
"Le groupe traverse une période plus difficile, tendue, mais avec des actifs de premier plan, des équipes très engagées, un vrai savoir-faire", a déclaré la dirigeante de l’entreprise, Christel Bories, à l’issue de l’assemblée générale organisée mercredi 27 mai à Paris.
L’entreprise est "parfaitement engagée pour mener ce plan de redressement au cours de l’année 2026 et continuer à délivrer un maximum de valeur pour les actionnaires et les parties prenantes", a-t-elle déclaré.
Le conseil d’administration est désormais autorisé pour 26 mois à émettre des actions nouvelles pour renforcer les fonds propres d’Eramet, dans une opération pouvant atteindre 60 milliards de francs (500 millions d’euros).
Dans un contexte houleux, Eramet rassemble ses actionnaires pour demander leur soutien [1]
Cette augmentation de capital, annoncée mi-février [2], doit permettre à l’entreprise d’améliorer sa solidité financière, après une perte nette d’environ 57 milliards de francs en 2025 et alors que son endettement est très élevé.
L’approbation, à près de 96 % des votants, ne devait pas poser problème dans la mesure où les principaux actionnaires, la famille industrielle Duval et l’État, s’étaient engagés à avaliser l’opération. La question de savoir qui apportera l’argent demandé est plus épineuse. Les actionnaires bénéficieront d’un droit de souscription préférentiel, une priorité pour acheter de nouvelles actions.
Mais plusieurs médias, le Financial Times début avril ou Les Échos mardi, indiquent que la famille Duval étudie une possible cession de ses parts. Si elle ne contribue pas à l’augmentation de capital en apportant de nouveaux fonds, elle sera de toute façon mécaniquement diluée.
Fin 2025, elle détenait environ 10,7 millions d’actions, soit 37,22 % du capital et 43,5 % des droits de vote en assemblée générale. Une participation valorisée à environ 67 milliards de francs.
L’État détient de son côté 7,8 millions d’actions, soit 27,13 % du capital et 31,8 % des droits de vote.
"Eramet traverse une période complexe sur le plan financier", a commenté Bercy, indiquant que l’État soutient l’augmentation de capital, qui "vise à redonner des marges de manœuvre à la société et à sécuriser son avenir". La même source précise que "l’État n’envisage pas de racheter la part des Duval".
Eramet prévoit de lever les fonds dans la deuxième partie de 2026.
L’entreprise, qui emploie 10 000 salariés dans 17 pays d’implantation, produit du manganèse extrait au Gabon, du nickel en Indonésie, des sables minéralisés au Sénégal, et du lithium en Amérique latine. Et est toujours propriétaire de la Société Le Nickel, dont les pertes sont depuis 2024 intégralement financées par l’État.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/dans-un-contexte-houleux-eramet-rassemble-ses-actionnaires-pour-demander-leur-soutien
[2] https://www.lnc.nc/article/france/mines/nickel/economie/eramet-appelle-ses-actionnaires-a-la-rescousse-apres-une-annee-2025-tres-difficile
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