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  • AFP | Crée le 27.05.2026 à 15h52 | Mis à jour le 27.05.2026 à 15h52
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    Les actionnaires que sont l’État et la famille Duval sont favorables à la recapitalisation d’Eramet, mais la question de savoir qui apportera l’argent demandé est plus épineuse. Photo AFP / Ludovic Marin
    Le groupe minier français Eramet va demander mercredi 27 mai à ses actionnaires, au premier rang desquels l’État et la famille industrielle Duval, de l’autoriser à lancer une augmentation de capital de 500 millions d’euros (60 milliards de francs) pour sortir de l’ornière, au risque de les diluer s’ils ne remettent pas au pot.

    Le groupe, qui a connu une année 2025 très difficile, réunit ses actionnaires en assemblée générale à Paris mercredi 27 mai dans l’après-midi. La 19e résolution à être soumise au vote autorisera pour 26 mois, si elle est adoptée, le conseil d’administration à augmenter le capital de l’entreprise pour renforcer ses fonds propres, dans une opération pouvant atteindre 60 milliards de francs.

    L’opération, annoncée mi-février, doit permettre à l’entreprise d’améliorer sa solidité financière, après une perte nette de 57 milliards de francs l’an dernier, et alors que son endettement est très élevé.

    L’approbation ne devrait pas poser de problème, dans la mesure où les principaux actionnaires, la famille industrielle Duval et l’État, s’étaient engagés à avaliser l’opération.

    La famille Duval veut-elle céder ses parts ?

    La question de savoir qui apportera l’argent demandé est plus épineuse. Les actionnaires bénéficieront d’un droit de souscription préférentiel, une priorité pour acheter de nouvelles actions.

    Mais plusieurs médias, le Financial Times début avril ou Les Échos mardi, indiquent que la famille Duval étudie une possible cession de ses parts. Si elle ne contribue pas à l’augmentation de capital en apportant de nouveaux fonds, elle sera de toute façon mécaniquement diluée.

    Un observateur indique à l’AFP qu’elle a trois options en main : souscrire à 100 % "à condition d’avoir les fonds nécessaires", une souscription "partielle" leur permettant de demeurer un actionnaire significatif, ou bien une dilution plus importante.

    À fin 2025, elle détenait environ 10,7 millions d’actions, soit 37,22 % du capital et 43,5 % des droits de vote en assemblée générale. Une participation valorisée à environ 71 milliards de francs.

    "Redonner des marges de manœuvre"

    L’État, via l’Agence des participations de l’État (APE) et la société FSI Équation, détient de son côté 7,8 millions d’actions, soit 27,13 % du capital et 31,8 % des droits de vote. "Eramet traverse une période complexe sur le plan financier", a commenté Bercy auprès de l’AFP, indiquant que l’État soutient l’augmentation de capital, qui "vise à redonner des marges de manœuvre à la société et à sécuriser son avenir". La même source précise, comme indiqué précédemment par Les Échos, que "l’État n’envisage pas de racheter la part des Duval".

    Eramet prévoit de lever les fonds dans la deuxième partie de 2026. Dans l’intervalle, le groupe a lancé une revue stratégique de son portefeuille et "vise une monétisation ciblée d’actifs".

    L’entreprise, qui emploie 10 000 salariés dans 17 pays d’implantation, produit du manganèse extrait au Gabon, du nickel en Indonésie, des sables minéralisés au Sénégal, et du lithium en Amérique latine.

    Il y a des défis locaux : le Gabon a annoncé mi-2025 vouloir interdire l’exportation du manganèse brut au 1er janvier 2029, afin de mettre en place une industrie de transformation nationale.

    Toujours propriétaire de la SLN

    En Indonésie, les autorités ont prévu des quotas de ventes de nickel beaucoup plus faibles en 2026 qu’en 2025. Actionnaire minoritaire de la plus grande mine de nickel au monde, Eramet a indiqué avoir demandé de réviser à la hausse son quota.

    Au Sénégal, l’activité a été perturbée par un incendie survenu fin février. Eramet disait le 23 avril prévoir un redémarrage "progressif et partiel" "à partir de fin avril".

    En outre, l’entreprise est toujours propriétaire de la Société Le Nickel (SLN), un opérateur minier et métallurgique basé en Nouvelle-Calédonie, dont les pertes sont depuis 2024 intégralement financées par l’État.

    L’entreprise a fait face début 2026 à des secousses managériales, avec le départ d’un directeur général fraîchement recruté, Paulo Castellari, puis la "dispense" d’activité du directeur financier, remplacé mardi par un proche de la présidente, Christel Bories, son ancien directeur de cabinet, Simon Enochsberg.

    Dans ce contexte, Christel Bories, qui avait dirigé l’entreprise pendant une dizaine d’années avant de ne conserver que la présidence du conseil d’administration, a repris la direction générale de manière intérimaire.

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