- Le Courrier australien | Crée le 26.08.2026 à 10h07 | Mis à jour le 26.08.2026 à 10h07ImprimerLa ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, en avril 2026, n’a émis aucune déclaration publique critiquant directement Washington. Photo AFP / Adek BerryLe gouvernement australien se trouve dans une position délicate face à la campagne menée par l’administration Trump pour "démanteler" la Cour pénale internationale. Des sources gouvernementales ont confié à ABC leur profonde consternation face à cette offensive américaine, même si aucun ministre n’a encore émis de critique publique directe à l’encontre de Washington.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé la semaine dernière de nouvelles sanctions contre la présidente de la Cour pénale internationale, la Japonaise Tomoko Akane, et un avocat sénior de la cour, Abdoulaye Seye. Plusieurs autres juristes de la cour ont déjà fait l’objet de sanctions américaines. Rubio a justifié ces mesures en affirmant que la CPI avait "tenté à plusieurs reprises d’exercer son autorité sur des ressortissants d’États qui n’ont pas consenti à sa juridiction", établissant selon lui "un précédent dangereux pour toutes les nations". Il a également indiqué que Washington faisait pression sur d’autres pays pour qu’ils "mettent fin à leur financement et à leur participation" à la cour.
L’Australie, membre fondateur de la CPI, a signifié qu’elle ne suivrait pas cette voie. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré à ABC que l’Australie "ne soutient pas l’imposition de sanctions à la CPI ou à ses fonctionnaires", soulignant que le pays est "un soutien clair et de longue date de la cour et de son mandat de poursuivre les responsables des crimes internationaux les plus graves". Le gouvernement a par ailleurs discrètement pris contact avec des Australiens travaillant à la CPI, qui pourraient être ciblés par de futures sanctions américaines.
"Nous devrions être parmi les défenseurs les plus fermes"
Malgré cette position de principe, ni la ministre des Affaires étrangères Penny Wong, ni la procureure générale Michelle Rowland n’ont émis de déclaration publique critiquant directement Washington. Une retenue qui s’explique, selon une source gouvernementale anonyme, par le fait que la campagne anti-CPI est personnellement menée par Rubio, "un partenaire indispensable pour l’Australie et d’autres alliés américains au sein de l’administration Trump", dans ce qui ressemble à un effort pour renforcer sa popularité auprès de la base républicaine.
Mais cette même source a confié ses inquiétudes face au "peu ou pas de résistance publique significative" de la part des alliés occidentaux. "Nous devrions être parmi les défenseurs les plus fermes de la cour", a-t-elle déclaré. Une préoccupation d’autant plus fondée que ce silence occidental fragilise les appels de l’Australie à ce que la Chine et d’autres États autoritaires respectent les règles internationales.
L’offensive américaine contre la CPI avait débuté l’année dernière, après que la cour avait délivré des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. Pour la France, membre fondateur de la CPI et signataire du Statut de Rome, cette campagne de démantèlement représente une menace directe contre l’architecture du droit international qu’elle a contribué à construire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
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