- AFP | Crée le 05.10.2026 à 07h42 | Mis à jour le 05.10.2026 à 07h43ImprimerMenacée par la montée des eaux liée au changement climatique, Tuvalu fera l'objet d'une visite des dirigeants du Pacifique lors de la pré-COP organisée à Fidji à partir de ce lundi 5 octobre. Photo AFP/Torsten BlackwoodLes dirigeants du Pacifique vont attirer ce lundi 5 octobre l’attention du monde entier sur la réalité vécue en première ligne face au réchauffement climatique, alors que les Fidji accueillent une conférence pré-COP.
Le sud du Pacifique compte parmi les régions les plus vulnérables au réchauffement climatique — de la montée des eaux qui menacent les habitations à la hausse des températures qui provoquent le blanchissement des coraux. Ministres, négociateurs et une poignée de dirigeants mondiaux sont attendus dans la ville de Nadi, aux Fidji, pour la réunion du 5 au 8 octobre visant à faire avancer les négociations climatiques.
Ces discussions doivent préparer le terrain de la COP31, grande conférence mondiale sur le climat sous l’égide de l’ONU qui doit se tenir en novembre à Antalya, en Turquie. Les dirigeants du Pacifique poussent pour que le monde s’en tienne à l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, améliore l’accès au financement climatique et accorde davantage d’attention à l’impact sur les océans.
Le niveau de la mer s’élève à un rythme record, sous l’effet du réchauffement des océans et de la fonte des glaciers, selon un rapport du secrétariat général de l’ONU publié en août. Cela pourrait contraindre 1,2 milliard de personnes dans le monde à être déplacées d’ici 2050, les pays insulaires affrontant une élévation du niveau de la mer deux fois supérieure à la moyenne mondiale.
Le rapport pointe aussi un déficit de financement : les pays en développement, qui auraient besoin de 310 à 365 milliards de dollars pour s’adapter, ne disposaient que de 26 milliards de dollars à ce titre en 2023.
Faible participation
Les dirigeants régionaux, menés par l’Australie, ont présenté la pré-COP comme une occasion d’attirer l’attention du monde entier sur le Pacifique. "L’influence du Pacifique sur l’action climatique mondiale a toujours été supérieure à sa taille", a déclaré Lynda Tabuya, ministre fidjienne de l’Information, de l’Environnement et du Changement climatique.
"La pré-COP placera les priorités et les solutions du Pacifique au cœur des discussions mondiales et contribuera à transformer les engagements en actions concrètes", assure-t-elle. Mais les responsables ont été contraints de reconnaître que la liste des invités serait plus courte qu’ils ne l’avaient espéré : moins d’une douzaine de dirigeants mondiaux ont publiquement confirmé leur présence.
Dans les rues de Nadi, la plupart des habitants semblent largement ignorer qu’un sommet mondial s’y tient. Quant aux visiteurs, ils paraissent davantage attirés par cette destination touristique de premier plan que par son statut de plaque tournante de la diplomatie climatique. L’Australie a indiqué en septembre que 4 000 personnes de 60 pays participeraient, sans fournir de répartition détaillée. Parmi les participants figurera le ministre des Affaires étrangères du Népal, Shisir Khanal, dont le pays est encore sous le choc après la crue dévastatrice survenue dans l’Himalaya le 26 août.
Les Fidji ont également indiqué en septembre compter sur les chefs d’État et de gouvernement d’Antigua-et-Barbuda, du Cap-Vert, de Thaïlande, des Maldives et du Timor oriental. Les événements débuteront lundi matin à 9 heures, heure locale (8 heures en Nouvelle-Calédonie), par une cérémonie d’ouverture suivie d’une journée d’ateliers et de tables rondes.
"Réalité du présent"
Au programme des principaux délégués est prévue une journée à Tuvalu, petit État insulaire qui prépare des plans de déplacement de sa population face à la montée des eaux. Les délégués observeront les travaux de poldérisation à Tuvalu, où le point culminant n’atteint que deux mètres au-dessus du niveau de la mer. Deux des neuf atolls coralliens du pays sont déjà en grande partie submergés.
"La montée du niveau de la mer n’est pas une menace future, c’est une réalité du présent", a souligné à l’ONU la semaine dernière le Premier ministre du pays, Feleti Teo. Seule une poignée de dirigeants devrait toutefois se rendre à Tuvalu. L’Australie, chef de file des négociations climatiques, est taxée d’hypocrisie et accusée de "double langage" par les militants écologistes, en tant que producteur majeur de gaz et charbon, des énergies fossiles qui contribuent au réchauffement.
Le ministre du Climat, Chris Bowen, affirme que le pays est en train d’augmenter rapidement ses capacités en énergies renouvelables. "Le Pacifique ne doit pas devenir une zone sacrifiée pour les grands pollueurs et les entreprises de combustibles fossiles", a déclaré Shiva Gounden, de Greenpeace.
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