- Julien Mazzoni | Crée le 01.04.2026 à 15h03 | Mis à jour le 01.04.2026 à 15h03ImprimerÀ la veille du débat parlementaire sur le projet de loi constitutionnelle, le FLNKS maintient sa ligne : retrait du texte et organisation rapide des provinciales. Photo Julien MazzoniAlors que l’Assemblée doit se pencher pendant trois jours, à partir de ce mercredi 1er avril, sur l’examen du projet de loi constitutionnelle, le FLNKS réaffirme son rejet du texte et demande l’organisation rapide des élections provinciales.
Le calendrier s’accélère et les positions deviennent plus fermes. Réuni en conférence de presse ce mercredi 1er avril, le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a une nouvelle fois rappelé son rejet du projet d’accord de Bougival et de son complément Élysée-Oudinot, à quelques heures de son examen à l’Assemblée nationale. Mardi 31 mars, c’était l’association Un Cœur, une voix, qui se mobilisait pour le dégel du corps électoral et donc l’adoption du projet de loi constitutionnel.
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Le débat, lui, s’annonce particulièrement incertain. Le Rassemblement national pourrait voter la motion de rejet portée par la gauche contre le texte, un choix potentiellement décisif compte tenu des équilibres au palais Bourbon. Si cette motion est adoptée, le projet pourrait être renvoyé sans même passer par l’examen des amendements, compromettant ainsi fortement son adoption dans sa version actuelle.
"Attention, danger !"
Dans ce contexte, le FLNKS entend bien peser de tout son poids politiquement. En introduction, Roch Wamytan a rappelé l’attachement du mouvement au cadre des accords de Matignon-Oudinot et de l’accord de Nouméa. "Attention danger !", a-t-il lancé, estimant que l’État s’éloigne de la méthode fondée sur "l’impartialité" et le "consensus". Le Front met directement en cause sa responsabilité. Le grand chef de Saint-Louis évoque "un mensonge d’État" autour du texte de Bougival, présenté selon lui comme un accord abouti, alors qu’il ne s’agissait "que d’un projet" appelé à être travaillé localement. "Tout ce qui est en train de se passer, c’est de la responsabilité de l’État français", a-t-il martelé.
Un discours porté également par le président du FLNKS, Christian Tein, qui dénonce "un manquement à la parole de l’État" et qui assure que le mouvement "ne baissera pas les bras". "Bougival, on le rejette totalement", a-t-il à nouveau déclaré.
Conditions pour sortir de l’impasse
Pour asseoir sa position "incontournable", le FLNKS s’appuie sur les résultats des municipales. Henri Juni avance que les listes opposées à Bougival représenteraient "75 % des voix indépendantistes au premier tour", selon ses calculs.
Ce rejet n’a rien de nouveau. Afin de sortir de l’impasse, le FLNKS avance ses conditions pour revenir à la table des discussions. Gilbert Tyuienon appelle à "abandonner" le projet de loi constitutionnelle et à organiser rapidement les élections provinciales avec le corps électoral prévu par la loi organique. "Il faut que les Calédoniens s’expriment", insiste-t-il.
Interrogé sur une éventuelle consultation anticipée des Calédoniens sur Bougival, que plusieurs acteurs proches du dossier évoquent depuis quelques jours, l’ancien maire de Canala rejette cette hypothèse, estimant qu’elle serait "clivante" et risquerait de "monter les Calédoniens les uns contre les autres".
Parallèlement, dans un courrier adressé le 30 mars aux parlementaires, le président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès, Pierre-Chanel Tutugoro, appelle explicitement les députés à ne pas adopter le projet de loi constitutionnelle "en l’état", estimant qu’il ne procède pas d’un "accord politique global" et qu’il rompt avec la méthode de consensus qui fonde les équilibres institutionnels depuis l’accord de Nouméa.
La représentation nationale entendra-t-elle ces arguments ? La réponse devrait probablement tomber la nuit prochaine.
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