
Nous sommes 45 membres adhérents, nous regroupons tous les métiers en lien avec le maritime, l’acconage, le pilotage maritime, les bateaux taxis, la pêche hauturière, les loueurs de bateaux, les charters, l’aquaculture, les industriels de la maintenance et de la préparation navale et la blue tech. Notre point commun est la mer.
Le rôle du cluster est de faire le relais entre les professionnels et les élus, d’apporter sa vision et de faire du lobbying, c’est-à-dire défendre nos causes et nos projets, pour essayer d’éclairer les politiques publiques.
Mes prédécesseurs ont réalisé un gros travail avec le Livre bleu, il y a quelques années, une sorte d’inventaire de ce qu’il se fait dans le maritime, avec des recommandations, et surtout l’identification de 150 projets de développement. Et puis il y a eu les émeutes, et on s’est dit que s’il y avait un plan de relance, il fallait qu’on soit force de proposition. On a mené une consultation auprès de tous les membres et on a identifié cinq projets.
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Il y a le développement de l’aquaculture durable. La filière est en difficulté. On était capables de produire 2 400 tonnes de crevettes. Et là, cette année, on va péniblement atteindre 1 300 tonnes, pour diverses raisons, alors qu’on a un potentiel d’exportation et de vente de 4 000 tonnes. La crevette est le deuxième produit d’exportation après le nickel. Parmi nos adhérents, on a le groupe des fermes aquacoles, tous les aquaculteurs se sont réunis et ont pris en main le sujet.
Il faut alerter l’État, les institutions, les scientifiques, de façon à dire : "il faut absolument qu’on fasse quelque chose pour aider". Ce qui veut dire de l’argent, du financement, aller voir ailleurs comment ils ont résolu les problèmes et ne pas rester en vase clos dans notre territoire.
Oui, c’est un des autres projets identifiés par les membres du cluster, la déconstruction des navires en fin de vie. Cela ne concerne pas seulement les bateaux de plaisance, mais aussi les chalands utilisés par la mine et qui ont été abandonnés un peu partout autour de la Nouvelle-Calédonie. Il ressortait d’une étude réalisée il y a quelques années qu’il y a 8 000 bateaux de plaisance à déconstruire à moyen terme. Cette filière n’a jamais été financée, alors qu’il y a des gens compétents pour la faire vivre. Il faudrait imaginer un financement dédié, structurer un outil, comme une taxe à l’achat et à la revente. C’est une des solutions, avec le soutien de la collectivité. D’autant qu’on sait faire. L’exemple récent est celui des deux patrouilleurs P400, qui ont été déconstruits sur la cale de halage.
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Oui, et pour cela il faut remplacer le moyen de levage actuel de la cale de halage, qui est limité à 1 000 tonnes, sans quoi on ne pourra pas avancer. Une étude a été relancée dans le cadre de la mission interministérielle, dont on a eu le rendu le 22 septembre. Elle a identifié différents scénarios et un emplacement, qui serait la cale de halage actuelle, à Nouville, en face du Camp-Est. Et il y a un consensus autour de la création d’une zone de maintenance navale. On a les compétences, on a le foncier, on a la volonté de sortir du tout nickel. Donc cela permettrait de créer une activité et des emplois. On fait déjà un peu de maintenance avec le Betico, mais là on vise des bateaux de plus de 100 mètres. La volonté est de devenir un acteur du Pacifique Sud avec un outil de levage sécurisé. C’est un projet sur plusieurs années. En Australie, il y a parfois trois ans d’attente pour avoir une place, et les prix sont beaucoup plus chers qu’ici. Donc, on pense qu’on a une place. Et puis, on est un peu au milieu d’un axe de passage de tous les bateaux qui vont dans le Pacifique.
La Nouvelle-Zélande oblige les bateaux à être nettoyés dans les 30 jours, sous peine de ne pas pouvoir entrer dans le pays, et l’Australie envisage de faire la même chose. On pourrait développer cette économie ici.
On pourrait également abriter un port scientifique. Les navires scientifiques sont assez intéressés pour venir ici, parce qu’il y a toutes les commodités, on a de la place, mais on n’a pas réellement de zone dédiée, donc il faudrait un quai, des installations, des bureaux… Cela fait partie de la feuille de route du port autonome, et des études ont été réalisées. Ces aménagements pourraient aussi servir à accueillir des câbliers, qui sont partis à Fidji, mais qui aimeraient bien venir se positionner en Nouvelle-Calédonie, ce qui nécessiterait également la construction de grands docks pour les câbles.
Et puis il y a la question de la continuité par la mer, qui s’est posée au moment des émeutes, notamment avec le Mont-Dore, mais la réflexion concerne le Grand Nouméa et aussi le Nord. L’idée c’est de dire que si on a problème, au-delà des émeutes, comme une catastrophe naturelle, si les ponts de Tontouta, Dumbéa et de La Coulée étaient hors d’état, la Nouvelle-Calédonie serait à l’arrêt.
Il s’agit de faire un état des lieux des grands sujets. Il a été question de géopolitique. Avoir un moyen de levage en Nouvelle-Calédonie, c’est très important en termes d’indépendance et de souveraineté.
Le Club de croisière a également animé une table ronde autour de la croisière avec tous les acteurs, ils ont débattu, parlé de la situation, des contacts qu’ils ont eus avec les différentes compagnies. En 2017, il y avait 400 touchers. Cette année, il y en aura peut-être 127, et une compagnie a annoncé qu’elle allait arrêter de venir en Nouvelle-Calédonie. Mais pour les faire venir, il faut avoir des destinations et il faut que ce soit acceptable pour les populations, parce que deux bateaux de 3 000 passagers qui arrivent à l’île des Pins, ce n’est pas possible.
La décarbonation du maritime, c’est-à-dire trouver des solutions pour moins polluer, comme des électrifications de quai, a également été abordée.
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On va maintenant faire des restitutions, pour que tout le monde ait le même niveau d’informations. Parce que notre travail c’est de fédérer, d’intégrer tout le monde, professionnels, institutionnels, politiques, tous les acteurs de près ou de loin, pour que les projets avancent, notamment la cale halage, que ce soit coconstruit et que tout le monde participe.
C’est la faute du nickel. Il faut que la mer soit la nouvelle ressource. 95 % de l’approvisionnement passe par la mer, il ne faut pas l’oublier. Et il faut savoir que le maritime représente 400 métiers en général.
La diversification de l’économie ne peut passer que par la mer, c’est un vecteur de croissance. Mais c’est du travail à long terme, et il y a la question du financement, qui est centrale. D’où la nécessité de prioriser les actions.
*Les Journées de la mer sont coorganisées par le Cluster maritime, la French Tech et NeOcean, en partenariat avec l’Université de la Nouvelle-Calédonie et la Marine nationale.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/economie/on-veut-que-les-jeunes-caledoniens-se-tournent-vers-la-mer
[2] https://www.lnc.nc/article/pourquoi-le-demantelement-des-patrouilleurs-de-l-armee-a-noumea-est-il-hors-normes
[3] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/economie/port-scientifique-deconstruction-navale-ces-cinq-projets-identifies-par-le-cluster-maritime-pour-relancer-l-economie
[4] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/tourisme/tourisme-le-secteur-de-la-croisiere-se-structure-et-veut-se-relancer
[5] https://www.lnc.nc/user/password
[6] https://www.lnc.nc/user/register
[7] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements