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  • AFP | Crée le 21.09.2026 à 17h24 | Mis à jour le 21.09.2026 à 17h37
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    Emmanuel Macron pose avec le maire de Miquelon Franck Detcheverry, à droite, et des résidents, devant leur nouvelle maison relocalisée près d’un kilomètre plus loin de l’actuel village, le dimanche 20 septembre. Photo AFP / Ludovic Marin
    Au bout d’une route surplombant la mer, une excavatrice et quelques maisons en construction : le nouveau village de Miquelon, poussé à une relocalisation brutale face à la montée des eaux, commence lentement à sortir de terre, non sans contradicteurs. Le Président, Emmanuel Macron, est venu superviser l’avancée du chantier. Un déplacement qui fait écho en Nouvelle-Calédonie, où des habitants ont déjà quitté leur maison, comme à Touho, menacés par l’élévation du niveau de la mer.

    Les pionniers de ce chantier sans précédent, destiné à déplacer 600 habitants d’un kilomètre, parmi les premiers "réfugiés climatiques" de France, ont pu croiser, le dimanche 20 septembre, Emmanuel Macron, venu s’enquérir de l’avancée des travaux.

    "Chapeau ! Félicitez toute votre équipe. Je vous souhaite d’être heureuse en famille ici", lance-t-il à la future propriétaire d’une maison presque achevée, Mildrède Bonnieul, qui espère y fêter le Noël prochain.

    Comme chez les voisins, toute la famille s’est mise à l’ouvrage pour finir la maison une fois le gros œuvre, murs et charpentes, réalisé, une tradition à Saint-Pierre-et-Miquelon, petit archipel battu par les vents dans l’Atlantique Nord.

    "J’ai le temps, je suis jeune, j’ai l’énergie pour le faire maintenant", confie Morgan Detcheverry, fonctionnaire de 35 ans, qui a décidé de franchir le pas avec sa femme après un temps d’hésitation. Il n’était pas forcément convaincu, tout comme d’autres, de l’urgence de la situation, la submersion, imposée par la fonte des glaces, n’étant pas attendue avant plusieurs décennies. "J’étais un peu sceptique au départ, mais aujourd’hui je ne le regrette pas. C’est l’opportunité de reconstruire une vie", estime-t-il.

    "Ça m’inquiète"

    Patricia Orsiny, jeune retraitée, concède qu’elle "mangera peut-être les pissenlits par la racine" avant que quoi que ce soit arrive. "Mais brasser de l’air ne sert pas à grand-chose. Et je laisserai aussi quelque chose à mes enfants", dit-elle en pointant du regard le cap de Miquelon à travers la baie vitrée de son futur salon.

    En contrebas, dans le village originel, qui affleure à la surface de la mer, cette relocalisation, perçue parfois comme de la précipitation, est loin de faire l’unanimité.


    Le Président quitte une des maisons en construction dans le nouveau village de Miquelon, dans le cadre de ce qui est considéré comme la première relocalisation d’une communauté en France liée au changement climatique, qui a commencé à se déplacer vers l’intérieur des terres pour échapper à la menace croissante de l’élévation du niveau de la mer. Photo AFP / Ludovic Marin

    "Ça crée une tension entre ceux qui sont contre et ceux qui sont pour. Mais déménage qui veut", résume Lise Leuloche, 73 ans. Elle-même a une maison au bord de la mer. "Ça m’inquiète vraiment. L’eau se rapproche beaucoup", raconte-t-elle. Mais elle vit seule et n’a pas les moyens de se lancer dans l’aventure.

    "J’ai pas envie à mon âge. Quand on a 80 ans, c’est dur. J’ai peut-être tort", renchérit Henriette, épouse de l’ancien maire Jean de Lizarraga, qui avait appris de la bouche de François Hollande, en visite dans l’archipel en 2014, le déménagement.

    L’église au milieu du village

    Les candidats à la délocalisation doivent suivre un processus précis. D’abord, l’État évalue le prix de leur maison et la leur rachète. Les bénéficiaires ont ensuite trois ans pour construire leur nouveau logis. Dès la remise des clés, l’ancien est détruit et laisse place à un vide.

    Kevin Detcheverry, 32 ans, qui projette de racheter une ferme d’élevage de canards dans la zone rouge, vouée un jour à la submersion, raconte à Emmanuel Macron ses doutes sur l’avenir du village. "C’est sur la base du volontariat et il y aura un accompagnement", tente de le rassurer le chef de l’État.

    Dans le village, les rues, bordées de maisons spacieuses aux façades bleues, vert pomme ou jaunes, sont au cordeau, à l’américaine. La boulangerie, flambant neuve, cherche un nouveau repreneur, le dernier locataire venu de Métropole ayant jeté l’éponge.

    De l’autre côté de la place de l’église, une des deux épiceries du village a brûlé. Elle a été réinstallée provisoirement dans une ancienne quincaillerie. À quand le déménagement dans Miquelon 2 ?

    Pour cette première phase, "il y a actuellement une soixantaine de personnes en phase de relocalisation, soit environ 10 % de la population. En termes de liste d’attente, on dénombre une centaine de personnes qui sont intéressées par le projet et qui souhaitent s’y engager", indique M. Quemener, coordinateur du projet.

    L’aéroport, la centrale électrique et la maison de santé ont aussi vocation à déménager. Sans oublier l’église, au centre de la bourgade, à la française, comme dans les bons vieux villages de l’Hexagone, et son monument aux morts de 1914-1918.

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