Grand Nouméa
  • Gédéon Richard | Crée le 03.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 03.04.2019 à 09h42
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    Après la démission d’Eric Gay, le 21 mars, il paraissait logique qu’Eddie Lecourieux lui succède. Photos Thierry Perron
    Mont-Dore. Fidèle de Pierre Frogier, puis d’Eric Gay, Eddie Lecourieux lui a succédé, hier, au poste de maire. Discret, homme du sérail aussi bien que de terrain, il a commencé sa carrière comme policier municipal, en 1985.

    L’accent bien audible, le franc-parler qui l’accompagne, avec Eddie Lecourieux comme maire, les Mondoriens ne seront pas dépaysés. L’homme, sympathique et au caractère aussi affirmé que son sens du dialogue n’est pas sans rappeler Eric Gay, son prédécesseur.

    Né le 2 septembre 1962 à Nouméa, Eddie Lecourieux est le septième d’une famille de dix enfants. Elevé par sa mère, il n’a jamais connu son père. Titulaire d’un bac F4 passé au lycée technique, il poursuit par un BEP dessinateur en bâtiment au lycée Pétro-Attiti. Parti en Métropole pour faire son service militaire à Saumur (Maine-et-Loire), il ambitionne un temps d’y poursuivre ses études, avant de devoir rentrer en Nouvelle-Calédonie, en décembre 1983.

    D’abord peintre en bâtiment, il se laisse convaincre par son ami Daniel Togna et le maire d’alors, Victorin Boewa, de postuler à la police municipale. Après avoir réussi le concours, il l’intègre le 1er avril 1985. « Bizarrement, ça m’a plu, parce que ça demande beaucoup de rigueur et de droiture », sourit-il. Après sa rencontre avec Pierre Frogier, qui succède à Victorin Boewa à la tête de la ville au décès de ce dernier, Eddie Lecourieux intègre le Rassemblement pour la Calédonie dans la République en 1987. Après dix ans de service en patrouille dans les rues, il évolue et intègre le service de l’urbanisme, en 1995. Durant plusieurs années, le logement est en plein boom sur la commune et les premiers programmes de logements sociaux sont lancés.

    Les arcanes du pouvoir

    Toujours sous le giron de Pierre Frogier, il le suit au gouvernement. Attaché de cabinet placé sous l’égide de Bernard Deladrière [aujourd’hui son troisième adjoint], il est chargé de l’équipement, du sport et de l’agriculture. En 2007, il suit de nouveau Pierre Frogier, qui prend la présidence du Congrès et rejoint le service du protocole. L’année suivante, Eddie Lecourieux retourne à la mairie du Mont-Dore, et devient 7e adjoint d’Eric Gay, chargé de l’urbanisme, de l’environnement et des mines. Ce qui ne l’empêche pas, toujours fidèle à Pierre Frogier, de l’accompagner, une nouvelle fois, à la présidence de la province Sud, en tant qu’adjoint de cabinet, en 2009.

    C’est à l’issue des municipales de 2014 qu’Eric Gay en fait son premier adjoint et le nomme à la sécurité. Un poste central, incontournable, d’autant que, dans la foulée, Eddie assure un intérim alors que Saint-Louis s’embrase. « Cela a été l’horreur, nous ne dormions plus, c’était l’apocalypse », rappelle-t-il. Rivières qui débordent, arbres qui tombent, incendies, accidents, il découvre le côté désagréable de la fonction, se dit qu’il ne se présentera jamais « parce qu’un maire est toujours le premier éclaboussé ». Mais patiemment, il se forme et gère les situations les unes après les autres. Avec la même approche humaine qu’Eric Gay, qui lui confie progressivement de plus en plus de responsabilités.

    La succession a définitivement été actée en novembre dernier, après qu’Eddie n’eut mis que 48 heures à régler les débordements post-référendum qui bloquèrent la RP1.

    Une élection sans surprise mais sous forme de plébiscite

    Grand-messe de l’Avenir en confiance, hier, en salle des fêtes. Willy Gatuhau, Georges Naturel, Thierry Santa et Eric Gay, pour ne citer qu’eux, étaient au premier rang pour suivre l’élection du nouveau maire.

    Unique candidat à se déclarer, Eddie Lecourieux a été élu à la majorité absolue, dès le premier tour. Sur les 35 conseillers municipaux votant, il a obtenu 29 voix. C’est-à-dire avec le soutien de deux élus indépendantistes de la liste Bien vivre au Mont-Dore pour une nation arc-en-ciel. Seuls les six conseillers Calédonie ensemble, conduits par Monique Jandot ont voté blanc. Sans suspense, cette première élection a été bouclée en moins de vingt minutes, avant qu’un nouveau scrutin ne s’organise, dans la foulée, pour désigner les dix adjoints. Et là encore, seul le Front pour l’unité - Rassemblement UMP a déposé une liste. Une liste élue suivant le même ratio que précédemment et en un temps tout aussi record. Il ne restait plus aux Mondoriens, aux sympathisants, aux fidèles, aux élus, aux amis et à la famille d’Eddie Lecourieux qu’à gagner la Case des communautés pour célébrer l’événement dans la joie.

    Repères

    Les dix adjoints

    1er adjoint : Maurice Pelage

    2e adjointe : Ana Logologofolau

    3e adjoint : Bernard Deladrière

    4e adjointe : Pascale Poaniewa

    5e adjoint : Jean-Jacques Afchain

    6e adjointe : Marie-Hélène Katé

    7e adjoint : Claude Sakoumory

    8e adjointe : Claudine Verger

    9e adjoint : Guy Guépy

    10e adjointe : Vaéa Frogier

    Une nouvelle élue

    C’est Marguerite Filimohahau, suivante de liste du groupe Front pour l’unité - Rassemblement UMP, qui prend numériquement la place d’Eric Gay au sein du conseil municipal.

    Les réactions

    Virginie Ruffenach (Le Rassemblement) : « C’est un choix qui relève de la logique, de l’engagement et de l’investissement d’Eddie Lecourieux depuis de très nombreuses années, auprès du maire, et au bénéfice des populations du Mont-Dore. Cela ne s’improvise pas. Il y a de très grands enjeux et il a montré toutes les qualités humaines qui sont les siennes et qui font de lui un successeur à la hauteur. Le parcours d’Eddie est celui de la fidélité au sein du Rassemblement. Il a toujours défendu des idées fortes, une société multiculturelle à laquelle nous sommes tant attachés. »

    Monique Jandot (Calédonie ensemble) : « C’est un vote d’opposition, parce que nous sommes dans l’opposition, mais pour autant cela ne nous empêchera pas de travailler. Quelquefois, il faut aller au-delà des clivages et travailler ensemble. C’est un vote logique, politique, parce qu’il y a une position à avoir, mais cela ne me choque pas. »

    Jean-Irénée Boano (FLNKS) : « Cela peut étonner, mais nous restons dans la continuité du travail et du dialogue qui ont été engagés depuis cinq ans. Je suis conseiller depuis 2003, c’est mon troisième mandat et c’est vraiment une continuité. »

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