- Dick Forest, chef de projet Mange mieux, bouge plus à l'agence sanitaire et socialeMarion Courtassol | Crée le 06.07.2021 à 18h35 | Mis à jour le 12.07.2021 à 15h08ImprimerPour Dick Forest, les gens sont désormais conscients des risques de la surcharge pondérale. Reste à savoir comment agir. Photo M.C.Alors que 67 % des Calédoniens sont en surcharge pondérale, manger équilibré et faire de l'activité physique pour améliorer sa santé peut sembler insurmontable. Pour ce spécialiste, rien n'est jamais perdu : la solution réside dans la création de nouvelles habitudes.
Quelles sont les principales raisons de changer de mode de vie pour mieux manger et pour bouger plus ?
Après 10 ans au sein de ce programme, j'ai pu me rendre compte de l'évolution des connaissances du public. Même si les gens ne savent pas comment faire pour en sortir, ils savent à 95 % des cas que l'obésité et le surpoids sont dangereux pour la santé. Ils veulent donc changer pour eux, pour leur santé, pour prévenir d'éventuelles maladies ou sur conseil de leur médecin.
Pour d'autres, c'est parce que l'obésité est présente dans la famille, notamment chez les enfants. En Calédonie, 40 % des enfants des 9-12 ans sont en surcharge pondérale. En se promenant sur les baies ou dans les parcs on voit de plus en plus de gens marcher en famille. Quelque chose a changé
Qu'est-ce qui a changé ?
La représentation a évolué. Le surpoids et l'obésité ne signifient plus avoir de l'argent, être forts ou encore être en bonne santé. Les gens savent désormais qu'il faut trois à quatre repas par jour, qu'il vaut mieux manger une seule assiette que se resservir, qu'il faut manger des féculents mais aussi des légumes, que le grignotage est à limiter. Le problème est de savoir comment mettre en place ces bonnes pratiques.
Qu'en est-il en matière d'activité physique ?
Là aussi, les gens savent que, dans l'idéal, qu'il faut une activité physique de 30 minutes par jour. Mais si l'on n'a rien fait pendant des années, rien que 15 minutes de marche tous les deux jours vont déjà permettre une amélioration de l'état de santé. Là encore la question reste, comment faire ?
Justement, comment faire ?
Ces règles d'hygiène, sur le plan alimentaire et physique, devraient faire partie de nos habitudes. C'est tout l'enjeu car pour notre cerveau ne fait pas la différence entre une bonne et une mauvaise habitude pour notre santé. Dès qu'il va se retrouver dans un schéma bien défini, il va mettre en œuvre l'habitude correspondante. Par exemple : « c'est la pause de 9 heures. J'ai bien travaillé, je vais prendre un café sucré, manger un pain au chocolat ou fumer une cigarette ». Une étude montre on a plus de 40 % des actions de notre journée qui sont des habitudes. C'est-à-dire que l'on ne fait ni effort de réflexion ou de motivation pour ces actions.
Peut-on changer ses habitudes ?
Oui, c'est tout à fait possible. D'autres études montrent qu'avec la répétition, la détermination et en gardant en point de mire son objectif, on peut acquérir une nouvelle habitude en 66 jours. Ceux qui mettent le plus de temps, mettront huit mois et les plus rapides 18 jours. La clé du changement est la répétition.
Concrètement, comment s'y prendre ?
En identifiant les facteurs favorables et les difficultés. Si une personne veut pratiquer une activité physique, elle peut avoir des difficultés de trouver un créneau, entre ses obligations familiales et professionnelles. En y réfléchissant, elle va se rendre compte qu'elle est plus du matin ou du soir, elle va se rendre compte que certains jours c'est peut-être possible de s'organiser différemment et de trouver un moment.
Et sur le plan alimentaire ?
Dans le cas d'une famille, on voit que certains veulent changer pour leurs enfants. Or, les petits vont reproduire ce que font les parents. De 10 à 18 ans, selon les chiffres du baromètre santé jeunes 2019, six enfants sur dix ne prennent pas de petit-déjeuner. Or, c'est clairement un repas à enjeu pour une bonne scolarité.
Parallèlement, pour une personne qui veut perdre du poids, ce repas permettra d'éviter de grignoter dans la matinée. Car quand on grignote on choisit plutôt des aliments caloriques et peu intéressants sur le plan nutritif. C'est donc une bonne chose pour tous.
Quels sont les freins pour y parvenir ?
On entend beaucoup « je n'ai pas le temps » et « je n'ai pas faim ». Mais si les affaires scolaires sont prêtes la veille, si la table est mise, que le petit-déjeuner est pris, cela va créer un effet presque magique : le matin, il y aura du temps et l'appétit sera là aussi.
Comment fixer ses objectifs ?
Il faut se fixer un objectif modeste : si je mangeais en quantité avant, je ne peux pas manger trois fois rien du jour au lendemain. Si je n'ai pas bougé pendant des dizaines d'années, je ne peux pas faire tout de suite un marathon. On va donc l'ajuster progressivement au fil de ses progrès. Il faut être réaliste, bienveillant avec soi-même. On ne peut pas être au top du jour au lendemain quand on a fonctionné différemment depuis très longtemps, voire depuis toujours. On a droit à l'erreur. Quand on veut changer d'habitude, il faut se concentrer sur une seule à la fois.
Vous conseillez de se concentrer sur un objectif. Alimentation ou activité physique, par où faut-il commencer ?
J'ai pu constater que l'activité physique a tellement d'effets positifs que cela déclenche dans les semaines qui suivent d'autres changements. Il y aura des courbatures, bien sûr, mais il y aura le plaisir de ressentir son corps, notamment grâce aux hormones. Cela va aussi améliorer la qualité du sommeil.
La sensation de progression va entraîner une sorte de routine du bien-être et un sentiment de réussite. C'est pouvoir se dire fièrement à chaque fois : « j'y suis allé »,« j'y suis allé », jusqu'au moment où si l'on rate une séance, elle va nous manquer. Le but est que cette nouvelle habitude fasse partie des 40 % auxquelles on ne réfléchit même plus.
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