Grand Nouméa
  • Aurélia Dumté | Crée le 19.01.2018 à 04h25 | Mis à jour le 19.01.2018 à 07h58
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    Hier, Patrick, maraîcher, a pris son pick-up pour aller constater les dégâts sur le terrain. Il loue ses parcelles à Noëlla. La dame a perdu une baraque (en photo), dans laquelle étaient stockées des tonnes de bois pour la construction d’un chalet. Photos A.D.
    Mont-Dore. Les incendies qui ont sévi dans le sud de la commune ont fortement fragilisé des exploitations agricoles de Mouirange et de La Coulée, détruisant les systèmes d’irrigation et du matériel. L’heure est au bilan, dans l’attente d’aides potentielles.

    C’est surtout l’odeur qui reste. Une odeur de braises mouillées. Car après les gros incendies qui ont ravagé le sud de la commune en fin de semaine dernière, la pluie est arrivée hier matin très violemment. Détrempant la terre brûlée. Les bois calcinés. Les matériaux agricoles carbonisés.

    Certains agriculteurs de La Coulée et de Mouirange ont vu le feu de très près. Trop près. Chez Noëlla Cochart, en face de la zone industrielle de La Coulée, le feu a encerclé entièrement les habitations et les cultures. Heureusement préservées grâce au travail des pompiers, « Ils étaient partout ! » soulignent, impressionnés et reconnaissants, Noëlla et son voisin Patrick, maraîcher. Mais s’ils étaient partout, c’est parce que « le feu était partout autour de nous, nous étions enfumés » se souvient Noëlla. « Nous avions le sentiment d’être encerclés », confirme Patrick.

     

    Seaux de terre

    Et en effet, les flammes ont léché la maison de Noëlla, « nous n’avions plus d’eau, nous nous sommes débrouillés avec des seaux de terre pour tenter d’éteindre le feu », raconte la propriétaire. « Nous, notre maison, ça va. Je l’avais beaucoup arrosée avant », explique Patrick. Malgré tout, le maraîcher a passé la première nuit de l’incendie dans son van, avec sa femme et ses deux enfants, dont un bébé de six mois, et les affaires les plus importantes. « Nous étions inquiets que cela reparte, et il y avait trop de fumée. Hier soir (mercredi soir, NDLR), c’était la première nuit où l’on a bien dormi. » Sur cette exploitation agricole, du matériel est parti en fumée, le système d’irrigation a fondu, et même une petite baraque qui gardait plusieurs millions de francs de bois destinés à la construction d’un chalet. Mais pour Noëlla et son voisin Patrick, « certains ont plus besoin d’aide que nous. »

     

    Dans la précarité

    Bruno Pomina, à Mouirange, a beaucoup perdu dans les flammes. Sa voix se brise lorsqu’il en parle. L’homme a vu brûler sa chambre froide et son local à outils. Et le système d’irrigation, comme pour de nombreux exploitants. « Tout le matériel a brûlé, souffle l’agriculteur. Ce que l’on fait aujourd’hui, c’est précaire, je ne sais pas combien de temps on va tenir ».

    Car bien qu’hier la pluie inondait les champs et nettoyait la terre brûlée, lorsque les intempéries cesseront, il faudra de nouveau arroser les plantations. Mais avec quoi ? « Quand l’irrigation trinque, après, ce sont les légumes qui crèvent. La pluie ne va pas durer », souligne Claudine Verger, élue au Mont-Dore et à la Chambre d’agriculture, mais également agricultrice elle-même. La dame a effectué une tournée mardi et mercredi des exploitants sinistrés. « Ce sont surtout les systèmes d’irrigation et les tableaux électriques qui ont souffert ». Maintenant, après le feu, après la pluie, vient le temps de la reconstruction. « Le gouvernement nous a promis des aides, raconte Bruno Pomina, mais entre ce qui se dit et ce qui se fait, j’attends de voir. »

    Assurances et aides

    « Le constat, c’est que beaucoup d’agriculteurs touchés par les incendies ne sont pas assurés », explique Claudine Verger. La dame rendait visite aux sinistrés, mardi et mercredi, porteuse de ses deux casquettes : élue à la mairie du Mont-Dore et élue à la Chambre d’agriculture. D’autant que le feu a sévi sur des terres qu’elle connaît très bien, vu que l’incendie a pris à quelques centaines de mètres de sa propre exploitation agricole. « Nous devons faire un état des lieux de la situation, puis faire un rapport. Il sera remis à la mairie, à la province Sud et au gouvernement, et on va voir comment on pourra accompagner au mieux ces gens-là, » détaille Claudine Verger. « La Chambre d’agriculture et la mairie vont les accompagner déjà au niveau administratif. Les agriculteurs sont débordés de travail, ils n’ont pas le temps de s’occuper de la paperasse. »

    L’élue municipale et consulaire appelle les exploitants sinistrés, qui n’ont pas été visités et qui estiment avoir besoin de soutien au niveau administratif, à contacter ce numéro de téléphone : 24 31 60.

     

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    Vendredi 19/01/2018
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