Grand Nouméa
  • Anthony Tejero / anthony.tejero@lnc.nc | Crée le 02.02.2018 à 04h25 | Mis à jour le 02.02.2018 à 07h45
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    En dehors du temps scolaire, les jeunes des résidences aux alentours de Boulari ont fait de la médiathèque de Boulari leur nouveau Q.G. Si les postes informatiques ne désemplissent pas, les rayons de livres ne sont pas pour autant en reste. Photos A.T.
    Mont-Dore. Pour sa première année d’existence, la médiathèque de Boulari a reçu un beau cadeau : le label Case numérique du gouvernement. Une enveloppe de 3 millions permettra de développer l’équipement et les ateliers de ce lieu prisé des jeunes.

    Onze heures, un mercredi de vacances scolaires. L’ensemble des ordinateurs sont déjà pris d’assaut, et il faut jouer des coudes pour se faire une place de choix autour des postes informatiques. Scène somme toute banale dans la médiathèque de Boulari, qui après un an d’ouverture, est déjà (presque) victime de son succès. « On joue un rôle social très important dans le quartier. On est vraiment devenu un espace multimédia dédié à la jeunesse et aujourd’hui, on aurait besoin de pousser les murs. On rêve déjà d’un agrandissement, glisse Pablo Barri, le responsable de cette structure, toujours prêt à dégainer sa casquette d’animateur. Beaucoup de jeunes des quartiers populaires aux alentours passent quasiment toutes leurs vacances ici. Cela nous oblige à mettre en place des activités régulières et à en proposer de plus en plus. »

    C’est sans doute la raison pour laquelle la médiathèque de Boulari a retenu l’attention du gouvernement afin d’intégrer, avec celle de Kaala-Gomen, le programme Case numérique. Un sacré coup de pouce financier, à hauteur de trois millions de francs, qui permettra à l’établissement de se doter d’encore plus de matériel dernier cri, tout en renforçant le nombre et la qualité des animations. « Ce label vise à réduire la fracture numérique. Nous allons ainsi pouvoir acheter des caméras, des ordinateurs portables, mais également de l’équipement adapté aux différents types de handicap, détaille Pablo Barri. L’autre partie de cette enveloppe nous permettra de payer davantage d’intervenants afin d’animer les activités ici, mais aussi dans les structures du Pont-des-Français et de Plum. »

     

    Sonder la jeunesse

    De quoi continuer à capter un large public, à commencer par les jeunes qui rassemblent aujourd’hui plus de la moitié des 500 inscrits. « Il y en a certains que je vois plus dans la journée que leurs parents qui partent tôt et rentrent tard du travail. On capte beaucoup d’enfants et d’adolescents de La Conception jusqu’à Saint-Louis. On est ainsi devenu un haut-lieu de l’animation jeunesse et de l’éducation informelle, analyse le responsable. Les activités peuvent aussi être un bon moyen d’aborder la littérature. On organise par exemple des ateliers de débriefing de lectures. Et cette année, je souhaite également mettre en place des causeries et des temps de parole pour sonder la jeunesse afin de voir ce à quoi elle aspire. Je terminerai ces séances (et nous, cet article) par la phrase de Nelson Mandela : Tout ce qui est fait sans moi est fait contre moi ».

    Repères

     

    2 000 ouvrages

    La bibliothèque contient divers rayons, avec un accent mis sur les mangas, sur la BD, mais aussi sur l’histoire et la culture de Nouvelle-Calédonie et du Pacifique. « J’adapte les commandes en fonction des demandes. Mais je tiens aussi à rester connecté avec toutes les nouveautés qui sortent. On a reçu par exemple les lauréats du festival de BD d’Angoulême 2017 et on recevra ceux de l’édition 2018, précise Pablo Barri, qui préfère aussi jouer sur la complémentarité avec les autres structures. On incite quand même les gros lecteurs à aller aussi à la bibliothèque du Pont-des-Français, car c’est la maison mère du livre. Elle dispose d’un plus gros stock que nous. »

     

    Sur Internet

    La médiathèque dispose de sa chaîne Youtube. Son nom : LaBnde2LaMed B12BLR. Une douzaine de vidéos réalisées par ou avec des jeunes de la commune ont déjà été postées. Une page Facebook existe également et met en ligne, entre autres, le programme des ateliers et des événements.

     

    Ateliers

    Des ateliers d’informatique pour les seniors sont organisés, le mardi et le vendredi, de 9 heures à midi. Renseignements : 41 03 20.

    Des tournois de jeux vidéo sont organisés chaque samedi.

    D’autres ateliers sont mis en place sur demande : de la vidéo pour apprendre à créer des courts-métrages, du slam, du rap, de l’écriture et de la déclamation de textes, du graff, du dessin, etc.

     

    Pratique

    La médiathèque de Boulari est ouverte du mardi au vendredi, de 10 heures à 17 heures, (en horaires d’été) et de 11 heures à 18 heures, dès la rentrée. Adresse :

    48, rue des Thazards.

    Contact : 43 72 35.

     

    Quelle image avez-vous de la médiathèque?

    Dominique Pautré, 30 ans, de Boulari

    « C’est vraiment un plus pour le quartier. Je suis arrivé ici en 2016 et je vois la différence. Avant, les gosses traînaient dehors, mais depuis que la médiathèque a ouvert, ils sont toujours ici, connectés à Internet ou occupés par diverses activités. Cela fait plaisir à voir. Moi je viens chaque semaine pour lire des livres sur l’histoire et la culture du pays. C’est un rayon très intéressant. J’en profite également pour faire la lecture à ma fille. »

     

    Nazaire Noukouan, 17 ans, de Boulari

    « Je viens de temps en temps chercher l’inspiration pour écrire mes textes de rap. Là, je prépare l’atelier musique de cet après-midi. Ici, on rencontre de nouvelles personnes, cela change des délires monotones de la maison. Personnellement, je préfère les livres des grands penseurs aux ordinateurs : si les paroles s’envolent, les écrits restent. En bref, je dirai que c’est un lieu de partage sur le plan humain et des connaissances. »

     

    Alysha Julia, 11 ans, de La Coulée

    « Je suis inscrite depuis une semaine. Avant, je n’allais à la bibliothèque que lors des sorties scolaires. Je suis surtout intéressée par les mangas et les livres sur les animaux. Ici, c’est joli, il y a toute sorte d’ouvrages et on a aussi accès au wifi et aux ordinateurs. Ça change du décor de la bibliothèque du Pont-des-Français où c’est plus vieux, mais plus grand. Ce qui me plaît dans cette médiathèque aussi, ce sont toutes les activités proposées. »

     

    Marcel Mathelon, 15 ans, de Boulari

    « C’est net ! C’est un endroit amusant car il y a beaucoup d’activités. J’y vais deux fois par semaine et presque tous les jours durant les vacances. Ce qui est bien c’est de pouvoir être sur un ordinateur et surfer sur Internet car je n’ai pas tout ça chez moi. J’aime bien lire des mangas aussi et il y a le choix sur ces livres. Avant l’ouverture, il n’y avait pas grand-chose à faire à Boulari. Aujourd’hui, on s’occupe tout en se faisant des amis venus d’autres quartiers. »

     

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