- AFP | Crée le 05.11.2026 à 07h27 | Mis à jour le 05.11.2026 à 07h28ImprimerEn Géorgie, la victoire de la candidate démocrate marque une première historique : jamais une femme noire n'avait été élue gouverneure d'un État américain. AFP - Erik S. LesserLes élections de mi-mandat du mardi 3 novembre ont infligé un sérieux revers à Donald Trump. Les démocrates ont repris le contrôle des deux chambres du Congrès américain, arrachant aux républicains au moins sept sièges au Sénat et 25 à la Chambre des représentants. Ils ont également remporté cinq postes de gouverneur jusqu'alors détenus par leurs adversaires, notamment au Texas, en Géorgie et dans l'Ohio. Une victoire qui contraindra le président américain à composer avec un Congrès d'opposition pendant les deux dernières années de son mandat. Le scrutin a aussi été marqué par plusieurs premières historiques pour des élus issus de minorités.
Les élections de mi-mandat mardi aux États-Unis ont brisé la majorité républicaine et quelques plafonds de verre, en faisant accéder des démocrates issus de minorités à des fonctions de premier plan.
Tour d'horizon de ces victoires inédites.
- Une gouverneure noire
Keisha Lance Bottoms a été élue gouverneure de Géorgie, devenant la première femme noire à occuper ce poste à l'échelle des États-Unis.
Sur son site internet de campagne, elle se présente comme descendante d'une famille d'esclaves d'une plantation de Géorgie, État au cœur du Sud profond marqué par l'esclavage, la ségrégation puis la lutte pour les droits civiques.
Elle avait dirigé la mairie d'Atlanta, la plus grande ville de l'État, entre 2018 et 2022.
- Une gouverneure et une sénatrice amérindiennes
Deb Haaland, membre de la tribu Laguna Pueblo, est devenue de son côté la première femme amérindienne à se hisser à la fonction de gouverneure, dans le Nouveau-Mexique (sud-ouest).
Elle avait déjà marqué l'histoire comme première Amérindienne à obtenir un portefeuille ministériel lorsqu'elle était devenue ministre chargée des terres fédérales sous l'ex-président Joe Biden.
Au nord du pays, dans le Minnesota, Peggy Flanagan a également franchi un cap symbolique en étant la première Amérindienne à faire son entrée au Sénat. Elle était jusque-là vice-gouverneure de l'État.
- Un sénateur musulman
Abdul El-Sayed, issu de l'aile gauche du parti démocrate, a remporté l'élection sénatoriale dans le Michigan (nord).
Ce médecin, fils d'immigrés égyptiens, deviendra ainsi le premier sénateur musulman des États-Unis.
Pendant la campagne, Donald Trump et ses partisans ont multiplié les attaques contre lui, l'accusant notamment, ainsi que sa famille, d'entretenir des liens avec les Frères musulmans et l'organisation jihadiste Al-Qaïda. L'appelant "Mohammed", le président américain l'a désigné comme "un sympathisant terroriste".
"A tous les enfants qui ont regardé cela le mois dernier, et à tous les parents qui ont eu du mal à expliquer pourquoi le président s'est ouvertement moqué de quelqu'un à cause de son nom ou de la façon dont il prie, dites-leur demain que les méchants ont perdu", a lancé le quadragénaire, lors de son discours de victoire.
Critique virulent du soutien américain à Israël, Abdul El-Sayed a également suscité l'hostilité d'une partie de la communauté juive, dans un État qui compte par ailleurs l'une des plus importantes populations arabo-américaines du pays.
- Un sénateur ouvertement homosexuel
Chris Pappas, élu dans le New Hampshire (nord-est), devient le premier sénateur ouvertement gay.
Âgé de 46 ans, issu d'une famille gréco-américaine connue dans l'État pour exploiter une chaîne de restaurants, Chris Pappas siégeait à la Chambre des représentants depuis janvier 2019.
Comme député, il s'était notamment illustré par son soutien à l'Equality Act, le grand projet de loi démocrate visant à inscrire dans le droit fédéral des protections contre les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle ou l'identité de genre.
Après sa victoire, il est apparu sur scène avec celui qu'il a décrit comme son "mari fantastique".
- Un président de la Chambre des représentants noir ?
L'actuel chef des députés démocrates, Hakeem Jeffries, est pressenti pour prendre le perchoir après la large victoire de son camp.
Il deviendrait ainsi le premier Afro-Américain à présider la Chambre des représentants.
- Des premières à l'échelle des États
La Floride (sud-est) a élu pour la première fois de son histoire un gouverneur noir, le républicain Byron Donalds.
A l'autre bout du pays, la Californie a porté au poste de gouverneur le démocrate Xavier Becerra, premier Hispanique à remporter le plus peuplé des États américains.
Ces résultats électoraux reflètent "un rejet massif de la haine et de la division", a estimé Bill Shiebler, directeur de la stratégie pour l'association citoyenne State Voices. "Ces nouveaux dirigeants ne surgissent pas du jour au lendemain", a-t-il souligné. "Ils sont issus de communautés qui s'organisent entre deux élections."
