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    Pacifique
  • AFP | Crée le 09.08.2026 à 11h00 | Mis à jour le 09.08.2026 à 11h00
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    Warwick Hill, le propriétaire de la ferme Humpalicious, située dans le Sud de l’Australie, du côté d’Adélaïde. Photo AFP / William West
    Bien loin du désert d’Arabie d’où sont arrivés leurs ancêtres, des centaines de milliers de dromadaires peuplent l’Outback, le vaste arrière-pays australien. Une source de revenus pour des habitants, désireux de partager leur passion pour l’animal.

    Importés comme moyens de transport au XIXe siècle par les colons britanniques, puis relâchés dans la nature avec les progrès de l’automobile, les dromadaires seraient entre 300 000 et un million de spécimens en Australie, selon les estimations.

    Nombre d’entre eux sont sauvages et sillonnent l’Outback en causant parfois des problèmes : certains rivalisent avec le bétail pour la nourriture, détruisent des clôtures, souillent des points d’eau ou endommagent des sites culturels aborigènes, d’après les autorités.

    En l’absence de régulation, la population de dromadaires pourrait doubler tous les huit ans, d’après le ministère du Secteur primaire d’Australie-Méridionale. Leur nombre est donc contrôlé par des opérations de rassemblement, d’abattage et de capture près de points d’eau.

    Lait et bière

    Mais domestiqués, ces camélidés représentent aussi un marché, certes modeste. Des éleveurs australiens vendent leur lait et parfois même ces animaux : 68 ont déjà été expédiés en 2026 vers la Malaisie ou l’Indonésie. Au total, les exportations de viande de dromadaire s’élevaient à plus de 284 millions de francs (3,9 millions de dollars) en 2024, selon les données disponibles.

    À Robe, dans le sud de l’Australie, Warwick Hill vante les mérites de ces animaux bossus : "On les domestique très facilement", explique l’ancien marin depuis sa ferme nommée Humpalicious ("hump" signifiant "bosse").

    Le lait de dromadaire, qu’il propose pour tout de même 1 432 francs le litre, présente de nombreux bienfaits pour la santé, assure-t-il, en particulier pour les personnes souffrant d’allergies. Un produit de bien meilleure qualité par rapport aux options grand public "trop transformées", avance-t-il. Les ventes de lait restant modestes, la ferme a aussi misé sur le tourisme, entre visites et gîte. "Le prix (du lait) est prohibitif", reconnaît Warwick Hill, mettant en avant les coûts de main-d’œuvre et la production laitière relativement faible de ces mammifères.

    Non loin de là, une brasserie, la Robe Town Brewery, a eu une idée singulière. Non seulement les dromadaires de la ferme de Warwick Hill sont nourris de résidus des céréales utilisées pour le travail de brassage, mais leurs excréments sont ensuite utilisés pour fumer le malt. En ressort une bière "riche, brune et très fumée" à 8,2 %, la "Holy Smokes". "En réalité, son goût et son odeur rappellent davantage un malt fumé à la tourbe", veut rassurer le brasseur Maris Biezaitis.

    Courses de vitesse

    Plus au nord, des dromadaires sont, eux, les stars d’une course annuelle, la Marree Camel Cup. Des centaines de spectateurs assistent d’ordinaire à l’événement organisé dans la localité de Marree, où les camélidés s’affrontent lors de courses de vitesse. Le trophée de la dernière a été remporté par Young Gun, un dromadaire monté par Patrick Dennis.


    Une course de vitesse de dromadaires. Photo AFP / William West

    Joanne Bell a concouru en tant que jockey pour la première fois, un rêve pour elle, malgré une chute lors de l’événement. "Un jockey est un jockey, que ce soit avec un dromadaire ou un cheval", dit cette femme de 50 ans. "J’adore (ce type de course), parce que c’est tout simplement quelque chose de différent", raconte Kyrraley Woodhouse, une jockey de courses de dromadaires. Le secret, c’est de choisir un compagnon de course avec la bonne personnalité, explique-t-elle : "il faut un petit peu de tempérament, un petit peu de feu" en lui.

    Des chameliers, pour beaucoup d’Afghanistan ou du reste de l’Asie centrale ou d’Asie du Sud, sont arrivés en Australie dans les années 1860. Certains de leurs descendants habitent Marree, comme Greg Burk, dont l’arrière-grand-père s’est installé dans le pays dans les années 1880. "La raison pour laquelle les dromadaires ont été amenés ici, c’est parce qu’ils étaient très résistants, explique Greg Burk. Les dromadaires sont toujours chers à mon cœur."

    Depuis sa ferme, Warwick Hill dit espérer que les initiatives des amoureux des dromadaires comme lui permettent d’apprendre à tous à apprécier ces animaux parfois mal-aimés. "Ce sont des animaux vraiment sympathiques, témoigne-t-il. Les gens viennent ici et découvrent 50 dromadaires bien élevés, très gentils et affectueux."

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