Grand Nouméa
  • Stéphanie Chenais | Crée le 18.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 18.04.2019 à 09h13
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    L’Atelier gourmand, Mai Lan, Ulysse, Toro Plaza, MédiSud, pour ne citer qu’eux, de la station Total au complexe de La Promenade, les commerçants et les restaurateurs de la route de l’Anse-Vata parlent d’une seule voix. Photo S.C.
    ANSE-VATA. Les commerçants de la Route de l’Anse-Vata se sont réunis, hier, pour dénoncer l’agressivité des personnes « sans domicile fixe ». Ils regrettent l’inaction des autorités et des services sociaux.

    C’est un phénomène qui, d’après eux, a pris de l’ampleur en quelques mois. Une dizaine de commerçants de la route de l’Anse-Vata se sont réunis, hier matin, à L’Atelier gourmand pour échanger sur une situation qu’ils jugent préoccupante. La présence quotidienne de petits groupes en errance qui importuneraient les clients. Hier, chacun a pu prendre la parole pour partager ses expériences. Au fil de la discussion, les témoignages concordent. « Des sans domicile fixe se postent en groupe devant les portes des commerces ou à côté des voitures pour demander de l’argent aux gens qui sortent », détaille Matthieu Marcellier, de L’Atelier gourmand. Sa boulangerie est d’ailleurs particulièrement appréciée parce que ses clients ont souvent de la petite monnaie.

    « Des bouchons à l’entrée des boutiques »

    Si la situation n’est pas nouvelle, les méthodes seraient en revanche « de plus en plus agressives ». Les groupes formant des bouchons à l’entrée des boutiques. Certains racontent qu’on les a empêchés de sortir de leur voiture tant qu’ils n’auraient pas donné de cigarettes. Une commerçante a vu un de ses clients se faire suivre dans son magasin. « Un des SDF insistait pour qu’il lui achète un paquet de chips, se souvient Amélie Truong, de l’alimentation Mai Lan. Une fois, l’un d’entre eux m’a dit qu’ils connaissaient ma voiture pour me menacer. »

    Un quartier fréquenté par les touristes

    Le phénomène de groupe inquiète d’autant plus. « Chez nous, les vendeuses commencent à avoir peur », note Margaux Amirault, pour la boutique Billabong.

    Des menaces accompagnées de dégradations matérielles. La police est régulièrement contactée, mais ses moyens restent limités, et surtout très ponctuels. « C’est un quartier fréquenté par les touristes. Les Australiens ou les Japonais ne sont pas rassurés et ils ne comprennent pas que rien ne soit fait, dénonce Patrick Cardin, directeur de l’hôtel Le lagon. Il en va de l’image de la Calédonie. »

    Les commerçants assurent avoir bien conscience de la détresse sociale de ces personnes, qu’ils finissent par bien connaître, mais ils redoutent la fuite de leur clientèle, ou pire, un incident. Ils se demandent aussi pourquoi elles ne sont pas davantage suivies par des associations spécialisées. « Pourquoi ces gens sont-ils laissés dans la rue sans soins ? », s’étonne Margaux Amirault.

    Les commerçants ont décidé de former un collectif, voire une association, et de solliciter la mairie et le procureur pour les alerter.

    Depuis le déménagement de Macadam ?

    Le déménagement de Macadam Partage a eu lieu en octobre 2017. L’association, structure d’accueil des sans domicile fixe, avait dû quitter le centre-ville pour Doniambo. A l’époque déjà, les professionnels du secteur s’inquiétaient du caractère excentré de ce nouvel espace. Une baisse de fréquentation avait d’ailleurs été constatée au démarrage. Depuis, des riverains suggèrent que ce déménagement aurait entraîné une augmentation des regroupements dans certains quartiers, comme au Receiving ou près de Port-Moselle.

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