Les Nouvelles Calédoniennes
Published on Les Nouvelles Calédoniennes (https://www.lnc.nc)

Accueil > Nouvelle Calédonie > Economie > Immobilier [1/2] : le marché reprend quelques couleurs en 2025, mais loin des niveaux d’avant crise > Immobilier [1/2] : le marché reprend quelques couleurs en 2025, mais loin des niveaux d’avant crise

Immobilier [1/2] : le marché reprend quelques couleurs en 2025, mais loin des niveaux d’avant crise
Anne-Claire Pophillat | Crée le 09.10.2026 à 16h20 | Mis à jour le 09.10.2026 à 16h25

068b4ffb68ca6c98b8d8b4v_00052192.jpg

En 2025, le marché de l’immobilier s’est stabilisé, mais a continué d’afficher des niveaux de transactions très faibles. Photo Archives LNC / Niko Vincent
À la suite de la présentation de l’étude de l’Isee, le jeudi 8 octobre à la CCI, Les Nouvelles calédoniennes reviennent, en deux volets, sur la situation du marché de l’immobilier. Après avoir atteint des niveaux historiquement bas après mai 2024, il s’est stabilisé en 2025, montrant des signes de reprise à la fin de l’année, portée notamment par le secteur des maisons. Mais si le nombre de transactions augmente, les prix des biens restent, eux, particulièrement faibles. Décryptage.

"C’est très marquant d’avoir un tel recul. Les chiffres sont édifiants", affirme Jean-Damien Ponroy, président de la Fédération territoriale des agences immobilières, lors du Rendez-vous de l’économie consacré au secteur, le jeudi 8 octobre, à la Chambre de commerce et d'industrie. Fortement affecté par les émeutes, le marché de l’immobilier s’est cependant timidement relevé en 2025, note l’Isee, Institution de la statistique et des études économiques, qui a présenté sa publication sur les transactions immobilières.

En introduction, Jean-Damien Ponroy rappelle les conséquences "catastrophiques du 13-Mai", avec "des niveaux de transactions mensuelles qui n’avaient pas été vus depuis plus de trente ans".

En 2025, l’immobilier a repris quelques couleurs, sans toutefois retrouver son niveau d’avant crise. "Nous sommes dans une phase intermédiaire que l’on peut qualifier de stabilisation à bas niveau. La reprise existe dans certains segments, mais elle reste très sélective. Il s’agit d’une respiration, pas d’un retour à la normale", résume Samia Tan Delage, chef du service conjoncture et diffusion de l’Isee.

+ 18,3 % de transactions en 2025

Alors que la moyenne longue période (2014-2023) pour l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie se situe à 2 676 transactions annuelles, ce nombre est tombé à 797 en 2024, "une chute très significative", avant d’entamer une légère remontée pour atteindre 943 ventes en 2025, avec une augmentation plus marquée à partir de septembre et un point haut en décembre. Cela "marque un redressement après une année historiquement basse", observe Samia Tan Delage, chef du service conjoncture et diffusion de l’Isee. Mais ce nombre reste malgré tout inférieur de 65 % à la moyenne longue période, note l’Isee.


Les principaux chiffres à retenir du panorama de l’immobilier pour 2025. Infographie Isee

Une progression portée par l’habitat

L’habitat, comme en 2024, représente 77 % des transactions (16 milliards de francs), contre 23 % pour les autres biens (docks, bureaux, parkings, commerces, etc.). Preuve que la reprise concerne seulement certains segments du marché, précise l’Isee. "Les maisons individuelles expliquent l’essentiel de la hausse observée en 2025, tant en nombre de transactions qu’en valeur." Leurs ventes progressent de 64 % par rapport à 2024, même si les transactions demeurent inférieures de 52 % à leur niveau de 2023.

"C’est avant tout une reprise par les logements familiaux, puisque les villas de 4-5 pièces concentrent environ 75 % des ventes. Ce sont donc des biens répondant à un besoin résidentiel durable, qui structure le redressement, plutôt que des produits d’investissement", pointe Samia Tan Delage.


Le nombre de transactions augmente en 2025, après le choc de 2024. Infographie Isee

Les appartements, eux, sont boudés, avec 71 % de transactions de moins qu’en 2023. Les achats dans le neuf sont "marginaux", "ce qui confirme la faiblesse du renouvellement de l’offre", et les prix au mètre carré reculent fortement. Le locatif est également en perte de vitesse, en raison notamment des départs du territoire ces quinze dernières années.

Les terrains à bâtir constituent le segment "le plus fragilisé", car les ventes reculent encore en 2025 et sont inférieures de 80 % à la moyenne 2014-2023.

De 37 à 27 millions en moyenne pour une maison

Les montants échangés, eux, atteignent 25,8 milliards de francs sur l’année, également très loin des niveaux habituels (-67 %). Et si davantage de biens se vendent, ces opérations se font à des niveaux de prix largement inférieurs à avant mai 2024.

Tous biens confondus, le coût moyen d’une transaction atteint 25 millions de francs (-10 % sur un an). Le recul est particulièrement marqué pour les logements, indique l’Isee. "Le montant moyen d’une maison ou d’une villa passe de 37,1 en 2023 à 27 millions de francs en 2025", cite Samia Tan Delage.


Le nombre de transactions, autant que leur montant, a fortement chuté depuis 2024, malgré un frémissement en 2025. Infographie Isee

Les prix ont même dégringolé dans certains quartiers, témoigne Jean-Damien Ponroy. "On a vu des maisons de type F5 se vendre à 6 millions." Ce sont d’ailleurs ces montants accessibles qui ont incité les gens à investir, estime l’agent immobilier. "Les prix extrêmement bas ont favorisé une certaine reprise. Lorsque vous avez des maisons en bon état à 7 ou 14 millions de francs, beaucoup de gens empruntent sur 15 ou 20 ans et ont des niveaux de traite bancaire inférieurs à ce qu’ils avaient comme loyer."

