Grand Nouméa
  • Aurélia Dumté | Crée le 12.02.2018 à 04h25 | Mis à jour le 12.02.2018 à 04h25
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    Pascale et Bogus, des clients réguliers, discutent avec Marie-Clothilde. Pendant ce temps, la jeune Louann tient son stand de brocante. Et Madeleine et Christine, au premier plan, bavardent. Peu de légumes en ce jour d’ouverture, mais samedi prochain, ce Photos A.D.
    MONt-Dore. Le marché des femmes de Saint-Louis avait pris quelques vacances. La dizaine de femmes qui y tiennent un stand étaient de retour samedi. Produits frais, bougna, rires… un « marché cool ».

    Il est 10 heures du matin. Un bruit typique se fait entendre. Un pop. Une petite bouteille de blanc est débouchée. C’est l’heure de l’apéro. C’est surtout l’heure de fêter la reprise du petit marché des femmes de Saint-Louis. Après quelques semaines de vacances, les « mamies », comme elles se nomment elles-mêmes, reprennent leurs habitudes. « À 2018 ! » trinquent-elles, ravies.


    Système Débrouille

    Elles sont une dizaine à avoir pris possession de cet espace, bâti il y a dix ans par la municipalité, sur terre coutumière. Le marché est installé sur le terrain de Marie-Clothilde, dite Clo. C’est elle qui gère les aspects logistiques : toilettes, eau, électricité… « C’est la boss », s’amusent à dire les autres femmes. Propos balayés de la main par Clo. Car ici, pas de chef, pas de présidente. Pas même d’association pour gérer le tout. « Cela fait onze ans qu’on existe, pourquoi on ferait une association ? » sourit Marie-Clothilde. Les femmes versent 1500 francs par mois à la propriétaire des lieux, « pour payer les charges, précise Marie-Losa, arrivée dans l’équipe en 2010. Et puis, de temps en temps, on fait un petit bingo entre nous, ce qui nous permet de financer quelques travaux. C’est le système débrouille ! » Au marché de la Réserve de Saint-Louis, pas de prise de tête. « On commence vers 7 h 30, 8 heures, c’est marché cool ! » lance, nonchalante, Marie-Clothilde. Cool, d’accord, mais les femmes ne ratent pas un samedi pour autant. Même « lorsqu’il y a eu les événements à Saint-Louis, ou les blocages de la route, on était là. Malgré les difficultés, on tient toujours », assure Clo.


    Des Prix défiant toute concurrence

    Samedi, jour de reprise, pas de légumes sur les étals. Faute à la météo. « Sécheresse, puis trop de pluie, y a plus de légumes, regrette Marie-Lossa. Ils sont trop chers, et nous, on ne vend pas au-dessus de 500 francs le kilo ! » Un constat partagé également par Pascale et Bogus, des clients très réguliers. Tellement habitués qu’ici, ils font la bise à tout le monde. « On habite à Plum, alors quand on passe, on s’arrête, on prend des légumes, du bougna, et surtout, on rigole ! raconte le couple. Ici, ce n’est pas comme les autres marchés, il y a des jours où on s’arrête, mais on ne prend rien, on vient simplement dire bonjour. Et puis il y a des légumes à prix défiant toute concurrence ! Et des légumes que l’on ne trouve pas partout. »

    Sur les étals du marché des femmes, les visiteurs peuvent trouver des plantes, des fruits et des légumes, des confitures, des sirops, des achards, des plats préparés, de la brocante, des brochettes. Mais surtout, des parts de bougna marmite. Et sur commande, même du bougna traditionnel. Chacune a sa spécialité et pour les brochettes et le bougna, « ça tourne. ». Des stands qui représentent « beaucoup de travail, et c’est fatigant. » Ici, tout le monde est à égalité. En même temps : « on est toutes cousines ! » Et puis le marché, c’est bien pour arrondir ses fins de mois, mais les femmes viennent surtout « pour se voir, assure Christine. On discute, on chante, on danse, on rigole. On rencontre les clients, ils viennent nous voir, parfois ils nous offrent une petite bouteille. »

    Le marché des femmes de Saint-Louis, à la Réserve, tous les samedis de 7 h 30 à 14 heures. Sur commande une semaine à l’avance : bougna traditionnel : 80 61 17
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