- A.F.P. | Crée le 21.09.2026 à 09h07 | Mis à jour le 21.09.2026 à 09h07ImprimerDes jeunes passent l’après-midi sur la plage de Bondi, à Sydney, ce vendredi 18 septembre. Photo : AFP/ Xiaou YinAlors que le gouvernement australien vient de déclarer vouloir sa législation sur l’obtention et la prolongation des permis de vacances-travail (PVT), très populaires, cette annonce à prix de court de nombreux jeunes en séjour sur l’île Continent. Reportage à Bondi beach, à Sydney.
Le Britannique Johnny Gibbs est en Australie depuis six mois, entre sessions de surf et travail à temps partiel, à l’image d’innombrables autres jeunes attirés par les plages immaculées du pays et son art de vivre décontracté. Il fait partie des milliers de personnes qui s’aventurent au pays des kangourous grâce aux permis vacances-travail (PVT), qui permettent de visiter l’Australie et d’y travailler pendant une durée pouvant aller jusqu’à trois ans.
Mais leur avenir est désormais incertain, à la suite de l’annonce par le gouvernement de son intention de réduire le nombre de visas délivrés et de placer en détention les touristes qui dépassent la durée autorisée de leur séjour.
"Dans beaucoup d’endroits, on ne peut pas surfer et travailler en même temps, donc ici c’est en quelque sorte parfait. Ils n’y perdent pas grand-chose à faire venir des gens pour travailler dans leur pays", confie Johnny, sa planche de surf encore humide après une baignade de l’après-midi sur la célèbre plage de Bondi, à Sydney. Ce natif de Croydon à Londres, âgé de 22 ans, déclare avoir "exercé beaucoup de métiers différents grâce au visa vacances-travail". "Je ne suis pas une personne nuisible. Je ne fais que du bien", ajoute-t-il.
En tant que Britannique, Johnny a de la chance : il n’est pas concerné par ces changements grâce à un accord entre Londres et Canberra, mais les autres devront patienter. Le ministre australien de l’Intérieur, Tony Burke, a déclaré cette semaine que le traitement des demandes de visa vacances-travail en attente en provenance du Royaume-Uni continuerait à avancer lentement, après un nombre record de 80 000 demandes l’année dernière.
Pour les autres nationalités, Canberra a précisé que le nombre de visas pour une deuxième année de séjour serait ramené à 45 000, contre 57 000 l’année dernière, et que les demandeurs seraient tenus d’effectuer 88 jours de travail en zones rurales ou éloignées. Ceux qui souhaitent rester une troisième année devront participer à un tirage au sort, seules 5 000 places étant disponibles.
"Rentrer chez moi"
Le parti travailliste au pouvoir en Australie nie dur comme fer resserrer ses règles en matière de visas pour contrer la montée de l’extrême droite, avec le parti One Nation qui est désormais l’une des formations les plus populaires du pays et promet de tailler drastiquement dans l’immigration.
Graham Carson, 55 ans, un avocat australien qui prend un bain de soleil avec sa famille, estime que ces mesures répressives sont "ironiques" : "Nous renvoyons des criminels en Angleterre, ce qui, d’une certaine manière, est plutôt drôle, étant donné que c’était eux qui envoyaient leurs bagnards chez nous."
Pour certains sur la plage de Bondi, ce durcissement est une surprise. "C’était peut-être la mauvaise impression que j’avais de l’Australie, mais je pensais qu’ils étaient très ouverts", glisse Stina Svensson, 27 ans, originaire de Göteborg, en Suède. Elle et son amie Alva Johansson sont en Australie grâce à un visa vacances-travail. Elles ne travaillent pas encore, mais espèrent le faire bientôt. "Les gens disent le plus grand bien de ce programme et j’ai l’impression que c’est aussi bon pour l’Australie", commente la jeune femme. "On voulait juste trouver un travail sympa et classique au début, puis faire du travail en région ou dans des fermes, mais là, on n’a plus envie de le faire, parce qu’on ne sait même pas si on obtiendra une deuxième année."
Son amie Alva a indiqué que ces nouvelles règles signifiaient probablement qu’elle écourterait son séjour. "On voulait rester avant que tout cela ne sorte, mais maintenant, je pense que je vais rentrer chez moi." Son amie Stima conclut ainsi : "Je pense qu’on préférerait plutôt aller dans le sud de l’Europe alors, parce que c’est tout simplement plus simple."
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