- Anne-Claire Pophillat | Crée le 18.07.2026 à 12h14 | Mis à jour le 18.07.2026 à 12h14ImprimerLe festival Caledonia +687 a été lancé ce samedi 18 juillet à 9 heures, en mémoire de la poignée de main entre Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, le 26 juin 1988. Photo Anne-Claire PophillatLa 13e édition du festival Caledonia + 687, organisé en mémoire de la poignée de main entre Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, a été lancée ce samedi 18 juillet vers 9 heures avec une coutume. Un symbole que l’évènement s’attache à faire vivre.
Depuis maintenant douze ans, le festival Caledonia + 687 rend hommage à la célèbre poignée de main entre Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, signe d’une entente trouvée, le 26 juin 1988, venant ainsi mettre fin à des années de violences. Cette année, Tim Sameke, organisateur, n’a pas dérogé à la règle, si ce n’est que le rendez-vous, initialement prévu le week-end des élections provinciales, a été reporté à ce samedi 18 juillet.

Des gerbes de fleurs ont été déposées au pied de la statue de la poignée de mains, ce samedi 18 juillet. Photo Anne-Claire PophillatDevant la sculpture de la poignée de main, inaugurée le 26 juin 2022, des membres du collectif et des représentants de la ville de Nouméa, dont Warren Naxue, 9e adjoint délégué à la jeunesse et à l’animation des quartiers, qui a procédé à la coutume. Un symbole qui garde toute son importance aujourd’hui, affirme Warren Naxue. "Le pays a besoin de cet état d’esprit de la poignée. On doit continuer à travailler pour la paix, avec une intelligence collective."
Malgré les récents événements qui se sont produits en 2024, l’adjoint au maire de Sonia Lagarde insiste sur la nécessité que ce geste guide le territoire. "On garde toujours cet espoir que la Nouvelle-Calédonie puisse être en symbiose."

Warren Naxue, 9e adjoint au maire de Nouméa en charge de la jeunesse, a mené la coutume. Derrière lui, une partie de l’exécutif municipal, dont Mimsy Daly, à droite, 2e adjointe au maire. Photo Anne-Claire Pophillat"Les gens s’approprient cette place de la Paix"
Si de nombreux hommes et femmes politiques s’en réclament encore aujourd’hui, y faisant référence dans leurs discours, ils étaient peu nombreux ce samedi matin. Il n’y a pas si longtemps, pourtant, par exemple lors de l’édition du festival en 2021, qui se déroulait alors sur deux jours, Thierry Santa, le président du gouvernement, Sonia Lagarde, la maire de Nouméa, ou encore Patrice Faure, le haut-commissaire, participaient à la coutume et à la cérémonie d’ouverture de la manifestation.
Cinq ans plus tard, les officiels se font plus rares. Mais au-delà de la taille la mobilisation, c’est bien le devoir de mémoire qui est important, assure Warren Naxue. "C’est l’image, la symbolique, le devoir de mémoire qu’on doit entretenir. Maintenant, les gens s’approprient cette place de la Paix Koo Wè Joka. C’est cette dimension qu’il faut retenir, la paix avant tout."

Tim Sameke, fondateur du festival Caledonia + 687 il y a douze ans, en 2014. Photo Anne-Claire PophillatTim Sameke, à l’origine du festival Caledonia + 687, soutenu par la ville de Nouméa, la province Sud et l’État, s’évertue à maintenir le rendez-vous culturel, qui rassemble des stands de nourriture et d’artisanat de différentes communautés, et propose, sur la scène installée place de la Marne, malgré la pluie, des concerts et des danses toute la journée.
Un jour férié ?
Il s’agit avant tout, témoigne l’organisateur, de ne pas oublier "qu’un jour, deux grands hommes, deux papas, deux responsables politiques, deux leaders ont décidé de laisser les armes et puis de se regarder et faire la paix, pour le bien de la population et du pays". Malgré tout, Tim Sameke remarque que cette poignée de main semble moins vivante. "De moins en moins. Mais ce n’est pas ça qui va nous arrêter, on va continuer à transmettre, parce que la paix est un combat qui mérite d’être mené."

La fanfare Malawi a lancé les festivités ce samedi matin, avant que la pluie ne se mette à tomber. Photo Anne-Claire PophillatAu-delà de cette journée, c’est aux représentants politiques de s’emparer de ce geste et de le faire vivre, estime Tim Sameke. "Il ne faut pas que ce soit uniquement dans les discours, mais dans les actes, dans la vie de tous les jours, au quotidien. Pour arriver à faire la paix, il faut d’abord être en paix. Et ça, c’est un gros travail à faire soi-même, personnel."

Des représentantes de l’association du foyer des îles Australes, situé au 4e Km, devant son stand d’artisanat. Photo Anne-Claire PophillatCar cela constitue un moment fondateur "dans un pays en devenir". "C’est le premier devoir de mémoire." Tim Sameke s’étonne ainsi que cela ne constitue pas une date à part dans le calendrier, qui permettrait de rassembler autour d’une page fédératrice de l’histoire. "Ce n’est pas un jour férié alors que ça fait 38 ans. On ne demande pas 365 jours, juste une journée pour que la population se retrouve ensemble. C’est comme l’image du feu dans la case. Il faut toujours rapprocher les bois, sinon il n’y a pas de feu. Il faut rapprocher les gens."
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