Les baisses les plus marquées concernent Nouméa et Païta, où les montants moyens diminuent de 20 % en un an. À noter que le marché reste "presque exclusivement orienté vers l’ancien".

Une dynamique menée par Païta

Le frémissement remarqué est très territorialisé. En effet, le Grand Nouméa regroupe l’essentielle de l’activité (83 % des transactions réalisées en Nouvelle-Calédonie), renforçant ainsi sa position dominante, mais pas de façon homogène.

Païta en est le moteur (+ 64 % en un an). Avec Nouméa, qui demeure le principal marché immobilier du territoire, les deux communes enregistrent les trois quarts des ventes supplémentaires signées entre 2024 et 2025. À Dumbéa également, la reprise est notable, avec une hausse d’un tiers du nombre de transactions sur un an. "La reprise confirme ce qui se dessinait en 2023 et 2024, avec une polarisation très forte autour de Nouméa", relève Jean-Damien Ponroy.


L’état du marché de l’immobilier est inégal en Nouvelle-Calédonie. Infographie Isee

Pour autant, l’ensemble des communes enregistre à la fois une baisse des prix et une diminution du nombre de transactions. Nouméa et le Mont-Dore sont les marchés qui pâtissent le plus de la crise de l’immobilier.

Nouméa : une situation contrastée

L’activité est très hétérogène selon les quartiers. Le secteur Sud conserve sa position dominante, puisqu’il s’y passe près de quatre ventes sur dix. Vallée-des-Colons, Magenta et le Nord progressent et apparaissent comme les secteurs les plus dynamiques. En parallèle, cependant, les prix médians reculent fortement dans le Sud et à Vallée-les-Colons-Magenta, d’après l’Isee. "On constate qu’il y a une sélection très forte de la part des acquéreurs et des locataires. Il y a très peu de transactions, même sur Nouméa, dans les zones proches des points chauds pendant les événements", explique Jean-Damien Ponroy.


Païta est la commune la plus dynamique en 2025 en termes de ventes de maisons. Infographie Isee

VKP en souffrance

La zone de VKP est "sinistrée", poursuit-il. La situation a commencé à se dégrader en 2023. "Les signaux très négatifs ont fini par s’accumuler." D’abord l’annonce de la fermeture de KNS, puis l’arrêt de l’activité début 2024, suivi des émeutes. À tel point que, selon le professionnel de l’immobilier, "ça ne repartira que s’il y a à nouveau une activité économique, quelle qu’elle soit. Sans cela, les prix et les volumes ne remonteront pas."


La vente d’appartement s’est effondrée en 2024 et a stagné en 2025, avec une baisse du prix du m2. Infographie Isee

Aides fiscales et baisse du taux de crédit

Des mesures adoptées par le Congrès en 2025 ont permis de soutenir l’immobilier, la construction [1]et l’accession à la propriété, indique également l’Isee dans son étude. À l’image de la réduction des droits d’enregistrement [2](0,5 % au lieu de 4 %) jusqu’à fin 2027 pour la résidence principale (plafonnée à des biens d’une valeur de 45 millions de francs) ; le renforcement de la déductibilité des intérêts d’emprunt (portée de 500 000 à 2 millions de francs) par an pendant les vingt premières annuités, là aussi pour les résidences principales ; et l’actualisation des plafonds du prêt à taux zéro. "Cela contribue à réduire le coût global d’acquisition et à améliorer la capacité de financement des ménages", considère Samia Tan Delage. Ces mesures ont eu "un réel impact", appuie Jean-Damien Ponroy.

D’autre part, la déductibilité de l’impôt sur le revenu des travaux d’habitation a également été renforcée [3] (portée de 2 à 5 millions de francs).

De plus, les achats ont été encouragés par la baisse du taux du crédit à l’habitat de 4,70 % début 2025 à 3,75 % en fin d’année.

MERCI DE VOUS IDENTIFIER
X

Vous devez avoir un compte en ligne sur le site des Nouvelles Calédoniennes pour pouvoir acheter du contenu. Veuillez vous connecter.

J'AI DÉJA UN COMPTE
Saisissez votre nom d'utilisateur pour LNC.nc | Les Nouvelles Calédoniennes
Saisissez le mot de passe correspondant à votre nom d'utilisateur.
Mot de passe oublié ? [4]
JE N'AI PAS DE COMPTE
  • Vous n'avez pas encore de compte ?
  • Créer un nouveau compte [5]

Vous avez besoin d'aide ? Vous souhaitez vous abonner, mais vous n'avez pas de carte bancaire ?
Prenez contact directement avec le service abonnement au (+687) 27 09 65 ou en envoyant un e-mail au service abonnement [6].

Source URL:https://www.lnc.nc/article/immobilier-1/2-le-marche-reprend-quelques-couleurs-en-2025-mais-loin-des-niveaux-d-avant-crise asdasdasdad

Links
[1] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/economie/consommation/tgc-suppression-d-exoneration-et-application-de-taux-reduit-a-partir-du-1er-juillet [2] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/economie/immobilier-impot-entreprise-le-congres-adopte-des-mesures-de-soutien-a-l-economie [3] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/economie/exonerations-prime-amortissement-que-contient-le-projet-de-loi-visant-a-soutenir-la-reprise-economique [4] https://www.lnc.nc/user/password [5] https://www.lnc.nc/user/register [6] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements