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    Nouvelle Calédonie
  • Marie-Lise Calabretto / La Calédonie agricole | Crée le 29.03.2026 à 12h00 | Mis à jour le 29.03.2026 à 12h00
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    La culture du taro d’eau est à la fois menacée par le manque d’eau et l’élévation du niveau de la mer. Photo CAP-NC 
    La CAP-NC a participé pour la première fois à la 13e édition de la fête du Taro d’eau, qui se tenait fin novembre à la tribu de Fayawé. L’occasion de faire le point avec les producteurs sur les différentes problématiques qu’ils rencontrent. Un article de notre partenaire La Calédonie agricole, magazine de la Chambre d'agriculture et de la pêche, paru dans le n°206 de février et mars.

    Fruit d’une culture ancestrale et un patrimoine emblématique qui figure depuis plus d’une décennie au calendrier des événements festifs de la province des Îles. Célébrée à Ouvéa en fin d’année, la fête du Taro est l’occasion de s’intéresser de plus près à ce tubercule parmi les plus consommés dans le Pacifique, mais aussi l’un des plus menacés par le changement climatique et ses conséquences.

    La première d’entre elles est le manque d’eau, dont le taro a besoin en grandes quantités pour s’épanouir. "Il doit être proche des sources. En période sèche, comme en 2015, certaines terres à proximité de l’eau ont permis de maintenir la culture", témoigne Albert Ouaiegnepe, membre du bureau organisateur de la fête du Taro.

    "Aujourd’hui, nous travaillons auprès de la population et nous cherchons à savoir si notre patrimoine est pris en considération par la jeunesse de l’île. À Ouvéa, l’Okhûwege, le taro en langue Iaai, est préparé en bougna avec les grands-mères chaque dimanche. C’est une occasion pour les jeunes de se rassembler et de perpétuer cette tradition."

    Albert Ouaiegnepe, membre du bureau organisateur de la fête du Taro

    La deuxième conséquence du changement climatique sur la culture du taro d’eau est relative à l’élévation du niveau de la mer, qui augmente peu à peu la salinité des eaux souterraines (lire par ailleurs). Ce phénomène concerne en particulier les zones au relief très bas, à l’image des îles Loyauté, qui représentent près de 12 % des superficies cultivées en taro en Nouvelle-Calédonie.

    Enjeux sanitaires et climatiques

    Lors de la rencontre entre la CAP-NC – représentée par Didier Pastou, Pothin Wadra, Léon Waute et Lucynda Xuma – et les producteurs de l’île, d’autres difficultés ont été évoquées. "Des perforations ressemblant à des attaques d’insectes ont régulièrement été observées sur les tubercules lors de la récolte, explique Pothin Wadra. Nous cherchons l’origine et la cause de ce problème sanitaire avec l’aide des gens de l’île. Il pourrait s’agir de bioagresseurs (insectes, vers…), dont l’identité n’est pas encore connue."

    Les cultivateurs ont également partagé leurs inquiétudes quant à l’expansion des plantes envahissantes, telles que les roseaux. De plus en plus présents sur les tarodières, ils réduisent les surfaces cultivables. Un effort de défrichage supplémentaire est nécessaire pour limiter leur prolifération, sans pour autant les éradiquer, car leur effet filtrant semble réduire la salinité de l’eau.

    En parallèle de ces rencontres de terrain, la CAP-NC a animé un stand sur le site de la fête du Taro, "dédié à l’information sur les maladies et ravageurs présents dans les Loyauté". Des démonstrations de réparation de petites machines agricoles ont aussi été proposées, à l’initiative de la plateforme de machinisme agricole de la chambre, ainsi que des rendez-vous avec des ressortissants et des visites de parcelles organisés par Pothin Wadra et Lucynda Xuma.

    Une étude sur la tolérance à la salinité du taro

    Ce projet s’inscrit dans les thématiques de recherche liées à l’adaptation au changement climatique et à la sécurité alimentaire de la Nouvelle-Calédonie, portées par l’Institut agronomique néo-calédonien (IAC). Menée conjointement avec la Technopole, la Communauté du Pacifique (CPS) et l’Université du Queensland, cette étude vise à mettre au point un système expérimental modèle pour le phénotypage de la tolérance au stress salin des taros de Nouvelle-Calédonie et du Pacifique.

    Ce travail a pour objectif de soutenir les programmes locaux de sélection variétale, et de contribuer au développement de cultivars de taro à la fois productifs, de qualité et résilients face à la salinisation croissante des sols. Soutenu par le Fonds Pacifique, il s’intègre dans les problématiques mondiales de l’impact des changements globaux sur l’agriculture.

    Quelques chiffres

    • 2024 : 12,1 tonnes de taros d’eau commercialisées, pour une valeur de près de 6 millions de francs
    • 2025 : 4,7 tonnes pour 2,2 millions de francs

    (Source : rapports d’activité du marché de gros)

    Note

    La Calédonie agricole est le magazine de la Chambre d'agriculture et de la pêche de Nouvelle-Calédonie.

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