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  • Ambre Tosunoglu/AFP | Crée le 16.05.2019 à 04h25 | Mis à jour le 16.05.2019 à 06h43
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    L’incendie de la cathédrale « a réveillé les consciences sur l’importance de notre patrimoine », note Christophe Girard, l’adjoint chargé de la culture à la mairie de Paris. Photo DR
    Patrimoine. Elle mesure 324 mètres, pèse 7 300 tonnes et attire chaque année plus de 7 millions de visiteurs : la tour Eiffel, vivement contestée lors de sa construction, est devenue le symbole de Paris.

    Elle a été ouverte le public le 15 mai 1889. Pour fêter cet anniversaire, la ville de Paris a invité hier 1 300 enfants à découvrir le monument et à écrire une carte postale dans le cadre du Festival « Paris’écrit ».

    Hier soir, après un concert gratuit de Jeanne Added, la maire Anne Hidalgo devait donner le coup d’envoi d’un spectacle lumineux qui sera aussi joué toutes les heures jusqu’à minuit ce soir et demain.

    Celle qui est célébrée dans le monde entier n’a pourtant pas toujours été aimée : sa construction s’est accompagnée d’une « polémique incroyable, de plaintes et de pétitions » d’opposants, rappelle l’adjoint chargé de la culture à la mairie de Paris, Christophe Girard.

    C’est à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1889, qui marquait le centenaire de la Révolution française, qu’un grand concours est lancé, remporté par l’industriel Gustave Eiffel, au grand dam de nombreux artistes de l’époque dont l’écrivain Guy de Maupassant.

     

    Une performance

    Construite en deux ans, deux mois et cinq jours, celle qui s’appuie sur plus de 18 000 pièces de fer est le symbole d’une performance technique et architecturale. Au XIXe siècle, « elle est le symbole d’une France qui rattrape sa puissance industrielle » et devient « le clou de l’exposition de 1889 », estime Bertrand Lemoine, architecte et historien. Depuis, sa renommée ne cesse de grandir, attirant chaque année plus de 20 millions d’admirateurs de toutes origines pressés de l’observer, parfois de la gravir et l’immortaliser.

     

    Elle a battu Jeanne Calment

    « La tour Eiffel est un passage obligé », estime Laurie, venue du Canada. Comme elle, Regina Rossmann, une Allemande de 46 ans, n’a pas hésité une seule seconde à revenir avec ses enfants même si, « par rapport à il y a 20 ans, le prix du billet coûte cher » : 9,70 euros pour un jeune, de 12 à 24 ans et 19,40 euros pour un adulte, pour accéder au sommet au moyen d’un ascenseur et d’escaliers.

    « Depuis l’incident de Notre-Dame, on se rend compte que les monuments sont fragiles et que des accidents peuvent arriver », ajoute Greta Rama, 23 ans, Albanaise qui vit à Bruxelles. « C’est une réalisation, qui en dépit des années, a de plus en plus de succès », relève aussi Agnès Sorlier, 59 ans, une Parisienne dont le bureau donne sur la Dame de fer, qui avoue pourtant, un peu gênée, qu’elle « ne la regarde plus ». Las. La Dame de fer, qui a dépassé Jeanne Calment, décédée à 122 ans, fatigue et souffre d’une « saturation » de visiteurs. Sa peinture devrait bientôt être rafraîchie, « pour la 18e fois depuis son origine, alors que l’accumulation de couches pose problème », explique le spécialiste Bertrand Lemoine. Au fil des années, elle a aussi trouvé une place sur la scène internationale en portant des messages politiques, voire humanistes, comme en attestent les nombreuses fois où elle s’éteint en hommage aux victimes de terrorisme ou aux sinistrés. En 1900, alors que l’effet de mode était passé, il y avait un risque que la Tour soit détruite. Mais, Eiffel qui avait conscience de cette fragilité a démontré son utilité : sa tour a servi d’antenne de radio. Dès lors, il y avait un intérêt stratégique et militaire à la conserver.

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