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    Nouvelle Calédonie
  • Julien Mazzoni | Crée le 20.04.2026 à 17h30 | Mis à jour le 20.04.2026 à 17h30
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    Identification obligatoire, encadrement des ventes et création d’un statut d’éleveur : la nouvelle réglementation sur les animaux domestiques entrera en vigueur le 7 novembre. Photo Julien Mazzoni
    Identification obligatoire, ventes encadrées, statut d’éleveur… La nouvelle réglementation sur les chiens et les chats entrera en vigueur le 7 novembre. Le gouvernement mise d’abord sur la pédagogie pour faire évoluer les pratiques. Explications.

    "C’est tout un changement de mentalité." Isabelle Champmoreau, membre du gouvernement chargée du bien-être animal, résume l’ambition de la loi du pays adoptée en octobre 2025. Lundi 20 avril, l’exécutif a lancé une campagne d’information pour préparer son entrée en vigueur, prévue le 7 novembre.

    Car la situation est préoccupante. "Il y a une vraie prolifération de chiens et de chats, que l’on retrouve en divagation", explique Coralie Lussiez, cheffe du service d’inspection vétérinaire, alimentaire et phytosanitaire (Sivap). Nuisances, morsures, accidents, risques sanitaires ou encore impacts sur l’environnement… les conséquences sont multiples, mais "aujourd’hui, on navigue dans le flou", résume Isabelle Champmoreau, faute de données précises.

    À partir du 7 novembre, tous les chiens et chats nés après cette date devront donc être identifiés avant l’âge de six mois. Cette identification, effectuée par un vétérinaire, se fera par puce électronique ou tatouage, puis l’animal sera enregistré dans le fichier territorial "Calédopattes".

    Pour les animaux déjà nés, l’obligation ne sera pas générale, mais s’imposera, en revanche, en cas de don ou de vente.

    "La taille d’un grain de riz"

    Concrètement, la puce électronique est "un dispositif de la taille d’un grain de riz, posé sous la peau, pas plus douloureux qu’une injection, rassure la docteure Colette Arpaillange, présidente du Groupement technique vétérinaire de Nouvelle-Calédonie. Et ce n’est pas un GPS, ça n’émet pas en permanence."

    L’intérêt de cette identification est immédiat, insiste la vétérinaire. "Quand un animal perdu est identifié, on appelle le propriétaire et il est récupéré en quelques heures. Quand il ne l’est pas, il peut se retrouver définitivement perdu, ou pour longtemps."

    Autre nouveauté, la loi encadrera désormais les cessions d’animaux. Un animal devra être identifié avant toute transmission, que ce soit une vente ou même un don. Il sera par ailleurs interdit de céder un chiot ou un chaton âgés de moins de huit semaines.

    Un statut officiel d'"éleveur"

    Quant aux ventes ou aux dons sur les marchés, les brocantes ou les événements non spécialisés, ils sont appelés à disparaître. Les petites annonces en ligne sont également concernées par la loi. "On voit qu’il y en a de plus en plus, il fallait poser un cadre", estime Isabelle Champmoreau. Elles devront désormais faire mention d’informations précises : numéro d’identification, âge, origine… Le gouvernement indique vouloir travailler avec les plateformes pour faire appliquer ces nouvelles règles.

    La réglementation va ainsi également créer un statut officiel d’éleveur. Concrètement, toute personne vendant plus d’une portée par an devra se déclarer auprès du Sivap et obtenir un numéro d’enregistrement. "On peut céder des animaux d’une portée par an à titre familial, précise Isabelle Champmoreau. Au-delà, il faudra se déclarer." Une mesure qui concernera également les associations de protection animale.

    Pas question toutefois, dans un premier temps, d’effectuer un recensement général de tous les animaux domestiques, la tâche serait titanesque. Pour les contrôles, "nous interviendrons en cas de signalement, indique Coralie Lussiez, d’abord pour expliquer la règle. Et, en cas de récidive, nous sanctionnerons", prévient-elle. Les associations et la surveillance des annonces joueront un rôle clé dans ce dispositif.

    Amende de 100 000 francs

    Attention cependant, le non-respect des obligations pourra donner lieu à une amende administrative pouvant atteindre 100 000 francs, doublée en cas de récidive. Mais le gouvernement insiste sur la phase d’accompagnement. "Il n’est pas question d’entrer dans une politique de répression", assure Isabelle Champmoreau. Un délai d’un an est ainsi prévu pour permettre aux propriétaires de s’adapter à ces nouvelles dispositions.

    En parallèle, les campagnes de stérilisation se poursuivent. Elles sont gratuites pour les propriétaires, rappelle le gouvernement, avec une prise en charge de l’identification dans ce cadre.

    Depuis 2014, plus de 8 000 animaux ont ainsi été stérilisés. Mais la situation reste préoccupante, notamment concernant les chats. "Il y a beaucoup de portées et beaucoup d’abandons", souligne Isabelle Champmoreau, qui appelle à renforcer ces campagnes, notamment auprès des personnes disposant de peu de moyens.

    Le gouvernement voit la mise en œuvre de cette loi comme une étape et se dit bien conscient que les effets ne seront pas immédiats. "C’est un travail de longue haleine", insiste Isabelle Champmoreau, qui évoque un horizon de dix à quinze ans pour faire évoluer les comportements.

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