fbpx
    Nouvelle Calédonie
  • Baptiste Gouret | Crée le 06.03.2024 à 11h43 | Mis à jour le 06.03.2024 à 11h43
    Imprimer
    Le haut-commissaire, entouré du procureur et des représentants des forces de l'ordre, a dressé le bilan 2023 de la délinquance en Nouvelle-Calédonie, mardi lors d'un point presse. Photo Baptiste Gouret
    Le bilan de la délinquance 2023 a été présenté, mardi soir, par le haut-commissaire, le procureur et les patrons de gendarmerie, de police et des douanes. Une tendance inquiète : le nombre de violences intrafamiliales a augmenté de 91 % en cinq ans, faisant de la Nouvelle-Calédonie le territoire français le plus touché par ce fléau.

    On savait le phénomène prégnant en Nouvelle-Calédonie. Les chiffres le confirment : les violences intrafamiliales progressent dans des proportions très inquiétantes ces dernières années. "On assiste à un augmentation continue de ces faits", a confirmé Louis Le Franc, haut-commissaire, lors du bilan de la délinquance 2023 présenté aux côtés du procureur et des patrons de la gendarmerie, de la police nationale et des douanes.

    Entre 2019 et 2023, les coups et blessures volontaires dans le cadre familial ont connu une hausse de 91,1 %, pour atteindre 3 012 faits enregistrés l'an dernier. Neuf victimes sur dix sont des femmes. Ces violences représentent 8,4 faits pour 1 000 habitants en Nouvelle-Calédonie, un taux record sur le territoire national. A titre de comparaison, la moyenne hexagonale est de 3,1. L'évolution est également très défavorable du côté des violences sexuelles, en hausse de 76,3 % en cinq ans. 

    Toujours sur fond d'alcool

    Des chiffres qui peuvent être en partie expliqués par "une libération de la parole, avec des femmes qui se rendent plus facilement dans les commissariats et les gendarmeries pour dénoncer ces violences", note Louis Le Franc. Il n'empêche : "Leur volume et leur gravité sont quand même très préoccupants", souligne le procureur, Yves Dupas.

    Autre fait notable : ces actes sont systématiquement liés à une consommation excessive d'alcool chez les auteurs de violences. "C''est vraiment le dénominateur commun", remarque Louis Le Franc. Un usage excessif bien souvent utilisé comme prétexte par les auteurs de violences pour expliquer, voire justifier, les coups infligés. Au Camp-Est, un détenu sur trois purge une peine liée à des violences intrafamiliales. 

    3 400 contrôles routiers en 2023

    Parmi la litanie de chiffres compilés dans le bilan 2023 de la délinquance, certains sont toutefois plus encourageants. C'est le cas notamment des atteintes aux biens, en déclin par rapport à 2022. Sur cinq ans, le nombre de cambriolages a diminué de 30 % et les vols de véhicules de 24 %. Le résultat de "contrôles renforcés sur le terrain et sur les routes" et d'une "politique coordonnée entre les services de police et de gendarmerie", tient à signaler Louis Le Franc, notant au passage un taux d'élucidation "très important" : 54 % des faits ont été résolus, "deux fois plus que dans l'Hexagone".

    Même satisfaction du côté de la sécurité routière, avec 19 morts de moins sur les routes en 2023 (51) par rapport à 2022 (70), malgré une augmentation du nombre d'infractions (+43 % en zone police et +9 % en zone gendarmerie). Des résultats que Louis Le Franc attribue aux 3 400 contrôles menés dans l'année par les services de police et de gendarmerie. Quant à la lutte contre le trafic de stupéfiants, affichée comme priorité en 2023, la multiplication des actions et le renforcement des moyens ont conduit à un nombre de mises en cause à son plus haut niveau depuis 2016. 

    Un nombre de mineurs délinquants toujours élevé

    Avec les violences intrafamiliales, c’est une autre tendance préoccupante de ce bilan de la délinquance 2023 : la part des mineurs dans les faits de délinquance générale reste élevée, avec un taux de 18 % en 2023. C’est davantage marqué concernant les atteintes aux biens (35 %), et en particulier les cambriolages : 47 % de ceux enregistrés en zone gendarmerie et 46 % en zone police ont impliqué un ou des mineurs.

    Ces délinquants mineurs sont parfois très jeunes et souffrent déjà d’addiction à l’alcool ou aux stupéfiants. La faute, selon le procureur Yves Dupas, à un manque de prise en charge des mineurs en Nouvelle-Calédonie. "Le dispositif pour les accompagner est particulièrement pauvre."

    MERCI DE VOUS IDENTIFIER
    X

    Vous devez avoir un compte en ligne sur le site des Nouvelles Calédoniennes pour pouvoir acheter du contenu. Veuillez vous connecter.

    J'AI DÉJA UN COMPTE
    Saisissez votre nom d'utilisateur pour LNC.nc | Les Nouvelles Calédoniennes
    Saisissez le mot de passe correspondant à votre nom d'utilisateur.
    JE N'AI PAS DE COMPTE

    Vous avez besoin d'aide ? Vous souhaitez vous abonner, mais vous n'avez pas de carte bancaire ?
    Prenez contact directement avec le service abonnement au (+687) 27 09 65 ou en envoyant un e-mail au service abonnement.
  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS