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    Economie
  • Julien Mazzoni | Crée le 29.10.2026 à 16h16 | Mis à jour le 29.10.2026 à 16h17
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    À l’arrêt depuis juillet, l’huilerie d’Ouvéa doit reprendre ses achats de coprah dans les premiers jours de novembre. Environ 250 producteurs de l’île livrent régulièrement leur production à l’unité. Photo archives LNC / Sarah Maquet
    À l’arrêt depuis juillet, l’huilerie d’Ouvéa doit reprendre ses achats de coprah courant novembre. Une reprise provisoirement confiée à Pein, filiale agroalimentaire de la Sodil, en attendant la création d’une nouvelle structure. Avec un défi de taille : augmenter fortement la production pour retrouver l’équilibre.

    À Ouvéa, les sacs de coprah vont bientôt reprendre le chemin de l’huilerie. La province des Îles a annoncé le 19 octobre la reprise des achats au mois de novembre. Fermée depuis juillet après la liquidation judiciaire de la Sapo, la société qui exploitait l’huilerie, l’unité doit redémarrer dans les prochains jours sous la responsabilité provisoire de Pein, filiale agroalimentaire de la Société de développement des Îles Loyauté (Sodil), le temps de rétablir l’électricité et de rappeler les anciens salariés.

    "C’est une solution intermédiaire, en attendant de repartir sur un modèle plus durable", résume Jean-Pierre Hnawia, directeur général de la Sodil. Une nouvelle structure doit ensuite être créée pour reprendre la filière.

    Si l’enjeu est bien sûr économique, il est avant tout social. Environ 250 producteurs livraient régulièrement du coprah à l’huilerie avant sa fermeture. Pour certaines familles, cette activité constituait un revenu complémentaire non négligeable, notamment pendant les grandes vacances, lorsque la production augmente et en prévision des dépenses pour la rentrée scolaire.

    600 tonnes pour atteindre l’équilibre

    Le prix en vigueur avant la fermeture, soit 160 francs le kilo, devrait être maintenu. Sur cette somme, 60 francs sont financés par l’Agence rurale, le reste par la province et l’opérateur. Selon les chiffres provinciaux, 103,7 tonnes avaient été achetées entre janvier et juin, pour 15,7 millions de francs versés aux producteurs.

    Jean-Pierre Hnawia estime qu’au moment de l’arrêt, les livraisons atteignaient "40 à 50 tonnes mensuelles. On espère revenir très vite à ce niveau-là."

    Mais cette reprise des achats ne réglera pas le problème de fond. En 2022, l’huilerie affichait l’ambition de faire passer sa production d’environ 100 à 420 tonnes par an. Quatre ans plus tard, Jean-Pierre Hnawia la situe autour de 200 tonnes annuelles.

    Or, il faudrait, selon lui, atteindre au moins 600 tonnes par an pour parvenir à équilibrer l’activité. "Il y a plusieurs facteurs" derrière la liquidation de la Sapo, explique le directeur de la Sodil, qui cite le manque de matière première, "des problèmes de gestion", l’état du matériel et "surtout le fait qu’on n’avait pas suffisamment de production."

    Le vieillissement de l’outil est pointé depuis plusieurs années. En 2020, l’huilerie ne disposait déjà plus que d’une seule chaîne de production, avec un rendement de pressage limité à environ 50 % (voir photo). Deux ans plus tard, un investissement d’environ 30 millions de francs dans une nouvelle presse était annoncé. Il n’a pas encore été effectué pour cause de crises successives (Covid, émeutes…), puis de liquidation. Des deux presses dont disposait autrefois l’huilerie, seule une reste donc aujourd’hui en état de fonctionner.

    Le projet pourrait aboutir l’an prochain. Selon Jean-Pierre Hnawia, l’État a accordé, via la province, un financement pour renouveler la ligne de presse.

    Un débouché avec Enercal

    Reste à écouler davantage d’huile si la production augmente. Pour la Sodil, le débouché existe déjà en grande partie. Enercal utilise l’huile de coprah dans sa centrale d’Ouvéa, en complément du gazole. "Enercal est déjà un très gros débouché", appuie Jean-Pierre Hnawia, qui souligne qu’une hausse de la production permettrait de réduire davantage le recours au combustible importé. Une partie de l’huile irait également alimenter la savonnerie d’Ouvéa, elle aussi placée en liquidation judiciaire.

    La province se donne six mois pour restructurer la filière. La reprise de l’activité dans les prochaines semaines doit d’abord redonner un débouché aux producteurs. Pour assurer sa pérennité, l’huilerie devra ensuite se donner les moyens de changer d’échelle, pour espérer atteindre les 600 tonnes que la Sodil estime nécessaires pour atteindre l’équilibre.

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