
Alors que les discussions autour de la possible reprise de l’usine du Sud par NBM, New battery metals, se poursuivent, le comité Rhéébu Nùù, qui représente les autochtones kanak du Sud, s’exprime dans un communiqué partagé jeudi 23 avril, souhaitant "clarifier" sa position dans le cadre du débat sur le rachat.
Après quatre années d’exploitation, "l’usine est toujours déficitaire", affirme la structure, estimant que Trafigura "n’a pas tenu ses engagements", obligeant l’État "à la soutenir à bout de bras", la maintenant "sous perfusion". Mais aujourd’hui, poursuit le communiqué, signé par le président du comité, André Vama, et son secrétaire général, Siléva Mapou, ce n’est pas tant l’actionnariat de Prony Resources qui importe, mais le bassin KO2, où sont stockées 40 millions de tonnes de résidus du process industriel, "ce qui engage directement l’avenir du Grand Sud et des populations riveraines".
L’essentiel est donc, insiste Rhéébu Nùù, d’assurer "les moyens financiers permettant le fonctionnement et l’entretien du bassin KO2". "Nous n’accepterons aucun repreneur quel qu’il soit, qui ne prend pas la responsabilité totale" de l’aire de stockage des résidus. "L’acceptabilité de toute reprise repose d’abord et avant tout sur ce passif environnemental."
André Vama et Siléva Mapou plaident par ailleurs pour que le principe de l’amodiation, instauré lors de l’accord trouvé à la suite du conflit de l’usine du Sud [1], une sorte de loyer versé en échange de la concession minière, dont bénéficient en partie les populations, "soit respecté d’une façon ou d’une autre". Son abandon est en effet une des nombreuses conditions posées par le consortium NBM, parmi lesquelles la possibilité d’exporter du minerai non transformable localement [2], une mesure adoptée par le Congrès le 31 mars, ainsi qu’un important soutien financier de l’État et la réduction de la dette.
En clair : "Le complexe industriel devra trouver un juste équilibre entre activité, protection de l’environnement, droit des populations et intérêt économique." Et les parties prenantes que sont l’État via Ciri, le Comité interministériel de restructuration industrielle, la province Sud et PRNC, doivent "intégrer ces exigences environnementales dans les discussions" et obtenir la garantie du repreneur de l’assèchement du bassin KO2 à moyen terme. Une ligne "non négociable", appuie Rhéébu Nùù, qui ne veut pas voir se répéter ce que le comité considère avoir été une erreur en 2021, lors du départ de Vale, à savoir le fait que "l’État et la province Sud n’ont pas pris ce passif environnemental au sérieux".
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/mines/nouvelle-caledonie/mines-la-piece-centrale-de-l-accord-de-l-usine-du-sud-entre-dans-le-round-politique
[2] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/mines/nickel-le-congres-confirme-l-ouverture-a-l-exportation-de-minerais-bruts
[3] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/sud/yate/goro/mines/usine-du-sud-lucy-a-pris-vie-a-prony-resources
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