Déroute de Trump : les principales réactions
Europe
La large victoire des démocrates est "une excellente nouvelle pour la démocratie américaine", a déclaré mercredi le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot.
"C’est encore une démonstration qu’en démocratie, c’est le peuple qui écrit sa propre histoire et que personne, ni les algorithmes, ni les intérêts privés, ne peuvent le faire à sa place", a-t-il souligné.
Le ministre français a néanmoins mis en garde contre la tentation de se détourner "de la nécessité urgente et vitale, pour garantir notre indépendance nationale, de construire une Europe plus forte, plus prospère et plus démocratique, indépendamment des choix qui sont faits outre-Atlantique".
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, s’est félicité du "changement" après la victoire des démocrates aux élections américaines, exprimant l’espoir de nouvelles initiatives pour résoudre les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine.
"Le président Trump a accepté les résultats et je crois que le monde a désormais l’occasion de s’unir autour d’un enjeu qui nous concerne tous : le coût de la vie", a estimé le Premier ministre britannique travailliste, Andy Burnham. Cela sera "impossible […] tant que le conflit au Moyen-Orient ne sera pas résolu, tout comme celui en Ukraine, déclenché par la Russie", a-t-il ajouté.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a dit de son côté espérer que le prochain Congrès américain "exercera davantage de pression sur la Russie" sur la question de l’Ukraine. "Comme vous le savez, l’Europe et les États-Unis sont bien plus forts ensemble", a-t-elle souligné lors d’une conférence de presse.
"La vague ultra" s’écroule, a estimé de son côté le Premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sánchez. "Hier, la société américaine a voté contre les politiques qui ne font qu’appauvrir. Contre la haine. Contre le machisme. Contre le négationnisme climatique et contre les privilèges des élites. Cela s’est produit au Brésil. Cela vient de se produire aux États-Unis. Et cela se produira bientôt en Espagne", a écrit mercredi le dirigeant socialiste sur le réseau social X, en campagne pour les élections législatives anticipées du 29 novembre.
Iran
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a déclaré que ceux qui s’attendent à un changement de politique des États-Unis "se trompent lourdement". "Ceux qui nourrissent encore le moindre espoir de voir le comportement du système hégémonique changer à la faveur de changements partisans […] se trompent lourdement", a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur son site internet.
"La nation iranienne a infligé à Trump une défaite stratégique sur le champ de bataille et dans le détroit d’Ormuz — et une DÉFAITE POLITIQUE à Washington", a écrit sur X Mohsen Rezaei, le chef de la sécurité du pays.
"Par conscience ou à cause du coût de la vie, les Américains ont dit NON À LA GUERRE, et nous approuvons ce message", a de son côté écrit le négociateur en chef iranien dans les pourparlers avec les États-Unis, Mohammad Bagher Ghalibaf, dans un message sur son compte X.
Russie
Le Kremlin a dit espérer que le président américain Donald Trump poursuivrait ses efforts de médiation pour un règlement du conflit en Ukraine.
"Le président Trump reste en fonction et nous espérons sincèrement qu’il poursuivra également ses efforts en faveur de la paix", a déclaré Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence russe, cité par un média pro-Kremlin.
Chine
"Les élections de mi-mandat relèvent des affaires intérieures des États-Unis", a dit lors d’un point presse régulier une porte-parole des Affaires étrangères chinoises, Mao Ning.
"La Chine est disposée à continuer à travailler avec les États-Unis afin de préserver et d’appliquer l’important consensus dégagé par les deux chefs d’État, de renforcer la communication, de gérer les divergences comme il convient", a-t-elle déclaré.
Afrique
Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a dit mercredi s’attendre à une "nouvelle ère des relations internationales" après la victoire démocrate. "Je pense que cette nouvelle majorité va ouvrir le début d’une nouvelle ère dans les relations internationales"; a-t-il dit.
"Nous espérons que, sur le plan bilatéral, il y aura un rapprochement des points de vue qui nous permettra de trouver la bonne voie à suivre tant sur le plan géopolitique que sur les questions commerciales et d’investissement", a-t-il ajouté.
Amérique Latine
"Je voudrais souligner le triomphe de deux personnes d’origine mexicaine, le gouverneur élu de Californie et la gouverneure élue du Texas", a déclaré la présidente mexicaine de gauche, Claudia Sheinbaum, en référence aux démocrates Xavier Becerra et Gina Hinojosa.
"Nous sommes ravis que des mexico-américains qui vivent là-bas aient cette reconnaissance", a fait valoir la présidente mexicaine lors de sa conférence de presse quotidienne, ajoutant : "Nous recherchons toujours la meilleure relation possible avec les États-Unis, en garantissant le respect de notre souveraineté, de notre intégrité territoriale et d’une coopération sans subordination."
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