Îles
  • LNC | Crée le 21.02.2008 à 21h00 | Mis à jour le 23.07.2016 à 18h25
    Imprimer
    Dimanche, à 9 heures, le Havannah a quitté Maré après avoir déposé un peu de fret. Enfin. Pas assez cependant par rapport aux besoins. Produits frais, matériaux de construction, véhicules... les manques sont nombreux.

    Depuis décembre, un seul bateau de la CMI tente de desservir Maré au lieu de trois précédemment. Forcément, il y a des trous de ravitaillement. En effet, le Lady Géraldine a été vendu comme deux des bateaux précédents de la CMI, alors que le nouveau bateau sud-coréen qui doit le remplacer n'est pas encore arrivé. Si on ajoute à cela la panne importante de la grue du Laura II de la Stiles, la totalité du transport de fret des Loyauté ne repose plus que sur le Havannah. Alors, quand en plus, celui-ci tombe en panne comme récemment... la tension est à son comble. D'ailleurs, vendredi dernier, complètement débordée, la CMI a de nouveau refusé de prendre du fret pour Maré. « Les entrepôts sont pleins, on ne peut plus stocker de marchandises », a tenté d'expliquer un responsable. Du coup, même si les magasins les plus grands de l'île ont quelques réserves, surtout des conserves, des trous sont apparus dans de nombreux rayons. Les vitrines sont vides : plus de produits laitiers, la charcuterie est aux abonnés absents et l'eau minérale devient introuvable. Quant aux congélateurs qui renferment généralement la viande, seuls quelques cartons de poulet pouvaient encore satisfaire les clients. Et hélas, même si le Havannah est venu ce lundi, dans les soutes, pas le moindre produit frais, il va falloir être encore patient. Les travaux à l'arrêt Avec la rentrée, ce manque de produits frais va poser de nouveaux problèmes. Il faudra bientôt ouvrir les restaurants scolaires à la cuisine centrale et dans les internats. Un sacré casse-tête en prévision pour les différents directeurs et leurs équipes. Autre souci lié au manque de rotations : la pénurie de matériaux de construction. Les patrons doivent se munir d'une bonne dose de patience : la plupart des chantiers ne peuvent plus avancer. De plus les horaires du Havannah sont actuellement aléatoires et il arrive que des colis déposés disparaissent car il n'y a pas de dock. La TBC, entre autres, perd régulièrement des palettes de marchandises. « On m'a volé 200 kg de clous il n'y a pas longtemps... On n'avait pas été averti du passage du bateau », déclare Dominique Tran, le gérant de la TBC dont l'entreprise est chargée des fondations, de la maçonnerie et du gros-oeuvre au Nengone village. Néanmoins, son plus gros problème reste le retard occasionné par le matériel non livré. Son fournisseur principal, Fabical/Batibois s'est vu refuser trois fois, entre décembre et janvier, le déchargement des camions de livraison contenant les matériaux pour la TBC. La priorité est donnée aux colis alimentaires, comme l'atteste un fax reçu par le gérant de la TBC. « Il me faut vraiment beaucoup de patience, confie ce dernier, et d'ajouter, j'emploie quand même dix salariés. »

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS