
La production de Prony Resources (PRNC) a chuté de 65 % depuis le blocage du détroit d’Ormuz, rappelait la présidente de la Maison Bleue, Sonia Backès, lors de la dernière assemblée de province, le 22 octobre. Un ralentissement que la présidente attribue à l’envolée du prix du soufre, indispensable à la fabrication de l’acide utilisé pour traiter le minerai. Cette matière première coûte aujourd’hui quatre à cinq fois plus cher, indiquait-elle lors du débat d’orientation budgétaire. Pour limiter ses dépenses, l’industriel a été contraint, depuis septembre, de réduire sa cadence, avec des conséquences sur les entreprises qui travaillent pour l’usine.
Selon Sonia Backès, PRNC a fait le choix de maintenir les salaires de ses employés, quitte à réduire le recours à la sous-traitance. En février, lors de la mise en service de Lucy [1], l’usine comptait 1 349 salariés et un nombre comparable de travailleurs sous-traitants. Mais combien de ces derniers sont aujourd’hui menacés ? Aucun bilan récent ne permet de le déterminer avec précision.
Face à cette situation, le bureau de l’assemblée de province a adopté, le mardi 3 novembre, une délibération pour soutenir la sous-traitance de PRNC à hauteur d’1 milliard de francs, dont 90 % seront financés par l’État. Ce dispositif concernera 67 entreprises identifiées par l’industriel. "On ne s’adresse qu’aux entreprises listées par PRNC comme étant leurs sous-traitants", précise Sonia Backès. Les prestataires de second rang, sans contrat direct avec l’usine, ne sont donc pas concernés par cette aide.
Pour en bénéficier, les entreprises devront répondre à plusieurs critères : employer des salariés, avoir leur siège et leur activité principale en province Sud et justifier d’une baisse d’au moins 30 % de leur chiffre d’affaires réalisé avec PRNC (et non de l’ensemble de leurs recettes), par rapport à la moyenne mensuelle de 2025. Elles devront également démontrer que leurs effectifs permanents ou la poursuite de leur activité sont menacés.
L’aide pourra atteindre 70 % de la perte de chiffre d’affaires, après exclusion de la marge et des frais variables. Son montant sera calculé chaque mois, en tenant compte de la taille de l’entreprise et de sa dépendance à PRNC. Alors que le code provincial plafonne normalement l'aide à la trésorerie à 1,5 million de francs sur six mois, la délibération y déroge et permettra de dépasser ce montant mensuellement pour couvrir les pertes enregistrées entre octobre 2026 et mars 2027. Les demandes devront être déposées en ligne sur le site de la province au plus tard le 30 avril.
L’enveloppe prévue atteint 11 millions d’euros, soit environ 1,3 milliard de francs, dont 10 millions d’euros apportés par l’État, précise Sonia Backès. Mais ce montant constitue une limite. "On ne sait pas si ça coûtera moins, mais si ça coûte plus, on arrêtera. Quand on aura consommé l’enveloppe, ça sera fini."
De plus, le dispositif est réservé aux pertes liées à la flambée du soufre provoquée par le blocage du détroit d’Ormuz et ne doit pas servir à compenser les autres difficultés économiques de l’usine. En septembre, l’État avait déjà annoncé un prêt supplémentaire à PRNC [2] pour financer notamment ses approvisionnements en soufre.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/sud/yate/goro/mines/usine-du-sud-lucy-a-pris-vie-a-prony-resources
[2] https://www.lnc.nc/article/prony-resources-l-etat-accorde-un-nouveau-pret-face-a-la-hausse-du-prix-du-soufre
[3] https://www.lnc.nc/user/password
[4] https://www.lnc.nc/user/register
[5] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements