France
  • Chloé Coupeau/AFP | Crée le 05.06.2019 à 09h39 | Mis à jour le 05.06.2019 à 09h39
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    Les troupes ont débarqué en Normandie le 6 juin 1944, entre deux tempêtes. Photo AFP
    HISTOIRE. De nombreux chefs d’Etat sont attendus pour le 75e anniversaire du Débarquement en Normandie. Avec une attention particulière aux derniers vétérans presque centenaires.

    « Cet anniversaire revêt une importance particulière parce que nos vétérans, ceux qui sont encore là, sont vraiment très âgés. Nous avons besoin de les honorer cette année particulièrement, explique Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées. Tous les pays engagés dans ces cérémonies sont très attentifs à honorer leurs vétérans. »

    Emotion 

    Les commémorations démarreront ce 5 juin avec une cérémonie britannique à Portsmouth en présence d’Emmanuel Macron et de la reine d’Angleterre. Ils assisteront à « l’embarquement des vétérans britanniques qui rejoindront la France en bateau ». Selon la presse locale britannique, les chefs d’Etat de tous les pays alliés ont été invités.

    Le 6 juin à 8 h 30, le président de la République et la Première ministre britannique Theresa May seront à Ver-sur-mer (Calvados) pour assister à la pose de la première pierre d’un mémorial britannique, dans lequel Londres a investi 23 millions d’euros. Une « cérémonie simple avec peu de monde mais beaucoup d’émotion », selon Mme Darrieussecq. Emmanuel Macron présidera également à 16 h 30 une cérémonie française à Colleville-Montgoméry (Calvados). « Nous souhaitons honorer les vétérans français, le commando Kieffer en particulier mais également les résistants locaux et tous ceux qui ont participé ou subi la bataille de Normandie », note la secrétaire d’Etat faisant allusion aux nombreux civils victimes des bombardements alliés.

    Point d’orgue des commémorations, la cérémonie internationale sera présidée par le Premier ministre Edouard Philippe. Près de 3 000 personnes sont attendues à 18 heures à Courseulles- sur-mer (Calvados). Berlin a été invité mais pas Vladimir Poutine. Absent de la cérémonie internationale pour une « question d’agenda » selon Mme Darrieussecq, le président Macron a cependant prévu plusieurs « gestes très très forts ».

    Une armada 

    Il sera « présent avec le président Trump à la cérémonie franco-américaine » prévue aussi le 6 juin vers 11 heures au cimetière américain de Colleville-sur-mer (Calvados), avant une rencontre bilatérale « a priori à Caen ». De 10 000 à 12 000 personnes sont attendues au cimetière américain. Le Premier ministre devrait recevoir en parallèle les autres chefs d’Etat à Bayeux ou à Caen. En 2014, pour le 70e anniversaire, 8 000 personnes avaient assisté à la cérémonie internationale présidée par François Hollande et 8 000 à la cérémonie franco-américaine en présence de Barack Obama.

    Près de 20 000 civils sont morts lors de la bataille de Normandie en 1944. Près de 3 000 d’entre eux ont perdu la vie le 6 juin, soit presque autant que de militaires alliés ce jour-là. Etape clé de la libération de l’Europe du joug nazi, le débarquement est le plus important de l’histoire par le nombre de navires engagés : 6 939 navires ont débarqué 132 700 hommes et 20 000 véhicules sur les plages de Normandie. 


    « La bataille de France a commencé »

    Le général Eisenhower s’adresse aux soldats à la veille de l’assaut. Photo RMN-Grand Palais

     

    Depuis 1941, Staline réclame un nouveau front à l'Ouest pour soulager la pression qu'exerce l'Allemagne contre les forces russes. Ce n'est qu'à partir de 1943 qu'un débarquement est envisagé. Mais les Alliés ne sont pas d'accord sur sa localisation. Roosevelt est partisan d'un débarquement sur les côtes françaises, alors que Churchill préfère une attaque surprise en IItalie. La décision finale est prise lors de la conférence de Téhéran, du 28 novembre au 1er décembre 1943, entre les trois grands dirigeants alliés : Roosevelt, Staline et Churchill. De Gaulle n’est pas mis au courant. Un débarquement en Normandie (opération Overlord) sera effectué en mai 1944. La région est choisie notamment pour sa ressemblance avec le littoral britannique, ce qui facilitera l’entraînement des troupes. En même temps, une opération de moins grande ampleur est prévue au sud de la France (opération Dragoon). Pour des raisons de logistique, l'assaut se fera à partir de l'Angleterre. Le commandement suprême de l'opération est confié au général américain Eisenhower. L'Angleterre se transforme alors en un immense camp militaire. et l'industrie alliée se met au service de l’effort de guerre. La date du 6 juin sera choisie car elle présente la seule fenêtre météo.

    Repères 

     

    Le face-à-face en chiffres Alliés

    Effectifs : 156 177 hommes (5 divisions d’infanterie et 3 divisions aéroportées) débarquent le jour J sur les plages ou dans les airs. 10 470 seront tués, blessés ou disparus.

    Aviation : pendant la seule journée du 6 juin, 11 500 appareils (dont 3 500 planeurs de transport, 5 000 chasseurs et 3 000 bombardiers) survolent les plages et déversent 11 912 tonnes de bombes sur les défenses allemandes. Les pertes seront faibles : 127 avions perdus et 63 endommagés.

    Force navale : l’opération engage 6 939 navires et la force de débarquement proprement dite comprend 4 126 navires et barges constitués en 47 convois. La flotte logistique comprend 736 navires auxiliaires et 864 navires marchands pour le transport de vivres, munitions et les hôpitaux flottants. 20 000 véhicules et un millier de chars sont transportés. L’escadre de combat dispose de 137 navires de guerre dont 7 cuirassés, une vingtaine de croiseurs, 221 destroyers, frégates, corvettes, 495 vedettes, 58 chasseurs de sous-marins, 287 dragueurs de mines, 4 poseurs de mines, 2 sous-marins.

    Forces allemandes

    Effectifs : un peu moins de 150 000 hommes de la 7e armée sont stationnés en Normandie et environ 50 000 dans la zone de débarquement. A proximité des plages, on compte une seule division blindée, la 21e, au sud-est de Caen, et 6 divisions d’infanterie. Deux autres divisions blindées, la 12e SS (Hitler-Jugend) et la division Panzer-Lehr, sont respectivement près d’Evreux et vers Alençon-Le Mans. Trois autres divisions — 1re SS, 2e et 16e — se tiennent au nord de la Seine près de Mons, Péronne et Senlis.

    Aviation : Une bonne partie des appareils a été envoyée sur le front de l’Est. Reste quelques dizaines de bombardiers et chasseurs.

    Marine : 30 vedettes, 4 destroyers, 9 torpilleurs, 35 sousmarins sont engagés.

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