Grand Nouméa
  • Gaëlle Grès / gaelle.gres@lnc.nc | Crée le 01.02.2018 à 04h25 | Mis à jour le 01.02.2018 à 08h33
    Imprimer
    Pour l’heure, l’unique ponton du port contient 48 emplacements à flots. Sept paires de chaînes de plusieurs tonnes de corps-morts sont positionnées au fond de l’eau, tout au long du ponton, afin de le stabiliser. Photos G.G.
    Mont-Dore. Chaque semaine, découvrez les dessous d’une structure, privée ou publique, connue ou peu connue des Calédoniens. Aujourd’hui, direction la marina de Boulari. Exploité depuis 2004 par la Sodemo, le port accueille 148 bateaux pour différents services.

    Ce week-end-là, le port est étrangement calme. Les plaisanciers viennent habituellement très tôt pour profiter d’une belle journée en mer. Mais la dépression tropicale en approche en a refroidi plus d’un. La matinée s’annonce donc plutôt tranquille pour Didier Schmidt. « On a fait le gros du boulot il y a trois jours déjà avec la vérification des systèmes d’amarrage », confie le responsable technique et maintenance de la Sodemo, qui est plutôt serein. « Avant l’arrivée de la saison cyclonique, on fait toujours des tests, notamment avec le contrôle des aussières. Il y a tout un protocole bien établi », rappelle-t-il. Sur le port à sec, une grande partie des plaisanciers s’étaient d’ailleurs préparés. Des bâches recouvrent les bateaux retenus par de grosses sangles.

     

    Carburant et pointage

    Construite en 2003, la marina de Boulari est gérée depuis 2004 par la Sodemo, une société d’économie mixte. Le port, situé derrière le marché, contient 148 places, 58 à flot et 90 à sec, et va bientôt être agrandi (lire ci-contre). Dans la capitainerie, deux agents se relaient sept jours sur sept. « Attention, il n’est pas responsable des bateaux. C’est un lieu qui reste privé », précise Fabienne Bonnace, responsable administrative et financière de la Sodemo. « Il est là pour vérifier que tous les bateaux censés être sur le pont sont bien sur le pont. »

    Accueil, carburant ou maintenance. Si la marina de Boulari reste petite comparée à celle de Port-Moselle, les services proposés sont les mêmes. À commencer par le « pointage » physique de tous les bateaux du port. « Si un seul manque à l’appel alors qu’il n’a pas signalé son départ, nous avons un système d’alerte à enclencher. Mais, à Boulari, il n’y a jamais eu de problème de ce type », confie Didier Schmidt. Sur le ponton A, l’unique ponton à flot, l’agent de port vérifie également les installations électriques et les compteurs d’eau. Si les bateaux sont des lieux privés, l’agent peut cependant prendre la décision de monter à bord d’une embarcation, en cas d’urgence. « Cela peut être à cause d’une voie d’eau ou d’un incendie. Tout ce qui peut mettre en péril les installations du port est une urgence. Mais ce n’est jamais arrivé à Boulari », souligne encore le responsable technique, avant de continuer sa petite inspection.

    Chaque matin, Didier, ou l’agent de permanence, vérifie également le niveau des cuves de carburant de la petite station-service implantée au fond du port. Les bateaux viennent ici se recharger en fuel. Une opération effectuée uniquement par l’agent. Question de sécurité oblige. « Ce service n’est pas réservé qu’aux clients de la marina. C’est une station publique. Les pêcheurs et les professionnels de l’extérieur peuvent venir se ravitailler », rappelle Didier Schmidt. « On reçoit d’ailleurs beaucoup de pêcheurs de l’île Ouen et de Plum car nous sommes le seul point de ravitaillement maritime du sud. »

    Juste à côté du ponton, la cale de mise à l’eau attend les premiers passages du jour. Chaque semaine, un entretien est effectué pour enlever les particules qui s’y déposent, à chaque marée montante et descendante, et qui rendent l’accès très glissant. « On utilise une machine appelée “cyclone?? qui envoie de l’eau sous pression », explique Didier Schmidt. « On a aussi dix jours dans l’année pour pouvoir nettoyer les deux derniers mètres de la cale, qui fait vingt mètres par douze. Car la marée est propice seulement durant ces quelques jours. »

    Entre deux services aux clients, l’agent s’occupe aussi de la maintenance habituelle du port (déchets, réparation et entretien des espaces verts) en étant parfois observé par Boulari. Cette chatte noire et blanche est devenue la mascotte de la marina depuis qu’elle y a pris ses quartiers. Avec elle, un seul marin habite, d’ailleurs, tout au long de l’année à la marina.

     

    Repères

    La marina va s’agrandir
    Très longtemps reportés, les travaux d’extension de la marina de Boulari devraient enfin commencer au mois de mars. La Secal, l’aménageur du port, va créer du foncier supplémentaire et ainsi augmenter la capacité du port. Près de 25 000 tonnes de coraux morts seront excavées afin de remblayer le port mais également l’îlot Mangrove, à côté de la mairie. Au total, quatre-vingt-dix places supplémentaires seront créées, dont une soixantaine à flot. L’extension de la marina est attendue depuis plusieurs années maintenant. Tous les ports du Grand Nouméa étant déjà complets.

    Pas de permanences administratives
    Outre le contrôle des aussières de sécurité, juste avant la saison cyclonique, les propriétaires de bateaux doivent se déplacer à la capitainerie une fois par an pour renouveler leur contrat de location et l’accès au port. Mais pour les plaisanciers de Boulari, il faut se déplacer à Port-Moselle. « Nous avons mis une permanence à une époque car c’était une revendication des plaisanciers. Au final, on a abandonné l’idée car il n’y avait pas suffisamment de mouvement pour la maintenir », explique Fabienne Bonnace, responsable administrative.

  • MEDIAS ASSOCIÉS
  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS