- Anne-Claire Pophillat | Crée le 18.03.2026 à 05h00 | Mis à jour le 18.03.2026 à 07h20ImprimerLes Calédoniens Thomas Seivert et José Laborde, cogérants de Catamarine, sont deux "amoureux de la mer. C’était important pour nous de développer des bateaux qui polluent moins et sont plus respectueux de notre lagon". Photo A.-C.P.Catamarine s'apprête à participer à ChangeNOW 2026 à Paris, le plus grand événement mondial dédié aux solutions durables. Le chantier naval calédonien basé à Numbo va y présenter un matériau innovant qu'elle a imaginé pour fabriquer ses bateaux : un composite durable à base de bambou.
Le chantier naval calédonien Catamarine fait partie de la délégation Pacific Tech, constituée de trois entreprises, qui participera au sommet ChangeNOW 2026 à Paris, le plus grand événement mondial dédié aux solutions durables, les 30 et 31 mars, et 1er avril au Grand Palais. À ses côtés, FireTracking, une innovation technologique pour mieux détecter les incendies, en réduire les risques et les impacts, et EcoMana, une start-up polynésienne d’habitats modulaires autonomes adaptés aux territoires insulaires.
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Catamarine, que le Calédonien José Laborde a fondée en 2011, construit des catamarans à moteur destinés à la plaisance moins gourmands en énergie, grâce notamment à l’utilisation d’hydrofoils, et plus écologiques, de par leur structure réalisée avec un matériau composite en bambou inédit. "Il s’agit d’une lame en mousse polypropylène, du plastique qui est recyclable, sur lequel on pose un placage en bambou. Cela permet de moins recourir à des produits nocifs, explique Thomas Seivert, associé. "Aujourd’hui, aucun bateau dans le monde n’est fabriqué comme cela, ajoute le cogérant. L’avantage, également, c’est que le bambou est une ressource durable, qui pousse vite et partout, et présente des propriétés mécaniques très intéressantes".
Accéder au marché professionnel
Ce matériau, Catamarine est actuellement en train de le faire tester dans un laboratoire dans l’Hexagone, en vue de le faire certifier, ce qui doit lui ouvrir les portes du marché professionnel, "c’est-à-dire la construction de bateaux de pêche ou de transport", indique José Laborde.
C’est justement là-dessus que travaillent les équipes dans le chantier naval situé à Numbo. Avec le soutien du programme Territoire d’innovations et de la province Sud, Catamarine est en train de concevoir un prototype de navette – taxi-boat. "Notre catamaran permettrait de prendre 28 personnes à bord, contre 12 sur un Zodiac, tout en ayant quasiment la même vitesse, diminuant ainsi le nombre de voyages par deux et améliorant le bilan carbone", considère Thomas Seivert. Cette navette devrait être achevée d’ici le début de l’année prochaine. Mais au-delà du tourisme, le cogérant vise également le transport de passagers autour du Grand Nouméa.
Du Pacifique à l’Asie du Sud-Est
L’étape d’après ? Catamarine imagine porter son concept au-delà du Pacifique, jusqu’en Asie du Sud-Est, riche en îles, avec notamment l’Indonésie et les Philippines. "Le ministre des Affaires extérieures du Vietnam est venu nous voir pour faire des bateaux pour la baie d’Along, par exemple", témoigne José Laborde. D’où l’importance d’être présent dans des salons comme ChangeNOW, afin de se faire connaître, mais aussi de rencontrer de potentiels investisseurs.
La société, membre du Cluster maritime, ne manque pas de projets. Pour grandir, elle a aussi besoin de compétences spécifiques. "C’est un autre objectif, créer des formations, afin de s’assurer des qualifications en Nouvelle-Calédonie, qui sont assez difficiles à obtenir", poursuit Thomas Seivert. Et ainsi participer au développement d’une "filière de construction navale pérenne sur le territoire".
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