
Après les mesures d’urgence – prolongation de l’aide de maintien dans l’emploi et report de cotisations sociales - [1], dévoilées mercredi 27 mai, la signature actant l’octroi du prêt garanti de 44 milliards de francs [2]ce vendredi 29 mai, l’État et le gouvernement se sont à nouveau retrouvés à la même table, en fin de matinée, afin de signer une nouvelle convention dans le cadre du pacte de refondation économique et sociale, portant cette fois sur le pilier 4, consacré à la jeunesse [3], avec les forces armées, le vice-rectorat et la direction du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (DTEFP).
Ce pilier, doté de 8,3 milliards de francs (70 millions d’euros), repose sur trois enveloppes fléchées vers des dispositifs dédiés à la lutte contre le décrochage scolaire et professionnel, "pour redonner des perspectives à la jeunesse", introduit Jacques Billant, haut-commissaire.
Le premier, pourvu d’1,8 milliard de francs (15 millions d’euros), prévoit la création d’une nouvelle compagnie du RSMA (Régiment du service militaire adapté) dans le Grand Nouméa. "La décision quant à sa localisation sera prise au mois de juillet", indique Jacques Billant.
Le deuxième consiste à financer 100 postes d’éducateurs spécialisés, d’assistantes sociales, de psychologues, etc., à hauteur de 597 millions de francs (5 millions d’euros) par an pendant cinq ans, afin de prévenir le décrochage scolaire et d’accompagner les jeunes concernés. Une partie des professionnels sera recrutée par le gouvernement, qui compte développer son système de référents dans les collèges et les lycées, "chargés d’identifier les jeunes en situation de décrochage, et qui peuvent travailler avec les familles notamment sur les problématiques sociales", détaille Isabelle Champmoreau, membre de l’exécutif en charge de l’enseignement. Une autre partie de ces emplois sera gérée directement par les provinces et les communes, en fonction de leurs besoins respectifs. "La province Nord souhaite par exemple intervenir auprès des élèves en internat, et la province Sud axer sur le primaire. On voit déjà des signaux qui doivent nous alerter, pour ainsi mieux suivre au collège les enfants repérés."
Enfin, le troisième dispositif prend en charge 1 000 parcours d’insertion pour 716 millions de francs (6 millions d’euros) par an pendant cinq ans, c’est-à-dire 2030, date de la fin du pacte de refondation, à savoir des services civiques et des contrats aidés de type JSD, jeune stagiaire en développement, ou CDL, chantier de développement local.
C’est dans ce cadre que s’inscrit le partenariat signé avec le centre des armées de Nouvelle-Calédonie, afin "d’identifier au mieux les jeunes qui sortent du système scolaire, parce qu’il y a un certain nombre d’entre eux dont on perd la trace", indique Isabelle Champmoreau. D’où l’idée de faire appel au centre du service national et de la jeunesse, chargé d’organiser la Journée défense et citoyenneté (JDC), qui a vu passer environ 4 000 Calédoniens âgés de 17 à 24 ans l’an dernier.
Il s’agit de voir comment, "en partageant nos informations, on peut retrouver ces jeunes que nous n’avons plus dans "nos radars" pour les accompagner". Et les rediriger vers les interlocuteurs adéquats, à savoir le vice-rectorat ou la DTEFP, en vue de les réintégrer dans les dispositifs existants. "Nous avons eu des entretiens avec près de 1 000 jeunes décrocheurs, d’autres rencontrant des difficultés de lecture ou demandant des informations, l’année dernière", témoigne le colonel Franco, directeur du centre du service national et de la jeunesse en Nouvelle-Calédonie.
La jeunesse, une priorité, pour Isabelle Champmoreau. "Trop de jeunes sortent du système scolaire sans diplôme ou sans perspective d’embauche ou d’entrée dans un dispositif d’insertion, d’où notre mobilisation. On considère que les chiffres sont peut-être sous-estimés, mais ils sont surtout insatisfaisants. L’objectif est bien de réduire de manière importante leur nombre."
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/le-gouvernement-et-l-etat-actent-la-prolongation-de-l-aide-de-maintien-dans-l-emploi-et-le-report-de-cotisations-sociales
[2] https://www.lnc.nc/article/le-gouvernement-et-l-etat-signent-le-pret-garanti-de-44-milliards-de-francs
[3] https://www.lnc.nc/article/france/politique/le-pacte-de-refondation-n-est-conditionne-a-aucune-evolution-institutionnelle-affirme-sebastien-lecornu
[4] https://www.lnc.nc/user/password
[5] https://www.lnc.nc/user/register
[6] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements