
Le constat peut sembler tardif, mais il est sans détour. "L’accord de Bougival-Élysée-Oudinot n’est plus." Dans un communiqué diffusé le mercredi 2 septembre, l’Union progressiste en Mélanésie (UPM) prend acte de l’échec du texte qu’elle avait largement soutenu. Son président, Victor Tutugoro, avait signé Bougival en juillet [1], puis Élysée-Oudinot en janvier. Membre de l’Union nationale pour l’indépendance (UNI), l’UPM était même sorti du FLNKS en novembre 2025 [2].
Le projet d’accord visait à créer un "État de la Nouvelle-Calédonie" au sein de la République, instaurer une nationalité calédonienne et ouvrir la voie au transfert de compétences encore exercées par l’État. Sa traduction constitutionnelle a toutefois été stoppée le 2 avril par une motion de rejet adoptée à l’Assemblée nationale [3].
L’UPM ne renie pas pour autant le compromis du texte. Elle propose même de s’en inspirer lors de futures discussions, afin de renforcer le pouvoir législatif du pays, sa capacité d’action dans la région et le rôle des institutions coutumières. La pleine souveraineté reste son objectif, rappelle l’UPM, mais elle estime que l’accord de Nouméa est désormais "hors jeu pour y parvenir".
Le mouvement juge peu probable une reprise des négociations avant l’installation du prochain président de la République. D’ici là, il appelle les responsables calédoniens à soutenir le gouvernement Tukumuli et sa feuille de route d’urgence. L’UPM décrit une situation sociale dégradée, marquée par le développement de l’économie informelle, la multiplication des demandes d’aide et le départ de travailleurs qualifiés. Elle souligne également que les remboursements annuels de la dette sont désormais censés dépasser les 10 milliards de francs.
Sur le plan économique, l’UPM réclame davantage de transformation locale des ressources, un effort sur les énergies renouvelables et une diversification vers l’agriculture, le tourisme et les services. Le gouvernement indonésien ayant réduit les volumes de minerai que les compagnies minières sont autorisées à extraire en 2026, l’UPM espère que cette décision soutiendra les cours du nickel, tout en rappelant que les usines calédoniennes doivent réduire leurs coûts de production.
Le parti retient enfin deux chiffres des provinciales : 69 872 abstentionnistes et 23 614 suffrages recueillis par des listes qui n’ont obtenu aucun siège au Congrès. En ajoutant les bulletins blancs et nuls, il estime que près d’un inscrit sur deux n’a participé à la désignation d’aucun élu du Congrès. L’UPM y voit le signe qu’une partie de l’électorat modéré ou progressiste ne trouve plus sa place.
Le mouvement regarde désormais vers la présidentielle française. Il reproche au Parti socialiste et à La France insoumise d’avoir contribué à écarter Bougival, même si la motion de rejet avait également reçu les voix du Rassemblement national. Sans désigner de nom, l’UPM estime que les candidats du centre libéral sont ceux qui ont le plus soutenu l’accord.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/politique/victor-tutugoro-on-construit-la-souverainete-non-plus-les-uns-contre-les-autres-mais-ensemble
[2] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/politique/apres-le-palika-l-upm-sort-a-son-tour-du-flnks
[3] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/politique/l-assemblee-rejette-la-reforme-constitutionnelle-reunion-autour-de-lecornu-la-semaine-prochaine
[4] https://www.lnc.nc/user/password
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