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    Nouvelle Calédonie
  • Baptiste Gouret | Crée le 17.01.2026 à 14h50 | Mis à jour le 17.01.2026 à 15h58
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    L’ensemble des délégations politiques, hors FLNKS, ont répondu présentes à l’invitation du chef de l’État. Photo Outremers360/Jean Tenahe Faatau
    L’ouverture de la séquence de discussions sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, vendredi 16 janvier à l’Élysée, a été l’occasion pour les responsables politiques calédoniens de partager leurs visions sur la suite à donner à l’accord de Bougival, et l’attitude à adopter face à l’absence du FLNKS. Ces premières prises de parole ont mis en lumière leurs désaccords sur la méthode à appliquer.

    Philippe Gomès, de Calédonie ensemble : "Faire renaître le consensus disparu"

    La délégation de Calédonie ensemble, composée de Philippe Gomès et Philippe Dunoyer, n’a jamais caché son inquiétude d’avancer sur la mise en œuvre de l’accord de Bougival sans le FLNKS. Une crainte qu’a de nouveau exprimée Philippe Gomès, lors de son intervention vendredi soir à l’Élysée, appelant le président de la République à tout faire pour parvenir à réintégrer le mouvement indépendantiste à la table des négociations. "Dès lors qu’un consensus existe, il s’impose naturellement, le consensus local étant, chacun le sait, le terreau du consensus national", a affirmé l’ancien élu du Congrès, aujourd’hui sans fonction depuis sa condamnation à une peine d’inéligibilité dans une affaire d’emplois fictifs.

    Pour Calédonie ensemble, la capacité de l’État à réunir tout le monde sur un même accord est un gage de paix pour le pays. Malgré un "contexte politique peu porteur", détérioré par l’absence du FLNKS et l’approche des élections provinciales, "un chemin existe", croit Philippe Gomès, qui veut capitaliser sur "les acquis partagés" des négociations menées depuis un an et de l’accord de Bougival. Parvenir à ce consensus est nécessaire, insiste Calédonie ensemble, surtout pour le peuple calédonien "qui se meurt faute de perspectives politiques, faute de stabilité, faute de confiance mais aussi faute de soutiens financiers suffisants et d’aides économiques et sociales au niveau requis".

    Virginie Ruffenach, du groupe Rassemblement : "Donner vie à cet accord"

    À l’inverse, pas question de tergiverser davantage pour la délégation du groupe Rassemblement. Sa présidente, Virginie Ruffenach, a rappelé au chef de l’État que plus de quatre ans étaient passés depuis la tenue du dernier référendum, qui avait vu le "Non" à l’indépendance l’emporter largement, dans un contexte de boycott des indépendantistes. Depuis, "nous avons échangé, débattu, rédigé", mais au final, "nous voici confrontés à l’impasse, arrêtés au seuil d’un point mort !", regrette l’élue, qui s’interroge : "Tous les partenaires étaient-ils animés de la même sincérité ? Tous partageaient-ils réellement la volonté d’aboutir, ou certains ont-ils confondu la table du dialogue avec celle du calcul politique ?" Une critique à peine voilée aux responsables du FLNKS, que la présidente du Rassemblement accuse de "prendre en otage l’avenir des Calédoniens".

    Leur absence aujourd’hui de la table des négociations ne doit rien entraver, juge Virginie Ruffenach. "Que tous les partenaires présents dans cette salle unissent leurs forces pour donner vie à cet accord", a-t-elle enjoint, avant de conclure : "Avancer ensemble pour l’avenir des Calédoniens ou laisser l’inaction condamner leur espoir : le choix est désormais entre les mains de chacun d’entre nous dans cette salle."

    Georges Naturel, sénateur : "Fixons les provinciales au 31 mai"

    Le maintien du calendrier issu de l’accord de Bougival (révision constitutionnelle, consultation anticipée puis élections provinciales le 28 juin) est "irréaliste et dangereux à plusieurs titres". C’est le postulat adopté depuis plusieurs semaines par le sénateur calédonien Georges Naturel. Il avait déjà exprimé ce point de vue le 7 janvier lors des questions au gouvernement, exigeant de l’État qu’il prenne acte de l’impossibilité de faire adopter une révision constitutionnelle, nécessaire à l’application de l’accord, dans les six prochains mois.

    Par conséquent, le parlementaire est arrivé à la réunion de l’Élysée avec une proposition : "Fixons dès à présent les élections provinciales au dimanche 31 mai prochain", a-t-il suggéré à Emmanuel Macron, vendredi. Quid du corps électoral, qui ne peut être dégelé que par une révision de la Constitution, et dont l’ouverture est exigée par certaines délégations non-indépendantistes ? Georges Naturel propose que ce nouveau calendrier soit accompagné d’un engagement sur l’actualisation, "après consensus par voie organique" du corps électoral spécial, dans la limite de ce que la Constitution autorise. Le mandat des nouveaux représentants des provinces, et par conséquent des élus du Congrès et des membres du gouvernement, serait ainsi "de courte durée", prenant fin au moment de la mise en œuvre d’un nouveau statut du pays issu d’un accord accepté par toutes les formations politiques, FLNKS compris.

    "Cette nouvelle voie est à mon sens la seule qui pourrait concilier espoir et apaisement." Le sénateur juge en effet que l’absence du FLNKS "rend impossible une conclusion consensuelle des travaux que nous allons engager" ces prochains jours. Or, "rien de durable et paisible ne se fera, et ne s’est jamais fait en Nouvelle-Calédonie sans un consensus politique."

    Note

    Les propos relayés dans cet article proviennent des discours écrits envoyés par certains responsables politiques à la rédaction des Nouvelles calédoniennes. Une partie des délégations ne nous ont pas fait parvenir leurs déclarations, et ne sont pas conséquent par citées.

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