
"Macron est plus extrémiste que Marine Le Pen, vu ce qu’il a fait comme dégâts ici au pays." Christian Tein a choisi sa cible, vendredi 6 novembre, lors de la conférence de presse du FLNKS. Pour la présidentielle de 2027, le mouvement indépendantiste apporte ainsi son soutien à Jean-Luc Mélenchon, sans fermer la porte à aucun des futurs locataires de l’Élysée. "Que ce soit avec Marine Le Pen, avec Mélenchon ou avec quelqu’un d’autre, on ira en discussion", assure son président.
Le soutien à Jean-Luc Mélenchon n’est pas une surprise. L’Union calédonienne avait déjà annoncé le sien [1] le 14 octobre, en promettant notamment les parrainages de ses élus et une campagne de terrain. Cette fois, c’est le FLNKS, dans sa composition actuelle, qui prend officiellement position.
Le Front justifie son choix par les engagements de La France insoumise en faveur de l’indépendance, éventuellement suivie d’une association avec la France. Il salue également le soutien des parlementaires insoumis aux militants indépendantistes, et notamment les détenus, depuis les émeutes de mai 2024.
Mais l’autre annonce de la matinée concerne Christian Tein lui-même. "Je veux me retirer du poste de commissaire général", déclare celui qui cumule cette responsabilité à l’UC avec la présidence du FLNKS. Il souhaite se consacrer au Front, relancer les comités de lutte et mobiliser les sympathisants qui ne sont pas nécessairement encartés dans les partis. Objectif : lui redonner "une dynamique forte sur le terrain".
Quant à l’avenir institutionnel, la ligne ne change pas. Le FLNKS rejette toujours les accords de Bougival et d’Élysée-Oudinot et défend une trajectoire vers la pleine souveraineté. "Rien ne se fera sans le peuple kanak, avertit Henri Juni. Rien ne se fera sans le FLNKS."
Roch Wamytan s’est adressé, lui, à ceux qui rêvent de transformer la Nouvelle-Calédonie en "petite Suisse française du Pacifique" : "Arrêtez de rêver. Nous sommes là depuis 3 000 ans. Nous étions là hier, nous sommes là aujourd’hui, et nous serons là demain." Il assure cependant ne vouloir "chasser" aucune communauté et appelle à construire le pays ensemble.
Sur l’urgence sociale, Laurie Humuni a rappelé les 13 200 emplois salariés perdus en deux ans et interpellé la majorité institutionnelle issue des provinciales et du pacte de gouvernance entre l’Éveil océanien et les formations non indépendantistes : "Ils ont voulu le faire sans nous, ils vont devoir faire leur travail et assumer leurs responsabilités", assène l’élue. Malgré une récente reprise, l’emploi reste inférieur de 14 % à son niveau de juin 2023 [3], selon l’Isee.
Enfin, le nickel a également cristallisé les critiques. À propos du protocole de coopération signé le 20 octobre [4] entre la Nouvelle-Calédonie et l’Union européenne, Laurie Humuni réclame une stratégie industrielle débattue localement, qui préserve la transformation du minerai sur place. "On ne peut pas laisser nos usines à l’abandon", insiste-t-elle.
Le congrès de l’UC, du 13 au 15 novembre à Gohapin, à Poya, doit ouvrir la prochaine séquence. La question de la gouvernance et les orientations du Front seront ensuite débattues lors de son congrès, le 12 décembre à Ko We Kara.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/presidentielle-2027-l-union-caledonienne-annonce-son-soutien-a-jean-luc-melenchon
[2] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/politique/integration-des-groupes-de-pression-retrait-des-moderes-gouvernance-comment-le-flnks-s-est-recompose-ces-dernieres-annees
[3] https://www.lnc.nc/article/economie-pres-de-1-000-emplois-regagnes-en-un-an-mais-des-effectifs-encore-loin-de-leur-niveau-d-avant-crise
[4] https://www.lnc.nc/article/le-debut-d-un-processus-le-protocole-entre-l-ue-et-la-nouvelle-caledonie-est-signe
[5] https://www.lnc.nc/user/password
[6] https://www.lnc.nc/user/register
[7] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements