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    Nouvelle Calédonie
  • Baptiste Gouret | Crée le 20.10.2026 à 17h13 | Mis à jour le 20.10.2026 à 17h13
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    Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission européenne, Milakulo Tukumuli, président du gouvernement et Alcide Ponga, en charge du secteur des mines, ont signé ce mardi 20 octobre le protocole d’accord entre l’UE et la Nouvelle-Calédonie sur l’approvisionnement de l’Europe en nickel. Photo Baptiste Gouret
    Après une table ronde avec les représentants de la métallurgie, Stéphane Séjourné, Milakulo Tukumuli et Alcide Ponga ont signé l’accord controversé sur l’approvisionnement de l’Europe en nickel calédonien, ce mardi 20 septembre, à la Station N. "Il ne viendra pas remplacer une stratégie sur le nickel dans notre pays", a assuré le président du gouvernement, en réponse aux inquiétudes du camp indépendantiste.

    "Pas une fin en soi", mais "le début d’un processus". Ce mardi 20 septembre, à la Station N, le "partenariat stratégique sur les chaînes de valeur durables des matières premières" entre la Nouvelle-Calédonie et l’Union européenne a été officiellement conclu. La signature du "Memorandum of Understanding" (MoU) par Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission européenne, Milakulo Tukumuli, président du gouvernement et Alcide Ponga, en charge du secteur des mines, est la première pierre d’un accord "qui va se décliner en projets très concrets sur le terrain dans les prochains mois", a affirmé le commissaire européen, quelques minutes avant de signer le protocole.

    Pour l’heure, le texte ratifié ce mardi se limite à une déclaration d’intention et pose les bases d’un "cadre de coopération" entre les 27 et la Nouvelle-Calédonie, sans garantie ni engagement précis. Il prévoit, en revanche, un travail de six mois à compter de la signature pour élaborer une feuille de route détaillée. Il s’inscrit "dans la stratégie européenne de réduction des dépendances", notamment vis-à-vis de la Chine, qui représente l’essentiel du nickel fourni en Europe, et répond à la quête d’une "souveraineté sur les matières premières critiques, au moment où les tensions internationales se renforcent", a vanté Stéphane Séjourné, bien décidé à "convaincre tout le monde" de la nécessité de cet accord pour les deux parties.

    Réforme du code minier

    Le protocole d’entente continue en effet de s’attirer les foudres des indépendantistes. Ces derniers y voient une ingérence de l’Union européenne et s’inquiètent des conséquences sur la transformation locale. "Le MoU ne va pas définir ou remplacer la stratégie nickel de notre pays", a défendu Milakulo Tukumuli, répondant ainsi à la "littérature" qui "pullule sur les réseaux sociaux" autour de ce protocole.

    "J’y vois une opportunité", a affirmé le président du gouvernement, qui considère l’Europe comme un "point de stabilité" dans un monde vacillant. Si L’UE apparait aujourd’hui comme un partenaire nécessaire, c’est aussi en raison du désengagement de l’État français. "Nous n’avons pas obtenu de réponse qui nous permette d’avancer" lors du déplacement de la délégation transpartisane à Paris, début septembre, a rappelé Milakulo Tukumuli.

    Les responsables politiques et les acteurs du nickel en sont toutefois conscients : le texte signé ce mardi ne permettra pas, à lui seul, de sortir la filière de la crise dans laquelle elle est plongée, ni de sauver les usines. Le chef de l’exécutif a ainsi exprimé sa volonté de "lancer les débats" politiques, en particulier autour du code minier. Ce texte, qui fixe les règles d’exploitation du sous-sol calédonien et limite les possibilités d’exportation de minerais bruts, "commence à vieillir", selon Milakulo Tukumuli.


    Avant la signature du MoU, le commissaire européen a participé à une table ronde avec les représentants des mines et de la métallurgie. Photo Baptiste Gouret

    "Tous les autres pays ont une agilité et ont fait évoluer leur stratégie en fonction du contexte mondial du nickel. Nous, on est là à se demander s’il faut le faire évoluer et dans quel sens", a regretté le président, évoquant un sujet qui "patine". "Si on reste sur les vestiges du passé, on va continuer à sombrer", a ajouté Alcide Ponga. La modification du code minier, inchangé depuis 2009, a déjà franchi une première étape, avec une réforme adoptée par le Congrès en mars. "Le travail de terrain se poursuit" auprès des élus des communes minières, a indiqué le membre du gouvernement en charge du secteur.

    Des industriels satisfaits

    Les acteurs de la mine et de la métallurgie étaient aux premières loges, ce mardi. Avant la signature du MoU, ils ont échangé pendant une heure avec Stéphane Séjourné à l’occasion d’une table ronde. "C’est une étape très importante pour nous, a réagi Fatima Lachaize, présidente par intérim de Prony Resources. Le fait de se rapprocher de l’Europe, ça rééquilibre le rapport de force vis-à-vis de nos concurrents que sont la Chine et l’Indonésie."

    L’accord ne sera toutefois pas en mesure de résoudre les problèmes immédiats rencontrés par l’usine du Sud, en quête désespérée d’un repreneur depuis le départ de Trafigura début 2024. "Nos problématiques actuelles sont de court terme, le partenariat avec l’Europe se projette sur du moyen ou long terme", confirme la présidente par intérim. Le protocole avec l’UE pourrait néanmoins permettre de "donner de la confiance aux investisseurs" et "nous rendre plus attractifs".


    Fatima Lachaize, présidente par intérim de Prony Resources, s’est dite satisfaite du protocole d’accord signé ce mardi. Photo Baptiste Gouret

    "On est plutôt satisfaits de voir le cadre qui a été fixé entre le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et l’Europe", salue de son côté Guillaume Kurek, directeur général de la SLN. L’important pour lui est de "gagner en compétitivité vis-à-vis des industriels chinois". Cela passera par un nécessaire "soutien à l’énergie", dont le coût de production élevé se répercute sur les prix du nickel calédonien. Stéphane Séjourné a justement affirmé que la réduction du prix de l’énergie et sa décarbonation étaient un "objectif principal" de l’accord.

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