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  • Anthony Tejero | Crée le 24.01.2024 à 12h23 | Mis à jour le 24.01.2024 à 15h47
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    Assaï est venu, avec Françoise et Florence, glaner de précieuses informations à la province Sud, ce mercredi matin, pour préparer leur départ vers l’Hexagone. Photo Anthony Tejero
    Une cinquantaine de jeunes qui s’apprêtent à poursuivre leurs études dans l’Hexagone ont participé à une réunion d’information de la province Sud, ce mercredi matin, pour connaître les aides et le suivi auxquels ils ont droit avant ce grand saut vers l’inconnu. Témoignages de Calédoniens chez qui excitation et appréhension se mêlent.

    "C’est la première fois que je vais partir de Nouvelle-Calédonie et je suis très content de découvrir autre chose, d’autres cultures", glisse, tout sourire, Assaï Romone, à la sortie de la réunion d’information de la province Sud pour les étudiants qui s’apprêtent à poursuivre leurs études supérieures dans l’Hexagone. Une première prise de contact jugée "essentielle" pour que ces jeunes Calédoniens bénéficient d’un suivi individualisé avant de se lancer dans ce grand saut vers l’inconnu pour la majorité d’entre eux.

    "Cela m’a vraiment rassuré de voir que nous serons bien encadrés pour toutes nos démarches, pour savoir comment accéder aux aides y compris quand nous serons là-bas, explique le jeune Dumbéen de 19 ans, qui compte suivre un BTS ou un DUT, à Strasbourg. Je suis d’origine vanuatais et je ne connais que les cultures d’Océanie, j’ai vraiment hâte de voir de mes propres yeux l’Europe, qui est un monde que je ne connais pas du tout."

    "Je n’ai aucune famille là-bas"

    De son côté, Sherilyn Soekatma a une autre priorité : s’organiser au mieux pour tenter de ne pas se laisser submerger par l’appréhension : "Au contraire de mon conjoint avec qui je pars, je n’ai aucune famille là-bas. C’est donc très rassurant d’apprendre que la province met en place des personnes qui nous attendent sur place et qui se donnent la peine de nous accompagner jusqu’à notre ville d'étude. J’aimerais avoir une personne pour m’aider notamment à l’ouverture d’un compte en banque, pour la sécurité sociale et le logement, explique cette Mondorienne de 21 ans, qui a poursuivi jusqu’au bout ses études à l’Université de Nouvelle-Calédonie et n’a plus d’autres choix que de partir pour finaliser son cursus. Je suis actuellement un master 1 en LLCER (langues, littératures et civilisations étrangères et régionales) à distance à Paris Sorbonne et je m’oriente vers un master 2 en journalisme bilingue. Je dois partir car les cours vont devenir très pratiques."


    Sherilyn va partir à Paris avec son compagnon Tamiano, qui compte également poursuivre ses études supérieures. Photo Anthony Tejero

    C’est pourquoi la jeune femme préfère ne pas laisser de place à l’improvisation, une fois dans l'Hexagone : "Je suis quelqu’un d’organisée. Ça fait déjà six mois que je prépare le départ alors qu’il n’est prévu que dans six mois. Vu que c’est loin, que je n’y suis jamais allée, je conseille à tout le monde de faire des listes, de préparer les papiers en avance, de faire des porte-documents sur l’ordinateur pour ne plus avoir à demander à la famille d’envoyer un scan de ci ou de ça. Je préfère être prête bien en amont car je m’évite ainsi des crises de panique et d’anxiété, confie Sherilyn. Cette réunion m’a rassuré. Je vais arriver dans la capitale en plein JO et ça me fait déjà peur. Mais je vais me lancer."

    L’étudiante pourra également sans doute compter sur la solidarité des étudiants calédoniens déjà sur place, dont la réputation n’est plus à faire.

    "Nous offrons un billet d'avion aller-retour, chaque année, pour l'ensemble des étudiants"


    Marie-Jo Barbier, présidente de la commission enseignement à la province Sud.

    Entretien avec Marie-Jo Barbier, présidente de la commission de l’enseignement à la province Sud.

    Quel était l’objectif de cette réunion ?

    Aujourd’hui, on a principalement rencontré les primo partants étudiants, des boursiers et des non-boursiers, de la province Sud qui vont poursuivre leurs études à partir de septembre 2024 en Métropole. Bien que nous suivions aussi les étudiants qui vont partir au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande, aux États-Unis, en Belgique ou en Espagne par exemple. Ce genre de réunion est important car on les rencontre pour la première fois, puis on va poursuivre leur accompagnement tout au long de leurs démarches.

    Quelles informations ont-elles été données ce matin ?

    Les informations qu’on leur a données concernent déjà les ateliers qui démarrent à partir de demain, jeudi, pour la préparation à leur départ c’est-à-dire l’inscription sur ParcousSup, les démarches pour leur billet d’avion, puis les ateliers qui seront prévus à leur arrivée, qui cette année, en raison des Jeux olympiques et paralympiques, n’auront pas lieu à Paris mais seront décentralisés sur Lyon. On a également fait part de l’importance d’arriver à l’heure car en Métropole, le train qui est en gare n’attendra pas l’étudiant calédonien. C’est ce que je leur répéterai jusqu’au mois d’août.

    La province Sud a lancé un nouveau dispositif pour offrir un billet d’avion à l’ensemble des étudiants. De quoi s’agit-il ?

    Le 21 décembre dernier, nous avons voté une délibération en assemblée de province pour offrir un billet d’avion à tous les étudiants qui partent aussi bien en Métropole, qu'en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Canada, aux États-Unis et partout en Europe. Ce billet d’avion sera donc également payé par la province Sud lorsque l’étudiant aura décidé de revenir en vacances universitaires sur le territoire, avec quelques conditions : soit faire du bénévolat dans une association ; soit effectuer un mois de stage dans une entreprise dans le cadre de ses études.

    Quelle sera la fréquence d’offre de ces billets d’avion ?

    Il s’agit d’un billet d’avion aller-retour, chaque année, pendant les vacances universitaires, c’est-à-dire que l’étudiant n’y aura pas droit s’il souhaite revenir pour les vacances de Noël, ce sera uniquement valable pour la période juillet-août.

    Quels sont les critères d’attribution ?

    On a créé un nouveau dispositif pour offrir un billet d’avion à chacun des étudiants de la province Sud.

    Cette décision part de quel constat ?

    Parce que vous avez des étudiants qui font 5, voire 7 ans à 10 ans d’études en Métropole et qui ne rentrent pas pendant les vacances universitaires. On a donc voulu faire plaisir à nos étudiants.

    Est-ce une manière de lutter contre le décrochage de certains étudiants qui ont du mal à supporter l’éloignement ?

    Effectivement. C’est une façon d’être au plus proche de nos étudiants. Certains dépriment, notamment durant l’hiver métropolitain auquel ils ne sont pas habitués. On se dit qu’ils ont besoin de revoir leur famille, c’est pourquoi on veut qu’ils puissent rentrer chaque année, avec des petites conditions à remplir en retour.

    Combien d’étudiants pourraient en bénéficier cette année ?

    Cela devrait concerner environ 320 étudiants.

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