- Baptiste Gouret | Crée le 27.10.2026 à 17h14 | Mis à jour le 27.10.2026 à 17h38ImprimerLa province Sud a signé une convention avec l’IRD pour la réalisation d’une étude consacrée à la présence et aux déplacements des requins-tigres et bouledogues près des sites fréquentés par les Calédoniens. Photo AFP / Ken KieferLa province Sud a signé une convention avec l’Institut de recherche pour le développement (IRD) afin qu’il réalise, durant un an, des prélèvements de traces d’ADN laissées dans l’eau par les requins-tigres et bouledogues, en vue de mesurer leur présence sur cinq sites fréquentés par les baigneurs autour de Nouméa.
Après les campagnes d’abattage menées en début d’année, la province Sud teste une autre méthode face au risque requins. Dans un communiqué diffusé ce mardi 27 octobre, la collectivité annonce avoir signé une convention avec l’Institut de recherche pour le développement (IRD) afin de mener une étude sur l’abondance et le comportement des requins-tigres et bouledogues, en particulier près des sites fréquentés par des baigneurs et les usagers de la mer.
L’IRD aura pour mission de réaliser des prélèvements d’ADN des squales en collectant de l’eau de mer. En effet, "les animaux laissent en permanence des traces dans l’eau", explique le communiqué. Le filtrage d’environ 100 litres d’eau de mer permet ainsi de détecter la présence des requins-tigres et bouledogues et d’estimer leur abondance, "sans capture ni manipulation des animaux".
Cinq sites sont pressentis pour un suivi mensuel : le quai des pêcheurs, le récif Ricaudy, l’anse Vata, l’îlot Maître et l’îlot Signal. La liste doit encore faire l’objet d’échanges entre l’IRD et la province Sud, avant d’être définitivement arrêtée. Les premiers prélèvements devraient être réalisés en décembre, avant une clôture de l’opération prévue fin 2027. Elle donnera lieu à un rapport scientifique remis "au plus tard le 31 août 2028" à la province Sud, avant une restitution publique des résultats.
Ceux-ci "viendront compléter la cartographie réalisée en 2025 à l’échelle de l’archipel, qui renseigne sur la répartition géographique des requins, indique la province Sud. En croisant les deux approches, les scientifiques pourront identifier d’éventuels cycles saisonniers de présence et proposer le meilleur dispositif de surveillance pour les années suivantes."
Dix à vingt squales marqués
La convention prévoit une contribution de 5 millions de francs de la collectivité, qui s’engage également à faciliter les démarches administratives liées aux prélèvements et à la pose du matériel scientifique. L’IRD mobilisera de son côté ses navires, ses chercheurs, ses techniciens et ses plongeurs, ainsi que les moyens de la flotte océanographique française.
En parallèle, "et selon la disponibilité de ses moyens nautiques et humains", l’IRD prévoit de mener trois campagnes de marquage de requins dans le grand lagon Sud à compter de février 2027. L’objectif : équiper 10 à 20 individus de balises acoustiques afin de suivre leurs déplacements à travers le réseau d’hydrophones déployé autour de Nouméa et au niveau des passes de la province Sud. Cinq appareils sont déjà en place entre Nouméa et Poya depuis le mois d’avril.
Le 29 juillet, un arrêté de la province Sud autorisait justement l’IRD à capturer, marquer, puis relâcher un maximum de 60 squales (30 requins-tigres et 30 requins-bouledogues). Rien de comparable toutefois avec le "projet Apical", interrompu en 2024 en raison des émeutes, qui prévoyait le marquage de 200 requins, afin d’alimenter en données scientifiques les pouvoirs publics et de mieux cibler les mesures à adopter dans les zones fréquentées par les Calédoniens.
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