Grand Nouméa
  • A.T. | Crée le 15.09.2018 à 04h25 | Mis à jour le 15.09.2018 à 04h25
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    La cérémonie a débuté, hier, par une coutume devant, puis dans la grande case de la chefferie Wamytan.Photos A.T.
    Mont-Dore. Il y a dix ans, les responsables coutumiers de l’aire Drubea Kapume signaient avec Vale leur « Pacte ». Hier, la cérémonie à Saint-Louis était l’occasion de tirer un premier bilan sur cet accord financier.

    Une coutume chargée en ignames et en taros, marquée par les discours des vieux, le tout dans la grande case de la chefferie Wamytan, enveloppée par l’épaisse fumée du feu qui crépite pour l’occasion. L’exposition lancée hier matin, à Saint-Louis, n’aurait pas pu débuter autrement, tant elle scelle le partenariat étroit entre Vale NC et les tribus de l’aire Drubea Kapume. Voilà dix ans que le « Pacte pour un développement durable du Grand Sud » (lire par ailleurs) a été signé avec les autorités coutumières. Cet accord, d’un budget total de plus de 9 milliards de francs prévu sur une période de trente ans, a pour objectif de répondre aux besoins des populations du Sud.

    Depuis une semaine, afin de célébrer comme il se doit cet anniversaire, une exposition itinérante s’invite ainsi dans les tribus de l’aire coutumière et fait notamment escale à la maison commune de Saint-Louis jusqu’à ce soir. L’opportunité de dresser un bilan sur les actions menées grâce à ce Pacte. « Les chiffres parlent d’eux-mêmes : nous avons par exemple financé 197 projets dans le domaine socioculturel, 30 chantiers d’insertion ou encore revégétalisé 54 hectares de terrain, liste Jean-Michel N’Guyen, conseiller en développement durable chez Vale. Aujourd’hui, ces actions ont des retombées concrètes notamment sur la jeunesse. Parmi nos projets phares, nous avons recruté huit techniciens environnementaux et équipé toutes les tribus de chambres froides afin d’améliorer la vie quotidienne des gens. »


    Aides aux permis de conduire, aux études…

    Mais encore faut-il que chaque acteur soit concerté. Et ouvert au dialogue. « La mise en œuvre n’a pas toujours été facile pour élaborer une stratégie commune en raison de divergences de points de vue, concède Jean-Michel N’Guyen. Cet outil ne doit pas être source de conflits. Au contraire. » Un message qui semble être désormais bien passé chez les coutumiers : « Ce matin, la chefferie est là pour que l’on se rencontre, que l’on se parle tous, indique Joseph Wamytan, chef de clan. Dans le monde kanak, en particulier chez les gens du Sud, des fois il y a des incompréhensions entre nous. Après c’est l’amalgame qui s’installe. Donc on invite les gens à essayer de se comprendre et à mettre notre énergie afin de trouver ensemble des solutions. » Car concrètement ce pacte peut être un levier pour de nombreux jeunes de tribu. « A Saint-Louis, et au Mont-Dore plus globalement, on participe notamment au financement d’une partie des permis de conduire afin que les jeunes puissent trouver un travail plus facilement, explique Maurice Dhou, le président de la Fondation d’entreprise Vale. L’un de nos gros financements concerne l’éducation. On soutient nos jeunes qui poursuivent leurs études localement ou à l’étranger. Ce sont des aides pour les billets d’avion, les frais d’étude, d’hébergement, etc. » Et le volet environnemental n’est pas non plus en reste, en particulier dans la commune où 20 000 arbres ont été replantés au Cap’N’Dua l’an passé et 7 500 pieds mis en terre au Kari-Picu, le secteur de bord de mer de Saint-Louis. « Ce réaménagement forestier a été réalisé par des jeunes d’ici de l’association Nekika, indique Frédéric Wamytan, président de l’association de reboisement du Grand Sud. Les plants viennent de sept pépinières de la tribu, ce qui a aussi permis aux mamans de travailler. » Autant de projets concrets qui semblent assurer un avenir solide À ce Pacte.

    Savoir +

    Exposition visible à la maison commune de Saint-Louis, ce samedi, de 9 heures à 16 heures. Entrée libre.

    Afin de soutenir des projets à la fois économiques, sociaux et environnementaux, trois dispositifs d’actions ont ainsi été créés au sein du pacte : la Fondation d’entreprise Vale (qui bénéficie d’un budget annuel de 160 millions de francs), le Comité consultatif coutumier environnemental (25 millions par an) et l’association de reboisement du Grand Sud (80 millions par an).

    Cet accord signé en 2008 par les représentants coutumiers de l’aire Drubea Kapume, le comité Rhéébù Nùù et l’industriel Vale est le fruit de quatre années de discussions. Le Pacte a ainsi été conçu à destination des populations des tribus de Yaté, du Mont-Dore, de l’île des Pins et de Païta.

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