- A.T. | Crée le 23.04.2026 à 17h54 | Mis à jour le 23.04.2026 à 17h54ImprimerUne centaine de salariés est mobilisés par les opérations de déconstruction et de dépollution des eux patrouilleurs de la Marine nationale. Photo DRC’est une première par l’ampleur du chantier : les deux patrouilleurs de la Marine nationale, La Moqueuse et La Glorieuse, sont en cours de démantèlement à Nouméa. Ce chantier de dépollution et de déconstruction "d’une grande technicité", qui a impliqué des investissements et une mise aux normes métropolitaines en amont, pourrait ouvrir la voie à la création d’une véritable filière navale locale et attractive dans la région Pacifique. C’est du moins l’ambition du gouvernement.
En quoi ce chantier est-il colossal à l’échelle du pays ?
Les études ont été lancées il y a près de trois ans et la déconstruction a, quant à elle, commencé dès janvier. Mais les autorités, gouvernement et Marine nationale, ont décidé de communiquer plus tardivement sur le démantèlement des P400 La Moqueuse et La Glorieuse, en réunissant la presse ce jeudi 23 avril.
Ces deux patrouilleurs de l’armée, arrivés en fin de vie, sont en cours de démantèlement sur plusieurs sites de Nouméa, en particulier au port autonome de Nouville et sur les quais du centre-ville. Une "première" pour de tels travaux navals sur le Caillou, qui implique de traiter un volume d’environ 500 tonnes de matériaux et qui exige une "très grande technicité", se félicite d’emblée Samuel Hnepeune, le membre du gouvernement en charge des affaires maritimes.
Si les opérations sont menées localement, cela ne doit rien au hasard. C’est avant tout une question d’économies pour la Marine nationale, qui doit se séparer de ces deux navires, et qui gère traditionnellement les démantèlements de ses vaisseaux dans l’Hexagone, où la filière est déjà bien établie. "Compte tenu des distances très importantes en Nouvelle-Calédonie, cela engendre des coûts élevés. Il est ainsi ressorti de l’étude de faisabilité économique que nous avons commandée que la Calédonie avait les compétences et les capacités de tenir les délais que l’armée exige tout en respectant les exigences en matière d’environnement", détaille le capitaine de frégate Grégoire Renaud, qui se dit "satisfait" de constater la "compétence industrielle" disponible localement.
Que vont devenir les déchets de ce chantier ?
L’un des points cruciaux de ce dossier concerne l’avenir réservé aux quelque 500 tonnes de déchets, matières dangereuses comprises. À ce propos, pour pouvoir être mené localement, le chantier a d’abord dû répondre aux normes en vigueur en France, tant sur le plan environnemental que sécuritaire, ce qui a impliqué d’adapter les procédés habituellement menés lors des démantèlements sur le Caillou.
Deux entreprises ancrées de longue date dans le pays, EMC et AMPE, sont principalement en charge des opérations de dépollution et de traitement de ces matériaux, qui connaissent plusieurs sorts selon leur nature.
En résumé, les déchets non dangereux, comme les bois et certains plastiques, termineront enfouis au centre de Gadji. D'autres matériaux plus sensibles, notamment les peintures et autres déchets d’équipements, électriques et électroniques (D3E), seront traités localement dans le centre de Promed, sur la presqu’île de Ducos.
Enfin, la plupart des autres matériaux, dont les coques des bateaux, les structures amiantées ou encore les câbles et tuyauteries, seront directement valorisés par EMC avant d’être revendus à l’export vers des destinations comme l’Asie ou la Nouvelle-Zélande.

Les opérations se déroulent notamment à Nouville. Photo DRQuel budget et quel impact pour l’économie ?
Le budget prévisionnel de ce chantier est chiffré par l’armée à 160 millions de francs. Un montant qui permet de faire travailler une centaine de salariés, principalement issus des sociétés EMC, AMPE, Scadem, Sorecal et Socalmo.
Pour autant, un tel chantier ne s’improvise pas et a nécessité de lourds investissements, notamment pour mieux dimensionner et adapter les infrastructures (en particulier au niveau de la cale de halage) aux tailles des deux navires, soit une enveloppe supplémentaire de près de 120 millions de francs.
Les différentes phases de ce chantier, de la dépollution à la déconstruction en passant par le traitement des déchets, devrait prendre fin d’ici le début de l’année 2027.
Nouméa deviendra-t-elle un "hub" naval du Pacifique" ?
Actuellement doté de deux cales de halage de 200 et 1 000 tonnes, le port autonome projette de mettre sur pied une véritable filière de maintenance et de déconstruction – sujet mentionné depuis de nombreuses années au gré des gouvernements successifs -, alors que les navires sont généralement obligés d’opérer leur visite technique en Australie ou en Nouvelle-Zélande.
La création d'un pôle d'excellence en la matière fait d'ailleurs partie des cinq priorités listées par Samuel Hnepeune, lorsqu'il a repris la main sur ces dossiers au sein du gouvernement, en 2025.
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"La déconstruction navale et plus largement la maintenance navale font l’objet de l’étude commerciale qu’on est en train de mener actuellement pour dimensionner l’outil. Et ce, afin qu’on puisse sortir un ou plusieurs navires et en traiter plusieurs en même temps. Cela vise non seulement le marché calédonien mais aussi le marché régional", affirme Samuel Hnepeune, dont l’ambition est de faire de Nouméa un "hub" maritime de la région Pacifique. "Si on capte 15-20 % du trafic, c’est largement suffisant pour développer un véritable business en Nouvelle-Calédonie. Je dirais que ce chantier des deux patrouilleurs est un peu le précurseur de notre projet."
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