
Après deux années de crise, plusieurs indicateurs repartent enfin à la hausse. C'est le principal enseignement de la note de conjoncture publiée le mardi 13 octobre par l'Institut de la statistique et des études économiques (Isee), qui porte sur la période d'avril à juin 2026. Une amélioration encourageante, mais encore insuffisante pour effacer les pertes accumulées depuis 2024. Pour mesurer le chemin à parcourir, il faut rappeler qu'après une chute de 13,5% de l'activité économique en 2024, la croissance n'avait atteint que 0,7% en 2025 [1].
C'est sans doute le signal le plus encourageant. Au deuxième trimestre, le secteur privé comptait 56 641 salariés, soit 667 de plus qu'un an auparavant (+1,2 %). La progression se confirme depuis trois trimestres, après une longue période de destruction d'emplois.

Mais le pays revient de loin. Entre 2023 et 2025, 13 200 emplois salariés ont été perdus [2], secteurs privé et public confondus. Et les difficultés n'ont pas disparu : 217 entreprises ont encore demandé une aide exceptionnelle pour maintenir leurs salariés dans l'emploi au deuxième trimestre, soit potentiellement 2 755 personnes concernées.
Autre chiffre à considérer avec prudence, le nombre de chômeurs indemnisés recule de 41,4 % sur un an. Cela ne signifie pas qu'autant de personnes ont retrouvé du travail. Beaucoup ont également pu arriver en fin de droits.
Les Calédoniens recommencent à acheter. Les ventes de véhicules neufs, deux-roues compris, progressent de 55,7 % sur un an, avec 1 515 achats recensés. Le nombre de transactions immobilières augmente de 49,4 %, tandis que les nouveaux prêts immobiliers accordés par les banques bondissent de près de 80 %.
La consommation retrouve donc un peu de vigueur, après une année 2025 particulièrement difficile. Mais les tensions financières restent bien présentes. Le montant de nouveaux découverts bancaires augmente de 3,8 % et les crédits en difficulté demeurent à un niveau élevé.
Ce sont surtout les prix de l'énergie qui pèsent lourdement sur les budgets. En juin, ils avaient augmenté de 19,3 % sur un an, alors que ceux de l'alimentation reculaient de 1,6 %. au total, l'inflation s'établissait à 0,9 %. Une hausse moyenne relativement limitée, qui masque donc des évolutions très différentes selon les dépenses. Depuis, les tarifs de l'électricité ont encore augmenté de 10,28 % au 1er octobre [3].

Du côté des entreprises, les fermetures ralentissent. Pour les sociétés suivies par l'Isee, on compte désormais quatorze créations de plus que de radiations au deuxième trimestre, alors qu'un an auparavant, le bilan était négatif de quarante entreprises.
Les liquidations judiciaires diminuent également, passant de 78 à 56 sur un an. Les banques ont par ailleurs accordé 7 milliards de francs de nouveaux crédits d'investissement aux entreprises, soit une progression de 1,9 %.
Une amélioration qui rejoint les observations de l'Institut d'émission d'outre-mer (IEOM), qui relevait dans sa note publiée le 14 septembre que la confiance des chefs d'entreprises avait atteint son niveau le plus haut depuis 2022. Mais la reprise reste fragile dans une économie encore fortement dépendante des aides publiques.
D'autant que la situation reste particulièrement fragile dans deux secteurs clés. Dans le nickel, l'extraction augmente de 21,7 % sur un an. En revanche, la production des usines métallurgiques recule de 3,9 %. La filière, marquée notamment par la mise en sommeil de l'usine du Nord, compte désormais environ 4 600 salariés. C'est 1 800 de moins qu'au début de 2024.
Même décalage dans le secteur du bâtiment. Les ventes de ciment progressent de 11,4 % et les financements immobiliers repartent, mais les entreprises de construction n'emploient plus que 4 260 personnes, soit un quart de moins qu'avant la crise.
Autre signe de déséquilibre persistant, les importations ont augmenté beaucoup plus vite que les exportations (+27,5 % contre +9,6 %). Le déficit commercial atteint ainsi 29,7 milliards de francs au deuxième trimestre. Une partie de cette hausse des achats à l'étranger concerne toutefois des machines, des combustibles et des matières premières nécessaires à l'activité industrielle.
Le secteur du tourisme poursuit son redressement. Entre avril et juin, 17 041 visiteurs ont été accueillis sur le Caillou, soit 36,7 % de plus qu'un an auparavant. Les croisiéristes sont également plus nombreux (+14,1 %). Cette progression doit cependant être relativisée. La fréquentation touristique ne représente encore que 61 % de celle du deuxième trimestre 2023 [4].

A l'inverse, le transport aérien intérieur accuse une chute spectaculaire. A peine 13 934 passagers ont été transportés au deuxième trimestre, contre 42 865 un an plus tôt. Une baisse de 67,5 % qui porte notamment la marque des blocages d'aérodromes liés à la contestation du transfert d'Air Calédonie de Magenta à La Tontouta.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/economie-une-legere-reprise-en-2025-en-attendant-le-retour-de-la-confiance
[2] https://www.lnc.nc/article/en-2025-le-niveau-de-l-emploi-salarie-est-retombe-sous-celui-de-2008
[3] https://www.lnc.nc/article/electricite-les-tarifs-vont-augmenter-de-10-28-a-partir-du-1er-octobre
[4] https://www.lnc.nc/article/tourisme-la-reprise-se-confirme-au-deuxieme-trimestre-2026
[5] https://www.lnc.nc/user/password
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