Grand Nouméa
  • LNC | Crée le 27.03.2003 à 21h00 | Mis à jour le 23.07.2016 à 18h05
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    En adaptant un roman de Michel Quint, le réalisateur Jean Becker signe un film émouvant : l'histoire tragi-comique de deux apprentis résistants. L'histoire d'un « coup de patriotisme » qui aurait pu mal se terminer. Jean Becker y retrouve ses comédiens fétiches depuis les Enfants du marais et Un crime au paradis, Jacques Villeret et André Dussollier.Lucien, un adolescent de quatorze ans, ne comprend pas pourquoi son père, un instituteur sérieux et respecté, se ridiculise, à ses yeux, dans un numéro de clown amateur. Il en vient même à le mépriser. Un dimanche après-midi, l'oncle Gaston décide de lui dévoiler le secret de ce nez rouge. Il lui raconte comment, durant la Seconde Guerre mondiale, son père, simple instituteur, qui faisait aussi le clown, le dimanche, pour arrondir les fins de mois difficiles, est devenu un résistant. Tous deux, Gaston et lui, ont commis des actes de résistance insignifiants. Capturés par les Allemands et jetés avec deux autres compagnons d'infortune dans une fosse en attendant d'être fusillés, ils ne devront leur salut qu'à la mansuétude d'un soldat allemand.Adapté du roman éponyme de Michel Quint, Jean Becker porte ici à l'écran une vision fidèle du livre, un coup de cœur : « Ce petit livre racontait bien, en pleine Occupation, l'acte dérisoire de deux amis qui ne voulaient pas qu'on puisse dire d'eux qu'ils n'avaient rien fait pour délivrer leur pays. »Les rapports père-fils en questionMichel Quint confiait qu'il avait écrit ce livre « parce que la barbarie c'est pas que de l'autrefois, une vieille maladie circonscrite dans l'Histoire et vaccinable à coups de dépôts de gerbes et de commémorations. C'est du passé vivant. » On retrouve avec plaisir le duo gagnant Jacques Villeret/André Dussollier, fidèles du réalisateur depuis Les Enfants du Marais, en 1998.`Suzanne Flon, l'actrice fétiche de Becker, figure également au générique, ainsi que deux nouveaux venus, Thierry Lhermitte et Benoît Magimel.Le réalisateur s'attache, dans Effroyables jardins, au thème éternel : le rapport père-fils. Il souhaitait, à travers cette œuvre, sensibiliser la jeune génération sur ce que leurs grands-parents ont vécu durant cette période difficile que fut l'Occupation lors de la Seconde Guerre mondiale. Le passage clé du film se situe lors de l'épisode du « cul-de-basse-fosse », un cachot souterrain, où le réalisateur aborde un autre thème éternel, celui de la vie et de la mort.Son message est clair : « Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir ! ».On appréciera particulièrement le personnage du soldat allemand, qui fait preuve d'une grande humanité...Et l'espoir renaît à la fin de l'histoire, lors de la Libération, pour se conclure sur la chanson optimiste de Trenet Y 'a de la joie...

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