- AFP | Crée le 22.07.2026 à 11h14 | Mis à jour le 22.07.2026 à 11h14ImprimerAvec le retour d’El Niño, "il est très probable que nous assistions à un blanchissement massif, très grave et à grande échelle sur la Grande Barrière de corail", selon un chercheur australien en écologie. Photo AFPLa Grande Barrière de corail, située en Australie, risque de subir un blanchissement extrême et "un effondrement de son écosystème" sous l’effet du retour du phénomène climatique El Niño, ont averti, le mardi 21 juillet, des scientifiques.
Cette étendue de 2 300 kilomètres de coraux tropicaux a subi ces dernières décennies des épisodes répétés de blanchissement, en raison du réchauffement et l’acidification des mers provoqués par les émissions de gaz à effet de serre. "Il est très probable que nous assistions à un blanchissement massif, très grave et à grande échelle sur la Grande Barrière de corail", a estimé Morgan Pratchett, chercheur en écologie à l’université australienne James Cook, lors d’une conférence organisée à Auckland, en Nouvelle-Zélande.
En cause, selon lui : l’épisode "extrême" d’El Niño, particulièrement inquiétant pour ce trésor naturel très touristique, considéré comme la plus grande structure vivante au monde. El Niño est une variation naturelle du climat qui réchauffe les températures de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial.
Or, la Grande Barrière de corail australienne, qui abrite une incroyable diversité biologique, a déjà subi un épisode de blanchissement dramatique en 2024-2025. "Il n’est pas hors du domaine du possible que la prochaine perturbation majeure entraîne des extinctions localisées d’espèces […] et un effondrement généralisé des écosystèmes", a prévenu Morgan Pratchett.
"Le prélude à la disparition des êtres humains"
La survie des coraux dépend de leur relation avec un type d’algue logeant dans la structure qu’ils bâtissent et qui, en retour, leur fournit des nutriments grâce à la photosynthèse.
Mais ce système s’effondre lorsque l’eau de mer se réchauffe excessivement : l’algue disparaît alors que cet organisme donne au corail ses couleurs caractéristiques. Elle laisse une structure blanchâtre en manque croissant de nutriments, et donc en danger.
Lors de la conférence à Auckland, le professeur d’études marines Ove Hoegh-Guldberg, de l’université australienne du Queensland, a averti que l’inaction des gouvernements menaçait l’avenir des récifs coralliens du monde entier. "Cela pourrait être le prélude à la disparition des êtres humains", a-t-il insisté, comparant la situation actuelle au naufrage du Titanic. "Le navire commence à couler vraiment très franchement et nous ne le voyons pas."
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