fbpx
    Nouvelle Calédonie
  • Anne-Claire Pophillat | Crée le 27.05.2026 à 19h07 | Mis à jour le 27.05.2026 à 19h23
    Imprimer
    Amaury Decludt, directeur de la mission interministérielle pour la Nouvelle-Calédonie, Christopher Gygès, porte-parole du gouvernement, et Jacques Billant, haut-commissaire, lors d’une conférence de presse ce mercredi 27 mai. Photo Anne-Claire Pophillat
    L'enveloppe de 6 milliards de francs initialement prévue pour financer une baisse de l'impôt sur les sociétés dans le cadre du pacte de refondation va être réorientée vers deux mesures "d'urgence": la prolongation de l'aide de maintien dans l'emploi jusqu'à la fin de l'année, ainsi que le report de cotisations sociales patronales sur l'assurance-maladie. Explications.

    "On répond d’abord à l’urgence", introduit le haut-commissaire, Jacques Billant, lors de la conférence de presse post-séance hebdomadaire du gouvernement, ce mercredi 27 mai en fin de matinée. L’État, à travers la mission interministérielle pour la Nouvelle-Calédonie dirigée par Amaury Decludt, et l’exécutif ont décidé de réaffecter une partie des crédits du pacte de refondation initialement dévolus au financement d’une baisse de l’impôt sur les sociétés (prévue dans le pilier 1 du pacte concernant l’attractivité économique, NDLR) à deux mesures visant à "maintenir en vie le maximum d’entreprises", souligne Jacques Billant. "La réalité économique du territoire nous amène à faire ces adaptations pour répondre aux besoins des sociétés."

    La somme allouée – 6 milliards de francs (50 millions d’euros) – financera donc finalement la prolongation de l’aide exceptionnelle de maintien dans l’emploi (l’AEME), censée s’arrêter fin juin, jusqu’à la fin de l’année, soit le 31 décembre, à hauteur de 720 millions de francs pour environ 2 200 bénéficiaires, ainsi que le report de cotisations sociales patronales sur le Ruamm. Sont concernées les entreprises ayant connu "une forte baisse de leur chiffre d’affaires". Si le seuil reste encore à fixer, Christopher Gygès, membre du gouvernement en charge de l’économie, a évoqué une perte de 40 %. Les entrepreneurs plaidaient, eux, pour 30 %. "Le principe est acté, mais les conditions restent à déterminer." Un arrêté fixant les modalités est attendu la semaine prochaine, mais l’exonération est envisagée à partir du 3e trimestre.

    "Donner de l’air" aux trésoreries

    Cette annonce répond à une demande des organisations patronales et chambres consulaires qui, il y a quelques semaines, "lançaient un cri d’alerte", explique Christopher Gygès. "Les différents acteurs ont expliqué que l’année 2026 devait surtout servir aux entreprises en difficulté, et que la somme allouée par l’État devait permettre plutôt de soutenir des mesures d’urgence." L’idée étant de "donner de l’air" aux trésoreries exsangues.

    La baisse de l’impôt sur les sociétés (IS) prendra le relais dans un second temps. Elle sera également financée par l’État à hauteur de 6 milliards de francs chaque année jusqu’en 2030, dans le cadre du pacte de refondation, mais le gouvernement souhaite la pérenniser au-delà de cette date.

    Un taux réduit à 5 % et normal à 23 %

    L’avant-projet loi de pays modifiant l’IS a été adopté en séance du gouvernement ce mercredi 27 mai. S’il passe le filtre du Conseil d’État puis est voté au Congrès, le texte instaurera un taux réduit à 5 % au lieu des 15 % actuels et relèvera le seuil du chiffre d’affaires permettant d’en bénéficier de 200 à 400 millions de francs. Le taux normal, lui, passera de 30 % à 23 % (hors secteur bancaire – 30 % – et mine – 35 %). "La Nouvelle-Calédonie deviendra attractive en termes d’IS pour accueillir de nouveaux investisseurs", espère le porte-parole du gouvernement.

    Plusieurs mesures de relance sociale sont également énoncées dans l’avant-projet de loi, afin de "renforcer le partage de la valeur au bénéfice des salariés, en consolidant et en élargissant l’intéressement". Il est question d’exonérer d’impôt sur le revenu la prime d’intéressement versée aux salariés, d’abaisser le seuil de l’obligation de négocier un accord d’intéressement de 50 à 11 salariés, ou encore de prolonger la prime exceptionnelle pour le pouvoir d’achat, dont le plafond d’exonération a été relevé de 100 000 à 500 000 francs en 2024 et 2025, pendant quatre ans, jusqu’en 2029.

    MERCI DE VOUS IDENTIFIER
    X

    Vous devez avoir un compte en ligne sur le site des Nouvelles Calédoniennes pour pouvoir acheter du contenu. Veuillez vous connecter.

    J'AI DÉJA UN COMPTE
    Saisissez votre nom d'utilisateur pour LNC.nc | Les Nouvelles Calédoniennes
    Saisissez le mot de passe correspondant à votre nom d'utilisateur.
    JE N'AI PAS DE COMPTE

    Vous avez besoin d'aide ? Vous souhaitez vous abonner, mais vous n'avez pas de carte bancaire ?
    Prenez contact directement avec le service abonnement au (+687) 27 09 65 ou en envoyant un e-mail au service abonnement.
  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS