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    Nouvelle Calédonie
  • Anthony Tejero | Crée le 13.10.2023 à 06h20 | Mis à jour le 19.10.2023 à 09h52
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    Malgré l’interdiction de baignade à Nouméa jusqu’à l’îlot Maître, liée à la crise requin, la fréquentation touristique reste bonne en Nouvelle-Calédonie. Photo Archives LNC / Anthony Tejero
    Avec plus de 54 000 visiteurs enregistrés sur le Caillou au cours du premier semestre 2023, le tourisme international ne s’est jamais aussi bien porté à cette période. Ces chiffres record ont de quoi redonner le sourire à un secteur frappé de plein fouet par la pandémie.

    Il y a encore un an, personne n’aurait misé sur un tel scénario. Alors que les professionnels du secteur, mis à terre par la pandémie de Covid, estimaient à trois ou quatre ans un retour à la normale des flux touristiques, l’année 2023 a très bien commencé.

    Entre janvier et juin, jamais autant de visiteurs étrangers n’ont été enregistrés sur le Caillou. Au premier semestre, 54 184 touristes sont venus en Nouvelle-Calédonie (hors croisiéristes), soit une hausse de +2,3 % par rapport à 2019, qui était déjà une année record.

    Si l’on prend les chiffres cumulés les plus récents (qui comprennent également juillet et août), 76 080 personnes sont venues visiter le Caillou, soit quasiment autant en huit mois que la fréquentation totale de l’an passé, où 79 900 visiteurs avaient été comptabilisés.

    Dans le détail, sur le premier semestre, la filière est essentiellement dopée par trois marchés : la Métropole, avec 16 396 visiteurs (une hausse de +12 % par rapport à 2019), l’Australie qui a attiré 13 853 personnes (+29 %) et la Nouvelle-Zélande qui affiche la meilleure progression avec 5 077 visiteurs (+33 %).

    La fréquentation de nos deux voisins anglo-saxons a été particulièrement forte au premier trimestre avec une hausse respective de + 60 % et + 57 %.

    Les bons chiffres de fréquentation de l’Australie sont d’autant plus notables que la rotation vers Melbourne, qui représentait un tiers des flux, a été supprimée depuis la crise Covid. La ligne sera d’ailleurs relancée à partir du 8 décembre.

    Les touristes venant des autres destinations sont également plus nombreux, affichant une hausse de 21 % par rapport à 2019. Ce sont surtout des Wallisiens et Futuniens, avec 4 191 visiteurs (+28 %), des Polynésiens, qui représentent 1 871 personnes (+17 %) et les Vanuatais qui sont 1 473 à avoir fait le déplacement (-15 %).

    Le Japon à la traîne

    Seul point noir de ce bilan, le marché japonais qui ne redécolle pas avec à peine 3 000 visiteurs en six mois, soit un effondrement de 71 % par rapport à 2019. Par ailleurs, alors que la ligne est ouverte depuis un an, les Singapouriens restent, quant à eux, très peu nombreux à se laisser tenter par le Caillou. Ils n’ont été que 254 à venir découvrir le pays ce premier semestre.

    En dehors de l’Asie, la relance du tourisme international est donc en marche. "Une tendance positive qu’il convient d’encourager en poursuivant les actions de promotion avant le début de la haute saison touristique à venir ", estime Nouvelle-Calédonie tourisme.

    Quant à la durée moyenne des voyages, sans surprise, les séjours les plus longs concernent les destinations où le tourisme affinitaire (famille et amis) a une part importante, à commencer par la Métropole et les territoires océaniens comme Wallis-et-Futuna, le Vanuatu et la Polynésie française.

    "Ces chiffres sont de très bon augure"


    Julie Laronde est à la tête de Nouvelle-Calédonie tourisme.

    La reprise du tourisme est bien plus rapide qu'attendu. Comment l'analysez-vous ?

    L'objectif que l'on s'était fixé cette année, c'était de retrouver 60 % du flux de 2019, sachant que ce volume a été atteint dès 2022. Or, le premier semestre a été historique. On n'a jamais connu une telle fréquentation touristique internationale en Nouvelle-Calédonie. Et ce, uniquement porté par trois marchés : la France, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

    L'engouement actuel se conjugue à nos efforts promotionnels de relance via de nombreuses campagnes de communication et de vente. Les voyages ont repris bien plus rapidement que ce qu'on pensait, même depuis la Métropole, alors que les billets d'avion ont significativement augmenté par rapport à 2019.

    Ces bons chiffres du marché métropolitain, relativement tourné sur le tourisme affinitaire, est-il un effet de rattrapage de la période Covid durant laquelle les gens n'ont pas pu venir ?

    Au premier semestre 2022, on a en effet observé une part importante du tourisme affinitaire, mais depuis, cela s'est régulé. Cette année, on retrouve un tourisme essentiellement de loisirs.

    Le marché australien et néo-zélandais a très bien répondu dès la réouverture des frontières. Pourquoi ?

    Incontestablement, il y a eu, dans un premier temps, un engouement des destinations proches de chez soi durant la période incertaine qui a suivi la crise Covid, sauf que la dynamique ne retombe pas. La Nouvelle-Calédonie a un certain nombre d'atouts qui correspondent aux nouvelles aspirations des voyageurs, notamment mis en avant dans notre dernière campagne " Get closer to what you love ", déployée depuis le début d'année en Australie et en Nouvelle-Zélande, surfant sur la proximité, un environnement préservé loin du tourisme de masse. En période post-Covid, les gens n'ont pas forcément envie de se retrouver dans des lieux surfréquentés.

    La crise requin ne semble finalement pas avoir plombé la fréquentation...

    Nous avons eu de grosses inquiétudes, notamment en raison d'alertes de revendeurs australiens qui annulaient et enregistraient moins de demandes après la dernière attaque. Mais finalement, cela ne s'est pas concrétisé dans les chiffres de fréquentation. Nous avons beaucoup communiqué pour expliquer que cette interdiction de baignade ne concerne que les plages de Nouméa, qu'il y a des alternatives, que des filets sont prévus, qu'une zone de baignade temporaire est en place à la baie des Citrons, etc. Nous avons également réorienté notre campagne de communication en Australie pour mettre en avant plus de visuels montrant des activités terrestres et un peu moins le lagon.

    En revanche, le marché japonais ne redécolle pas...

    Le contexte est particulier dans ce pays. Le marché japonais du voyage vers l'ensemble des destinations internationales n'avait par exemple repris qu'à hauteur de 45 % en juin. 

    NCT a donc recruté une nouvelle agence de représentation au Japon en juin. Nous nous sommes  rendus sur place pour organiser une conférence de presse afin de la présenter aux médias japonais. Ils sont plus de 80 à y avoir assisté. L'objectif était de leur présenter, ou de leur représenter, la destination, ses atouts, sa diversité, etc.

    "En période post-Covid, les gens n'ont pas forcément envie de se retrouver dans des lieux surfréquentés."

    À l'issue de cette conférence, nous avons organisé deux gros voyages de presse en septembre afin que ces journalistes visitent la Nouvelle-Calédonie et génèrent une très large couverture médiatique dans la presse japonaise. Une vingtaine ont répondu à notre invitation.

    L'objectif est de refaire parler de la Nouvelle-Calédonie au Japon et de "re-susciter" l'intérêt des voyageurs japonais avec du contenu inspirant.

    Le marché Singapourien reste très faible. Comment cela s'explique ?

    L'ouverture de la nouvelle ligne aérienne directe avec Singapour est incontestablement une réelle opportunité pour la Nouvelle-Calédonie, qui permet d'améliorer sa connectivité et son attractivité. C'est indispensable pour une destination insulaire. Après un an d'ouverture, le bilan général semble positif, même si du point de vue du marché singapourien, ce n'est pas encore significatif.

    Il y a d'abord un certain nombre de prérequis à mettre en place : construire la notoriété de la destination auprès d'une population qui n'a jamais entendu parler de la Nouvelle-Calédonie, développer la production auprès du réseau de distribution, tisser des liens commerciaux… Avec le recrutement d'une agence de représentation sur place, depuis le mois d'août, ce travail de terrain quotidien sera réalisé. Cela devrait faire la différence.

    D'autant que les Singapouriens ont un fort pouvoir d'achat...

    C'est un marché qui reste restreint puisque le pays compte 7 millions d'habitants. En revanche, à la différence des Japonais, les Singapouriens sont de grands voyageurs aventureux, qui aiment aller vers des destinations méconnues, et une importante communauté d'expats peut également être ciblée. Les Singapouriens ont un haut pouvoir d'achat avec un panier moyen de voyage élevé

    À partir de l'an prochain, on va également prospecter d'autres villes d'Asie du Sud Est où il y a des bassins intéressants à haut pouvoir d'achat.

    Quels sont les autres potentiels de développement et les ambitions de NCT ?

    La ligne avec Singapour a permis de développer les trafics depuis la France et l'Europe, puisque ce hub est une alternative à la route par Tokyo. Ce qui explique sans doute aussi la hausse de fréquentation depuis la Métropole et les autres pays européens, dont les flux ont également progressé par rapport 2019. C'était l'un des objectifs de cette ouverture de ligne.

    Pour le deuxième semestre, on entend intensifier nos actions pour vraiment relancer le marché japonais. Les agences sur place estiment qu'on ne retrouvera pas les flux de 2019 avant 2024, voire 2025. On entend aussi capitaliser sur ce qui marche : France, Nouvelle-Zélande et Australie, en accompagnant notamment la réouverture de la ligne vers Melbourne, prévue en décembre.

    Ces chiffres sont de très bon augure. À l'heure où on entend que le secteur économique est plutôt morose, il y a clairement des entrées de devises et des retombées économiques pour le territoire.

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