurs lignes en octobre 2025 [2].
Le projet d’amélioration du réseau de transports avait été retenu dans la liste des 64 chantiers du premier volet du plan de relance [3], dévoilé en mars par le haut-commissariat. Sur les 370 millions de francs nécessaires à la construction des quatre gares, l’État s’est ainsi engagé à en financer 132 millions. La Nouvelle-Calédonie a validé une subvention de 30 millions de francs, un montant similaire à celui accordé par la province Nord. La province Sud va, elle, octroyer une enveloppe de 65 millions de francs pour les exercices 2026-2027.
Toujours dans sa quête d’améliorer l’expérience des passagers, le SMTI travaille actuellement à la modernisation de sa billettique. Ainsi, il devrait bientôt être possible d’acheter un billet par carte bancaire auprès du chauffeur, alors que seul le paiement en espèces est actuellement disponible.
D’autre part, il sera possible, à compter de janvier 2027, de réserver un billet au départ de n’importe quelle commune de la Grande Terre desservie par le réseau Raï. Actuellement, le paiement à distance et la réservation par téléphone sont réservés aux trajets débutant à la gare routière de Nouméa ou à l’arrêt Fraisiers de Païta.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/transports/nouvelle-caledonie/avec-les-nouveaux-cars-rai-les-trajets-vont-sembler-plus-courts
[2] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/transports/suppression-de-lignes-changement-d-horaires-a-partir-du-1er-octobre-le-rai-evolue
[3] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/economie/plan-de-relance-64-projets-finances-pour-9-milliards-de-francs
[4] https://www.lnc.nc/user/password
[5] https://www.lnc.nc/user/register
[6] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements